Clause de sanctions dans le contrat — comment sécuriser votre contrat B2B
La clause de sanctions protège votre contrat, ouvre un droit de résiliation et atteste votre diligence raisonnable. Découvrez ce qu'elle doit contenir et comment réagir en cas de correspondance.

Vous signez un contrat avec une nouvelle contrepartie et vous êtes convaincu que tout est en ordre — entreprise sérieuse, conditions négociées, échéance de paiement fixée. Mais que se passera-t-il si cette contrepartie est inscrite sur une liste de sanctions de l’UE dans trois mois ? Ou s’il s’avère qu’elle est déjà contrôlée par une entité sous sanctions, sans que vous le sachiez ? Sans clauses adaptées dans le contrat, vous risquez de rester prisonnier d’un contrat dont l’exécution est devenue illégale — ou de ne disposer d’aucune preuve que vous avez agi de bonne foi.
La clause de sanctions est un outil simple mais efficace qui résout ce problème. J’explique ce qu’elle doit contenir, quand elle est particulièrement importante et que faire lorsqu’une contrepartie est inscrite sur une liste de sanctions en cours de relation.
État du droit : 2026-05-20.
TL;DR — l’essentiel en 60 secondes
- Un contrat conclu avec une entité visée par les sanctions de l’UE est frappé de nullité de plein droit — sur le fondement de l’art. 2 du règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014.1 La clause de sanctions ne change rien à ce fait, mais elle vous donne les outils pour agir.
- La clause de sanctions doit contenir : une déclaration de la contrepartie attestant l’absence de lien avec les listes de sanctions, un engagement de l’informer en cas de changement de statut, un droit de résiliation immédiate et — en cas d’exportation vers des pays tiers — un engagement « no re-export to Russia ».
- Pour les contreparties établies dans des pays tiers (hors UE), la clause « no re-export » découle directement de l’art. 12g du règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 201423 et n’est pas facultative pour certaines marchandises.
- Si une contrepartie est inscrite sur une liste en cours de contrat : vous suspendez immédiatement toutes les transactions, vous gelez les fonds et vous signalez la situation à la DG Trésor45 — la clause vous donne une base contractuelle pour cette action.
- Les clauses de sanctions dans les contrats conclus avec des intermédiaires et des partenaires de pays tiers présentant un risque élevé de contournement sont reconnues par les autorités comme un élément de diligence raisonnable.6
- Une violation des sanctions de l’UE expose à 5 ans d’emprisonnement et à une amende de 750 000 € (portée à 3 750 000 € pour les personnes morales)4 et à une responsabilité pénale — la clause de sanctions est l’une des preuves que vous avez cherché à prévenir l’infraction.
Pourquoi les clauses de sanctions sont importantes dans les contrats
Les règlements de l’UE en matière de sanctions — en particulier le règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 (ci-après : règl. 269/2014)1 et le règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 (ci-après : règl. 833/2014)7 — s’imposent directement à toute entreprise exerçant une activité sur le territoire de l’UE, sans qu’une transposition distincte par le législateur national soit nécessaire.8 Autrement dit, l’interdiction de coopérer avec des entités sanctionnées pèse sur votre entreprise de plein droit — que vous connaissiez ou non cette règle.
La clause de sanctions remplit trois fonctions étroitement liées. D’abord, c’est un mécanisme de transfert de risque : la contrepartie y formule une déclaration sur un fait (l’absence de lien avec les listes de sanctions) et en répond. Ensuite, elle vous donne une base contractuelle pour résilier le contrat sans indemnité si la déclaration s’avère fausse ou si le statut de la contrepartie change en cours de contrat. Enfin, elle constitue un élément de la documentation de votre diligence raisonnable — la preuve qu’avant la signature et pendant l’exécution du contrat vous avez pris des mesures pour gérer le risque de sanctions.
Sans clause, vous êtes en position de faiblesse sur chacun de ces fronts. Vous n’avez pas de droit contractuel de sortie si la contrepartie est inscrite sur une liste. Vous n’avez pas de preuve d’avoir mené des vérifications. Et vous ne disposez d’aucun mécanisme pour récupérer des fonds auprès d’une contrepartie qui vous a induit en erreur sur son statut au regard des sanctions.
Les entreprises américaines, britanniques et allemandes exigent des déclarations relatives aux sanctions dans leurs contrats B2B depuis plusieurs années déjà. En France, beaucoup d’entreprises commencent tout juste à le faire — alors que la réglementation de l’UE impose cette obligation de manière directe, au moins pour ce qui concerne la clause « no re-export ».
Contrat avec une entité sanctionnée — nul de plein droit
C’est le point de départ qu’il faut comprendre avant d’aborder les clauses. L’art. 2 § 1 du règl. 269/2014 impose de geler tous les fonds et ressources économiques qui appartiennent aux personnes et entités figurant à l’annexe du règlement, ou qui sont détenus ou contrôlés par elles.1 L’art. 2 § 2 interdit de mettre des fonds ou des ressources à leur disposition — directement ou indirectement.1
En pratique, cela signifie que conclure et exécuter un contrat avec une entité sanctionnée est un acte interdit par la loi. Un contrat à cet objet est contraire à une interdiction d’ordre public résultant d’un règlement de l’UE — et un contrat dont l’objet ou la cause est illicite est frappé de nullité. Votre entreprise ne peut fonder aucune prétention sur un tel contrat — vous ne bénéficiez pas de la protection due à un cocontractant de bonne foi, car le règlement vous impose une obligation de diligence raisonnable et de vérification de la contrepartie avant la conclusion du contrat.
Surtout, la nullité du contrat ne protège pas votre entreprise des conséquences. Si la transaction avec l’entité sanctionnée a été réalisée — même si le contrat est techniquement nul — votre entreprise s’expose à une responsabilité pénale en vertu de l’art. L574-3 du Code monétaire et financier : 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende, multipliée par cinq pour les personnes morales (art. 131-38 du Code pénal), soit 3 750 000 €.4 Vous trouverez le panorama complet des sanctions encourues en cas de violation dans l’article Sanctions pénales en cas de violation des sanctions. La violation des sanctions de l’UE est par ailleurs érigée en infraction pénale — la directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 (ci-après : directive 2024/1226) prévoit que les États de l’UE doivent assurer une peine maximale d’emprisonnement d’au moins 5 ans pour les violations graves portant sur des fonds ou des ressources économiques d’une valeur d’au moins 100 000 €.9 Le délai de transposition de cette directive par les États de l’UE a expiré le 20 mai 2025.10
La clause de sanctions n’empêche pas automatiquement la violation — c’est la vérification de la contrepartie avant la signature qui le fait. Mais la clause documente que vous avez mené cette vérification et que vous avez exigé des déclarations de la contrepartie. Cela compte lorsqu’une autorité apprécie si vous avez agi de bonne foi.
Ce que doit contenir une clause de sanctions
Il n’existe pas de modèle unique de clause de sanctions imposé par la loi — son contenu dépend du type de transaction, du pays d’établissement de la contrepartie et du profil de risque. Voici les éléments qui devraient figurer dans tout contrat B2B présentant un risque de sanctions, même modéré.
Déclaration de la contrepartie sur l’absence de lien avec les listes de sanctions
La contrepartie déclare qu’à la date de la signature du contrat — ni elle-même, ni son bénéficiaire effectif, ni l’entité qui détient plus de 50 % de ses parts — ne figure sur l’une des listes de sanctions : la liste consolidée de l’UE, le registre national des gels d’avoirs tenu par la DG Trésor11, la liste de l’ONU ou la liste OFAC du Département du Trésor des États-Unis (si la transaction a un lien avec le marché américain).12
La règle de propriété de plus de 50 % est particulièrement importante — une entité contrôlée à plus de 50 % par une personne sous sanctions est traitée exactement comme l’entité sanctionnée elle-même, même si elle ne figure pas explicitement sur une liste.13 C’est pourquoi la déclaration doit viser expressément le bénéficiaire effectif et la structure de détention — et pas seulement le nom de la contrepartie en tant que tel.
Engagement d’informer en cas de changement de statut
La liste de sanctions de l’UE est régulièrement mise à jour — l’UE a adopté à ce jour 20 paquets de sanctions contre la Russie, le dernier le 23 avril 2026.14 Une entité « propre » au jour de la signature du contrat peut se retrouver sur une liste quelques semaines plus tard. La clause doit obliger la contrepartie à informer sans délai — c’est-à-dire dès que possible — votre entreprise de tout changement de statut susceptible d’affecter la validité ou l’exécution du contrat.
Cet engagement ne remplace pas votre propre obligation de vérification périodique, mais il la complète et transfère une partie du risque sur la contrepartie. Si la contrepartie manque à cette clause (en ne vous informant pas de son inscription sur une liste), vous disposez d’une base contractuelle claire pour réclamer des dommages-intérêts.
Droit de résiliation immédiate du contrat
La clause doit prévoir que votre entreprise a le droit de résilier le contrat avec effet immédiat — sans préavis et sans obligation de verser une indemnité — si la déclaration de la contrepartie s’avère fausse ou si la contrepartie est inscrite sur une liste de sanctions en cours de contrat. Vous pouvez aussi stipuler que, dans une telle situation, tout paiement déjà effectué est restituable.
Sans cette stipulation, en droit français commun, la rupture du contrat en cours d’exécution peut nécessiter de se prévaloir de la nullité (ce qui suppose une procédure judiciaire) ou exposer à des prétentions indemnitaires de la part de la contrepartie. La clause contractuelle élimine cette incertitude.
Stipulation sur l’étendue de la responsabilité et l’indemnisation
Il est utile d’ajouter une stipulation selon laquelle, si une déclaration mensongère de la contrepartie entraîne le prononcé d’une sanction administrative ou pénale contre votre entreprise, celle-ci est en droit de réclamer à la contrepartie le remboursement intégral de cette somme. C’est un élément de transfert des conséquences financières d’une déclaration mensongère vers la partie qui en répond.
Clause « no re-export » dans les contrats avec des contreparties de pays tiers
Si vous vendez des marchandises à destination de pays hors Union européenne — et que la transaction porte sur des catégories de produits énumérées aux annexes du règl. 833/2014 — vous avez l’obligation légale d’insérer dans le contrat une clause « No re-export to Russia ». Cette obligation découle de l’art. 12g du règl. 833/2014, introduit par le 11e paquet de sanctions du 23 juin 2023.23
Ce que prescrit l’art. 12g du règl. 833/2014
La clause « no re-export » est un engagement écrit de l’acheteur (la contrepartie d’un pays tiers) selon lequel la marchandise achetée ne sera pas réexportée, directement ou indirectement, vers la Russie ni au profit d’entités établies en Russie. La disposition vise avant tout les biens à double usage (à usage civil et militaire) ainsi que d’autres positions énumérées aux annexes du règl. 833/2014.3
La clause doit revêtir la forme écrite — une stipulation contractuelle ou un document signé distinct constituant une annexe au contrat. Une simple correspondance électronique assurant que la marchandise n’ira pas en Russie ne satisfait pas à cette exigence. Si l’acheteur refuse de signer la clause, c’est un signal d’alerte évident : vous devriez suspendre la transaction et approfondir la vérification de la contrepartie.
Clauses avec des intermédiaires — vigilance particulière
La vente à un intermédiaire commercial d’un pays tiers engendre un risque accru de contournement des sanctions. La Commission européenne et le Conseil de l’UE identifient certains pays comme présentant un risque particulièrement élevé de contournement des sanctions de l’UE.15 Si votre contrepartie est enregistrée dans un tel État, la clause « no re-export » est particulièrement importante — mais à elle seule insuffisante. Il convient de la compléter par un certificat d’utilisateur final (End-User Certificate) qui identifie qui utilisera réellement la marchandise et à quelle fin.
Vous trouverez davantage d’informations sur les mécanismes de contournement des sanctions via les pays tiers et sur la manière de repérer une transaction à haut risque dans l’article Contournement des sanctions contre la Russie via les pays tiers — comment ne pas se faire piéger.
Que faire lorsqu’une contrepartie est inscrite sur une liste en cours de contrat
C’est l’un des scénarios pratiques les plus délicats — et il survient plus souvent qu’on ne le croit, car les listes de sanctions sont régulièrement élargies. Voici la séquence d’actions concrète.
1. Suspendez immédiatement toutes les transactions avec cette entité. N’exécutez aucun paiement, aucune livraison, aucune prestation au profit de la contrepartie. N’attendez pas la décision d’un avocat — l’obligation de geler les fonds et de cesser les transactions découle directement de l’art. 2 du règl. 269/20141 et prend effet dès l’inscription de l’entité sur une liste, et non à partir du moment où vous en avez eu connaissance.
2. Gelez tous les fonds et ressources économiques appartenant à cette entité ou détenus dans votre entreprise pour son compte. Si vous avez déjà versé un acompte ou si une facture reste à régler, ne versez pas les fonds — laissez-les gelés en attendant la décision de l’autorité compétente.
3. Signalez sans délai la situation à la DG Trésor — l’autorité chargée du gel des avoirs et de l’application des mesures restrictives en France.45 Si vous êtes une entité assujettie à la LCB-FT au sens du Code monétaire et financier, vous avez aussi l’obligation d’adresser une déclaration de soupçon à Tracfin.16
4. Invoquez la clause de sanctions du contrat. Adressez une notification écrite de résiliation du contrat — en vous prévalant de la stipulation qui vous ouvre ce droit en cas d’inscription de la contrepartie sur une liste. Conservez tous les justificatifs d’envoi.
5. Sécurisez l’ensemble de la documentation. Une copie ou un enregistrement de la recherche confirmant l’inscription de la contrepartie sur une liste, avec la date et l’heure, toute la correspondance, les factures, les documents de transport, le registre des vérifications — tout cela vous sera nécessaire si l’autorité ouvre une enquête.
6. Consultez un avocat spécialisé en compliance sanctions. Si la transaction est d’une valeur importante, il peut être nécessaire de déposer une demande de dérogation (autorisation) pour certaines opérations — les règles de l’UE prévoient la possibilité d’obtenir une autorisation pour réaliser certaines transactions avec des entités sanctionnées dans des circonstances exceptionnelles.
N’informez jamais la contrepartie que le motif de la suspension de la transaction est son inscription sur une liste avant d’en avoir parlé à un avocat. Les règles LCB-FT (appliquées par analogie dans la pratique du compliance sanctions) comportent une interdiction de « tipping off » — l’interdiction de prévenir la personne visée de la procédure engagée à son encontre.
Vous trouverez des conseils pratiques sur la manière de vérifier une contrepartie et de réagir à une correspondance MATCH ou POSSIBLE dans l’article Vérification d’une contrepartie au regard des sanctions — étape par étape.
Clauses et diligence raisonnable — la preuve en cas de contrôle
Les autorités de contrôle — la DG Trésor, la DGDDI (Douane), Tracfin et, à l’avenir, le parquet après la pleine transposition de la directive 2024/1226 — en appréciant le comportement d’une entreprise dans le contexte d’une éventuelle violation des sanctions, posent avant tout la question suivante : l’entreprise a-t-elle fait preuve de diligence raisonnable ? La documentation est une preuve, et son absence un argument à charge.
La clause de sanctions est l’un des éléments de cette documentation. À elle seule, elle ne suffit pas — elle doit s’accompagner d’une vérification documentée de la contrepartie avant la signature (consultation des listes de sanctions avec date et résultat), d’une vérification périodique en cours de relation et d’un registre des correspondances. Mais un contrat assorti d’une clause de sanctions est une preuve matérielle que :
- avant la signature du contrat, vous avez exigé de la contrepartie des informations sur son statut au regard des sanctions,
- vous avez prévu des stipulations vous permettant de sortir du contrat en cas de violation des sanctions,
- vous avez compris le risque et pris des mesures pour le gérer.
La directive 2024/1226 énumère les circonstances atténuantes que le juge ou l’autorité prend en compte dans la détermination de la peine — parmi lesquelles la transmission volontaire d’informations aux autorités de poursuite.6 La documentation de la diligence raisonnable, y compris les clauses contractuelles, s’inscrit dans ce catalogue. À l’inverse, l’absence de procédures, de clauses et de documentation constitue une circonstance aggravante.
Le Code monétaire et financier impose aux entités assujetties à la LCB-FT une durée de conservation des documents de 5 ans.17 Pour la documentation du compliance sanctions, il est recommandé d’appliquer le même standard de conservation — au moins 5 ans à compter de la fin des relations d’affaires avec la contrepartie concernée.
Que faire concrètement — liste d’étapes
Réalisez un audit de vos contrats actifs. Passez en revue tous les contrats B2B en cours — vérifiez s’ils contiennent des stipulations relatives aux sanctions. Si ce n’est pas le cas, complétez en priorité ceux conclus avec des contreparties établies dans des zones à risque élevé.
Élaborez une clause de sanctions standard pour vos modèles de contrats. La clause devrait contenir : la déclaration de statut au regard des sanctions, l’engagement d’informer en cas de changement de statut, le droit de résiliation immédiate et — en cas d’exportation vers des pays tiers — l’engagement « no re-export to Russia ».
Complétez les contrats existants par un avenant. À la première occasion (renégociation, renouvellement, modification des conditions), introduisez la clause de sanctions sous forme d’avenant. Pour les contreparties à haut risque, n’attendez pas l’occasion — proposez l’avenant de manière proactive.
Vérifiez la contrepartie avant la signature de chaque nouveau contrat. Consultez la liste consolidée de l’UE18, le registre national des gels d’avoirs de la DG Trésor19, la liste de l’ONU et — le cas échéant — la liste OFAC SDN20. Appliquez la règle de propriété de plus de 50 %.13 Documentez chaque vérification.
Mettez en place une vérification périodique en cours de contrat. Une vérification ponctuelle à la signature ne suffit pas. Les listes de sanctions sont mises à jour régulièrement — l’UE a déjà adopté 20 paquets de sanctions contre la Russie.14 La fréquence minimale est d’une fois par trimestre pour les contreparties permanentes.
Tenez un registre des vérifications. Date, listes consultées, résultat (MATCH / POSSIBLE / CLEAR), personne ayant réalisé le contrôle — c’est l’ensemble d’informations qui, en cas de contrôle, prouve que la procédure était exécutée, et pas seulement planifiée. Conservez le registre au moins 5 ans.17
Désignez une personne responsable du compliance sanctions. Ce n’est pas nécessairement un juriste ni un responsable conformité certifié — mais il faut quelqu’un qui comprenne la procédure, réalise les vérifications et tranche en cas de correspondance MATCH ou POSSIBLE.
En cas d’exportation vers des pays tiers, exigez une clause « no re-export » signée. Pour les marchandises figurant aux annexes du règl. 833/2014, c’est une obligation légale, pas une option.23 Un refus de l’acheteur de signer la clause = suspension de la transaction.
Comment Sanqto peut vous aider
Les clauses de sanctions dans les contrats sont une couche de protection — mais leur efficacité dépend du fait que la contrepartie ait été effectivement vérifiée avant la signature et que la vérification soit répétée de façon périodique. Sanqto propose un logiciel de sanction screening fonctionnant en mode on-premise — les données de vos contreparties ne quittent pas l’infrastructure de votre entreprise. Le système vérifie simultanément la liste consolidée de l’UE, le registre national des gels d’avoirs et d’autres régimes, en restituant un résultat en trois états : MATCH, POSSIBLE ou CLEAR. Chaque vérification est automatiquement consignée avec la date, les listes consultées et le résultat — ce qui vous fournit une piste d’audit prête à l’emploi en cas de contrôle et complète la documentation à laquelle vos clauses contractuelles renvoient.
Le pack de documents de mise en œuvre comprend une politique de sanctions prête à l’emploi et des modèles de clauses de sanctions adaptés aux exigences françaises et européennes. Si vous exercez dans le secteur immobilier — consultez la page compliance sanctions pour les agences immobilières. Pour les agences de voyages et les OTA, nous avons préparé un guide dédié : sanction screening dans le tourisme.
L’obligation de pratiquer le sanction screening et la question de savoir quelles entreprises y sont soumises sont détaillées dans l’article Mon entreprise doit-elle pratiquer le sanction screening ?.
FAQ — questions fréquentes
Une clause de sanctions doit-elle figurer dans chaque contrat ?
Aucune obligation légale n’impose d’insérer une clause de sanctions dans chaque contrat — à l’exception de la clause « no re-export » lors de l’exportation de certaines marchandises vers des pays tiers, prévue par l’art. 12g du règl. 833/2014.2 Dans les autres cas, il s’agit d’une pratique de compliance et de gestion des risques, et non d’une exigence légale absolue. Néanmoins, l’absence de clause pour les contreparties établies dans des zones à risque élevé peut être considérée par les autorités comme un défaut de diligence raisonnable.
Une déclaration relative aux sanctions faite par la contrepartie protège-t-elle mon entreprise si elle s’avère mensongère ?
La déclaration de la contrepartie ne dispense pas votre entreprise de l’obligation de vérification — mais elle compte dans l’appréciation de la diligence raisonnable. Si la contrepartie a fait une déclaration qui s’est révélée fausse, vous disposez d’une base contractuelle pour réclamer des dommages-intérêts. L’autorité pénale appréciera si vous aviez des raisons de mettre en doute cette déclaration — si la vérification sur les listes de sanctions a donné un résultat CLEAR et que la déclaration de la contrepartie était conforme à ce résultat, votre position est bien meilleure qu’en l’absence de toute documentation.
Qu’advient-il des factures émises avant l’inscription de la contrepartie sur une liste ?
Les factures émises et payées avant l’inscription de la contrepartie sur une liste de sanctions ne sont généralement pas automatiquement frappées par les sanctions — l’obligation de geler les fonds et de cesser les transactions prend effet dès l’inscription. Si une facture est impayée au jour de l’inscription, les fonds qui en découlent peuvent faire l’objet d’un gel. Dans tous les cas, une consultation avec un avocat spécialisé en droit des sanctions est requise.
La clause « no re-export » doit-elle être rédigée en français ou en anglais ?
La clause doit être rédigée dans la langue du contrat — pour les contrats internationaux, généralement en anglais ou dans les deux langues. La DG FISMA publie une FAQ relative à l’art. 12g du règl. 833/2014 en anglais.2 Le contenu de la clause doit être cohérent avec les exigences du règlement — il n’existe pas de modèle de formulation imposé par l’UE, mais la clause doit décrire clairement les interdictions de l’art. 12g et obliger l’acheteur à les respecter.
La clause de sanctions me protège-t-elle de la responsabilité pénale ?
À elle seule, la clause n’exclut pas la responsabilité pénale si une violation des sanctions a effectivement eu lieu. Mais elle est un élément de la documentation de la diligence raisonnable, prise en compte dans l’appréciation de l’intention. La directive 2024/1226 impose de criminaliser les violations intentionnelles des sanctions6 — un screening documenté et des clauses contractuelles prouvent que vous n’avez pas agi intentionnellement.
À quelle fréquence dois-je vérifier une contrepartie en cours de contrat ?
La fréquence minimale est d’une fois par trimestre pour les contreparties permanentes. Pour les contreparties établies dans des zones à risque élevé — à chaque transaction significative. Chaque mise à jour des listes de sanctions (par exemple un nouveau paquet de sanctions de l’UE)14 est un signal de revérification. La clause de sanctions oblige la contrepartie à vous informer en cas de changement de statut — mais elle ne remplace pas votre propre vérification.
Base juridique
- Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — CELEX 32014R0269
- Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine, dont l’art. 12g — CELEX 32014R0833
- Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union et à la facilitation de telles violations — CELEX 32024L1226
- Code monétaire et financier — art. L574-3 (5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des règlements de sanctions de l’UE) — legifrance.gouv.fr
- Code pénal — art. 131-38 (multiplication par cinq de l’amende pour les personnes morales) — legifrance.gouv.fr
- Projet de loi n° 2544 (déposé le 3 mars 2026) — transposition en cours de la directive (UE) 2024/1226 en France (délai dépassé le 20 mai 2025, mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025) — assemblee-nationale.fr
- FAQ DG FISMA — clause « No re-export to Russia » (art. 12g du règl. 833/2014, mise à jour du 18 décembre 2024) — finance.ec.europa.eu
- DG FISMA — Sanctions adopted following Russia’s military aggression against Ukraine (FAQ, règle de propriété de 50 %) — finance.ec.europa.eu
- Liste consolidée des sanctions financières de l’UE (Financial Sanctions Files) — webgate.ec.europa.eu/fsd
- Registre national des gels d’avoirs — DG Trésor — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr
- Liste OFAC SDN — ofac.treasury.gov
Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 2026-05-20.
Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014, art. 2 §§ 1-2 : « Sont gelés tous les fonds et ressources économiques appartenant à toute personne physique ou morale, à toute entité ou à tout organisme énumérés à l’annexe I, ou détenus ou contrôlés par eux […]. Aucun fonds ni aucune ressource économique n’est mis, directement ou indirectement, à la disposition des personnes […] énumérées à l’annexe I, ou utilisé à leur bénéfice. » — CELEX 32014R0269 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
FAQ DG FISMA — clause « No re-export to Russia », relative à l’art. 12g du règlement (UE) n° 833/2014, mise à jour du 18 décembre 2024 ; clause introduite par le 11e paquet de sanctions le 23 juin 2023 — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Art. 12g du règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 — base juridique de la clause « no re-export to Russia » — CELEX 32014R0833 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Art. L574-3 du Code monétaire et financier (5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE) combiné à l’art. 131-38 du Code pénal (amende ×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €) — Code monétaire et financier — art. L574-3, art. 131-38 Code pénal, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
CMF (art. L574-3) — autorités d’exécution en France : DG Trésor, DGDDI (Douane), Tracfin, ACPR — tresor.economie.gouv.fr, douane.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎
Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024, art. 3 § 1 (intention comme élément de l’infraction), art. 9 (circonstances atténuantes, dont la transmission volontaire d’informations aux autorités de poursuite) — CELEX 32024L1226 ↩︎ ↩︎ ↩︎
Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014, art. 2 § 1 — interdiction de vendre, fournir, transférer ou exporter, directement ou indirectement, des biens et technologies à double usage — CELEX 32014R0833 ↩︎
Un règlement de l’UE est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre, sans transposition en droit national. EUR-Lex : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » — eur-lex.europa.eu ↩︎
Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b) : les infractions visées à l’art. 3 § 1 a), b) et h)(i)-(ii) « sont passibles d’une peine maximale d’au moins cinq ans d’emprisonnement » — pour les violations portant sur des fonds ou des ressources économiques d’une valeur d’au moins 100 000 € — CELEX 32024L1226 ↩︎
Directive (UE) 2024/1226, art. 20 § 1 : « Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 20 mai 2025. » En France, la transposition n’est pas encore intervenue (délai dépassé, mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025) — elle est en cours via le projet de loi n° 2544 (déposé le 3 mars 2026). — CELEX 32024L1226 ↩︎
Il n’existe pas en France de liste de sanctions nationale autonome — les mesures applicables proviennent des règlements de l’UE, et le registre national des gels d’avoirs publié par la DG Trésor reflète ces mesures — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎
Office of Foreign Assets Control (OFAC), U.S. Department of the Treasury — programme de sanctions Ukraine-/Russia-related — ofac.treasury.gov ↩︎
FAQ DG FISMA — règle de propriété : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎
Sanctions adopted following Russia’s military aggression against Ukraine — DG FISMA, page mise à jour le 23 avril 2026 : « Latest update: 23 April 2026 - 20th package of sanctions against Russia » — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎
La Commission européenne et le Conseil de l’UE identifient les « third countries with continued and particularly high risk of circumvention » — finance.ec.europa.eu ↩︎
Code monétaire et financier, Livre V titre VI (LCB-FT) — art. L561-2 (catalogue des assujettis), art. L561-15 (déclaration de soupçon à Tracfin) — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎
Code monétaire et financier, Livre V titre VI (LCB-FT) — délai de conservation des documents de 5 ans pour les entités assujetties — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎
Liste consolidée des sanctions financières de l’UE (Financial Sanctions Files) — webgate.ec.europa.eu/fsd ; page DG FISMA avec les liens vers les listes — finance.ec.europa.eu ↩︎
Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel — DG Trésor — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr ↩︎
OFAC, Specially Designated Nationals And Blocked Persons List (SDN) Human Readable Lists — ofac.treasury.gov ↩︎