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Contournement des sanctions contre la Russie via les pays tiers — comment ne pas se faire piéger

La réexportation via des pays tiers est un piège de sanctions pour les entreprises françaises. Apprenez à repérer le risque et à protéger votre entreprise d'un contournement involontaire des sanctions de l'UE.

Publié : · Équipe Sanqto · 21 min de lecture
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Schéma du flux de marchandises via des pays intermédiaires — illustration du risque de contournement des sanctions de l'UE contre la Russie pour les PME françaises
Réexportation via des pays tiers — le risque de contournement des sanctions de l'UE contre la Russie pour les entreprises françaises

Votre entreprise ne commerce pas directement avec la Russie — et c’est précisément pour cela que vous pourriez ne pas mesurer le risque. Le mécanisme de contournement des sanctions (en anglais circumvention) consiste à faire parvenir à la Russie une marchandise frappée d’embargo par l’UE non pas directement, mais via une chaîne d’intermédiaires établis dans des pays tiers. Si votre entreprise est l’un des maillons de cette chaîne — même à son insu — vous violez les sanctions de l’UE, avec toutes les conséquences juridiques que cela implique.

Cet article explique comment fonctionne ce mécanisme, comment le repérer et que faire pour que votre entreprise ne devienne pas un participant involontaire au contournement des sanctions contre la Russie.

État du droit : 2026-05-20.


L’essentiel en 60 secondes

  • L’Union européenne a adopté à ce jour 20 paquets de sanctions contre la Russie, le dernier le 23 avril 20261 — l’interdiction d’exporter des marchandises sous embargo s’applique à toutes les entreprises de l’UE, quel que soit leur secteur ou leur taille. Nous détaillons la chronologie complète dans l’aperçu des paquets de sanctions de l’UE contre la Russie.
  • Le contournement des sanctions (circumvention) consiste à transférer une marchandise interdite vers la Russie via un pays tiers — un intermédiaire au Kazakhstan, en Arménie, aux Émirats arabes unis ou dans un autre État réexporte la marchandise plus loin. Votre entreprise peut faire partie d’une telle chaîne sans le savoir.
  • Le droit de l’UE interdit non seulement la violation directe des sanctions, mais aussi la participation consciente et délibérée à des activités visant à les contourner.23
  • Depuis le 11e paquet (23 juin 2023), la clause « No re-export to Russia » s’applique — vous devez obtenir de l’acheteur établi dans un pays tiers un engagement écrit que la marchandise ne parviendra pas à la Russie.45
  • Les signaux d’alerte sont notamment : un nouvel intermédiaire sans antécédents, des biens à double usage (dual-use), un itinéraire logistique inhabituel, un écart entre le destinataire déclaré et l’utilisateur final réel.
  • Une violation — même involontaire — expose à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende au titre de l’article L574-3 du Code monétaire et financier6, ainsi qu’à une responsabilité pénale en application de la directive (UE) 2024/1226.3

En quoi consiste le contournement des sanctions via les pays tiers

Les sanctions de l’UE contre la Russie interdisent l’exportation de nombreuses catégories de marchandises directement vers la Russie — le catalogue détaillé figure dans le règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014.2 Les interdictions portent à la fois sur la vente directe et indirecte. Cette seconde précision — « indirecte » — est essentielle.

Dans la pratique, le contournement des sanctions se déroule de la manière suivante : un exportateur de l’UE vend une marchandise à une entreprise enregistrée dans un pays tiers (qui n’applique pas lui-même de sanctions contre la Russie). Cette entreprise réexporte la marchandise vers la Russie, souvent avec une transformation minimale ou dans le cadre d’une structure douanière de transit. Du point de vue de l’exportateur de l’UE, l’opération ressemble à une vente à l’étranger ordinaire — la marchandise est officiellement livrée à une entreprise hors UE, et la facture est libellée au nom du destinataire dans le pays tiers.

Le problème, c’est que le règlement n° 833/2014 interdit l’exportation des marchandises concernées « directement ou indirectement » vers la Russie ou au profit d’entités en Russie.2 Cela signifie qu’une entreprise de l’UE qui a vendu une marchandise à un intermédiaire en sachant — ou en ayant des raisons de savoir — qu’elle parviendra ensuite à la Russie viole les sanctions, indépendamment du fait qu’elle l’ait formellement livrée à une entreprise située dans un pays tiers. Le simple fait d’interposer un intermédiaire entre l’exportateur et la Russie ne neutralise pas l’interdiction.

La Commission européenne et le Conseil de l’UE qualifient ces pays intermédiaires de lieux présentant un « risque de contournement persistant et particulièrement élevé » (third countries with continued and particularly high risk of circumvention)7 — bien que les sources officielles ne permettent pas d’en citer nommément la liste exacte à partir d’une source primaire. Dans la pratique, il s’agit d’États limitrophes de la Russie ou traditionnellement très liés à elle sur le plan économique.


Pourquoi c’est un risque pour votre entreprise — une participation involontaire est aussi une violation

De nombreuses PME françaises pensent que les sanctions ne concernent que les grandes entreprises exportant des technologies militaires ou les sociétés réglant leurs opérations en roubles. C’est une idée fausse. Le règlement n° 833/2014 s’applique directement à toutes les entités situées sur le territoire de l’UE — et ne prévoit ni seuil minimal ni exception pour les petites entreprises.28

Plus important encore, la directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 20243 impose aux États membres de pénaliser non seulement les violations intentionnelles des sanctions, mais aussi leur facilitation. Cela signifie que si votre entreprise — même sans mauvaise foi — a livré une marchandise sous embargo à un intermédiaire qui l’a ensuite expédiée vers la Russie, vous pouvez voir votre responsabilité engagée. Le délai de transposition de cette directive par les États de l’UE a expiré le 20 mai 20259 — en France, la transposition n’est pas encore intervenue (mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025) et est en cours via le projet de loi n° 2544. Les violations restent toutefois déjà pénalement réprimées au titre de l’art. L574-3 du CMF.

La question centrale que se pose l’autorité de contrôle est la suivante : l’entreprise a-t-elle fait preuve de la diligence requise ? Si vous avez ignoré des signaux d’alerte évidents (nouvel intermédiaire, itinéraire logistique étrange, bien à double usage), l’argument « je ne savais pas » est difficile à défendre. Les autorités de contrôle — en France principalement la Direction générale du Trésor (DG Trésor) pour le gel des avoirs et la Douane (DGDDI) pour les embargos commerciaux, en coordination avec Tracfin610 — examinent le déroulement de la transaction et la documentation de vérification.

L’exportateur de l’UE est de fait le premier filtre de sécurité de toute la chaîne d’approvisionnement. Si ce filtre ne fonctionne pas, la responsabilité incombe à l’entreprise qui l’a négligé.


Les mécanismes anti-circumvention de l’UE — la clause « No re-export to Russia »

L’Union européenne a répondu à l’ampleur croissante du contournement des sanctions par un outil juridique précis. Dans le cadre du 11e paquet de sanctions, adopté le 23 juin 2023, des dispositions relatives à la clause « No re-export to Russia » ont été introduites dans le règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil — formalisées à l’article 12g de ce règlement.45

Ce qu’impose la clause « No re-export to Russia »

La clause oblige les exportateurs de l’UE qui vendent certaines marchandises vers des pays tiers à obtenir de l’acheteur un engagement écrit selon lequel la marchandise ne sera pas réexportée vers la Russie ni au profit d’entités en Russie. Sont concernées avant tout les marchandises énumérées dans les annexes du règlement n° 833/2014 — en particulier les biens à double usage (dual-use) et les positions de la Common High Priority list (CHP), c’est-à-dire un ensemble de composants électroniques et industriels particulièrement recherchés par l’industrie de défense russe.5

La clause doit figurer dans le contrat commercial ou faire l’objet d’une déclaration distincte signée par le destinataire. Le simple envoi d’un courriel informant de l’interdiction de réexportation ne suffit pas — un engagement contractuel formel et écrit est exigé. Si l’acheteur refuse de le signer, considérez cela comme un signal d’alerte et suspendez la transaction.

Que sont les biens « dual-use » — explication sans jargon

Le terme dual-use (à double usage) désigne les marchandises et technologies ayant à la fois une application civile et militaire ou pouvant servir à fabriquer des armes. Il ne s’agit pas seulement de matériel militaire — il est aussi question de composants électroniques, de circuits intégrés, de moteurs, d’instruments optiques, de logiciels de chiffrement, de produits chimiques spécialisés et de bien d’autres choses. La liste complète de ces marchandises figure dans les annexes du règlement n° 833/2014 et est régulièrement étendue par les paquets de sanctions successifs.11 Si votre entreprise produit ou distribue quoi que ce soit relevant de cette catégorie, le risque de contournement des sanctions via votre réseau de vente est particulièrement élevé.

Pour vérifier si votre produit précis est visé par une interdiction, utilisez la base TARIC de la Commission européenne — le moteur de recherche fonctionne par code NC de la marchandise et tient compte des sanctions en temps réel.12


Signaux d’alerte — comment repérer une transaction à haut risque

Il n’existe pas un seul signal qui indique sans ambiguïté une tentative de contournement des sanctions — il s’agit généralement d’une combinaison de plusieurs facteurs. Voici une liste de circonstances qui devraient déclencher une procédure de vérification approfondie avant que vous ne signiez un contrat ou n’expédiiez la marchandise.

Un nouvel intermédiaire sans antécédents commerciaux. Une entreprise qui apparaît soudainement comme acheteuse d’un bien à double usage, sans site web, dont le siège est une adresse de domiciliation et dont le capital social est symbolique — voilà une combinaison de caractéristiques typiques d’une société écran créée uniquement pour la réexportation.

Une marchandise dont la destination ne correspond pas au profil de l’acheteur. Une entreprise qui importe dans un pays tiers des composants électroniques de pointe ou des machines spécialisées, sans être fabricante ni distributrice dans ce secteur, n’a aucune raison commerciale évidente de les acquérir. Si vous ne pouvez pas répondre à la question « pourquoi cette entreprise achète-t-elle cette marchandise », vous devriez la poser directement à l’acheteur.

Un itinéraire logistique inhabituel ou en plusieurs étapes. Une marchandise partant de France vers une entreprise du pays A, qui selon la documentation doit ensuite être « transportée » vers le pays B avant la livraison finale — surtout si le pays B est limitrophe de la Russie — est un signal qui exige une explication.

Un écart entre le destinataire déclaré et l’utilisateur final indiqué. Si l’acheteur fournit des données différentes de celles du destinataire réel, ou si les documents de transport renvoient à une localisation ne coïncidant pas avec l’adresse de livraison du contrat, la question du véritable lieu de destination de la marchandise se pose.

Un paiement effectué par un tiers ou dans une devise inattendue. Lorsque l’entité A commande la marchandise mais que c’est l’entité B qui la paie — sans explication claire de cette structure — il vaut la peine de demander pourquoi.

Une absence d’intérêt pour les conditions de garantie ou de service après-vente. Un acheteur d’équipement qui ne s’enquiert ni des conditions de garantie, ni de la réparation, ni du service après-vente ne prévoit probablement pas d’utiliser durablement la marchandise sur le lieu de livraison.

La Commission européenne identifie officiellement les pays tiers à risque accru de contournement comme des lieux par lesquels de telles transactions sont particulièrement fréquentes.7 Si votre contrepartie est enregistrée dans l’un de ces États, chacun des signaux d’alerte ci-dessus devrait entraîner la suspension de la transaction jusqu’à la levée du doute.


Comment protéger votre entreprise — due diligence et clauses contractuelles

Qu’est-ce que la due diligence — sans jargon

La due diligence (devoir de diligence raisonnable) est tout simplement la vérification systématique d’une contrepartie avant de conclure une transaction. De même qu’avant d’acheter une voiture d’occasion vous vérifiez son carnet d’entretien et son numéro de série, avant de vendre un bien à double usage vous devriez vérifier qui est l’acheteur, quelle est son activité et pourquoi il a besoin de votre produit. Dans le contexte des sanctions, la diligence raisonnable n’est pas une option — c’est votre ligne de défense si quelque chose tourne mal.

Étape par étape — comment mener la vérification

1. Déterminez si votre marchandise est sous embargo. Vérifiez le code NC de la marchandise dans la base TARIC de la Commission européenne12 et comparez-le aux annexes du règlement n° 833/2014.11 Si le code correspond à la liste — vous avez affaire à une marchandise à haut risque, et toute vente vers un pays tiers exige une diligence renforcée.

2. Vérifiez l’identité de l’acheteur. Vérifiez si l’entreprise de l’acheteur figure sur la liste consolidée des sanctions de l’UE13. En France, il n’existe pas de liste de sanctions nationale autonome — les mesures applicables découlent des règlements de l’UE, et la DG Trésor tient le registre national des gels d’avoirs qui reflète ces mesures.1415 Vérifiez aussi si l’entreprise est contrôlée par une entité visée par les sanctions — conformément à la règle de propriété, une entité est traitée comme visée par les sanctions lorsqu’une personne sanctionnée détient plus de 50 % de ses parts.16

3. Identifiez l’utilisateur final réel. Demandez directement : qui utilisera effectivement la marchandise et dans quel but ? Si l’acheteur refuse de communiquer cette information ou fournit des données incohérentes avec le profil de la transaction, suspendez la vente. Vérifiez également la structure de propriété de la contrepartie — l’article sur la règle de propriété de 50 % dans les sanctions de l’UE en détaille les modalités.

4. Insérez la clause « No re-export to Russia » dans le contrat. C’est une exigence juridique découlant de l’article 12g du règlement n° 833/2014 pour certaines marchandises.45 La clause doit être formulée clairement : l’acheteur s’engage à ce que la marchandise ne parvienne pas à la Russie ni au profit d’entités russes, et la violation de cet engagement donne à votre entreprise le droit de résilier le contrat immédiatement.

5. Obtenez une déclaration écrite relative à l’utilisateur final (EUC — End-User Certificate). Pour les marchandises à haut risque, il est d’usage d’exiger un document dans lequel l’acheteur confirme l’identité et la localisation de l’utilisateur final. Si l’acheteur affirme que la marchandise est destinée à sa propre unité de production — demandez la confirmation de l’adresse de cette unité et vérifiez si elle est crédible.

6. Documentez l’ensemble de la procédure de vérification. Conservez les copies des recherches effectuées sur les listes de sanctions avec leur date, la correspondance avec la contrepartie, les clauses signées et les déclarations relatives à l’utilisateur final. En cas de contrôle, c’est la documentation, et non les déclarations, qui détermine l’issue de la procédure. Le Code monétaire et financier prévoit pour les entités assujetties à la LCB-FT un délai de conservation des documents de 5 ans17 — il est prudent d’appliquer une règle analogue à la documentation de vérification des sanctions.

7. Mettez en place une procédure interne de red-flag review. Avant qu’une quelconque transaction à haut risque ne soit acceptée, elle devrait passer par la vérification d’au moins une personne chargée de la conformité — même s’il s’agit du dirigeant de l’entreprise. Une trace écrite d’une telle décision est indispensable.


Sanctions encourues en cas de participation au contournement

La participation au contournement des sanctions — même involontaire — relève des mêmes sanctions que la violation directe de l’embargo. Voici un récapitulatif des principales conséquences.

Type de responsabilitéBase juridiqueSanction maximale
Sanction pénale (personnes physiques)Art. L574-3 du CMF65 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende
Sanction pénale (personnes morales)Art. 131-38 du Code pénal6Amende ×5, soit 3 750 000 €
Responsabilité pénale (violation intentionnelle)Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b)18Peine maximale d’au moins 5 ans d’emprisonnement
Autorités compétentes en FranceCMF (art. L574-3) et Code pénal10DG Trésor, DGDDI (Douane), Tracfin

La peine maximale d’au moins 5 ans d’emprisonnement prévue par la directive (UE) 2024/1226 concerne les violations portant sur des fonds ou des ressources économiques d’une valeur d’au moins 100 000 €.18 Le délai de transposition de cette directive par les États de l’UE a expiré le 20 mai 20259 — en France, la transposition n’est pas encore intervenue (mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025) et est en cours via le projet de loi n° 2544. Les violations sont d’ores et déjà réprimées par l’article L574-3 du CMF.

Il convient également de rappeler que les entreprises françaises qui réalisent des transactions en dollars ou qui ont des liens avec des entités américaines peuvent être visées par les sanctions de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control, U.S. Department of the Treasury).19 La compétence de l’OFAC est large et englobe notamment les transactions réglées en USD — même si l’entreprise est enregistrée hors des États-Unis.


FAQ — questions fréquentes

Si l’acheteur dans un pays tiers m’assure que la marchandise n’ira pas en Russie, suis-je protégé ?

Une assurance orale ou un simple courriel ne suffisent pas. La clause « No re-export to Russia » doit être un engagement contractuel formalisé — inscrit dans le contrat de vente ou constituant un document distinct et signé. C’est une exigence découlant de l’article 12g du règlement n° 833/2014.45 De plus, le seul fait de disposer de la clause ne vous dispense pas de l’obligation de vérification — si vous aviez des raisons de soupçonner une réexportation vers la Russie, la clause n’est pas un bouclier protecteur.

Mes marchandises peuvent-elles être visées par une interdiction, même si je ne fabrique rien de militaire ?

Oui. La catégorie des biens à double usage est très large et englobe de nombreux produits en apparence civils — des composants électroniques aux logiciels spécialisés, en passant par certains produits chimiques et matériaux. Pour vérifier votre produit, contrôlez son code NC dans la base TARIC12 et comparez-le aux annexes du règlement n° 833/2014.11

Qu’est-ce que je risque en cas de participation involontaire à une chaîne de contournement des sanctions ?

La responsabilité pénale au titre de l’article L574-3 du CMF (5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende, multipliée par cinq pour les personnes morales)6 suppose une violation, et l’élément central est de savoir si vous avez fait preuve de la diligence requise. La responsabilité pénale au titre de la directive (UE) 2024/1226 exige l’intention.3 La documentation de vérification (qui a vérifié quoi, quand, et quelles décisions ont été prises) est le principal outil de défense.

Dois-je vérifier ma contrepartie avant chaque transaction, ou une seule fois suffit-elle ?

La liste de sanctions de l’UE est actualisée à chaque nouveau paquet. Les premières étapes — vérification de l’identité et de la structure de propriété de l’entreprise acheteuse — peuvent être réalisées une fois, au moment de la prise de contact, mais la vérification sur les listes de sanctions doit être répétée à chaque transaction importante ainsi qu’en cas de changement dans la structure de propriété de la contrepartie ou de tout doute. Les inscriptions sur la liste consolidée de l’UE ont dépassé 2 500 entités individuelles après le 18e paquet de sanctions20 — et le nombre continue d’augmenter.

Quels documents dois-je conserver comme preuve de due diligence ?

L’ensemble minimal comprend : l’impression ou la capture d’écran de la recherche sur la liste consolidée de l’UE avec la date et l’heure de la recherche, la clause « No re-export » signée ou la déclaration relative à l’utilisateur final, une copie des documents d’immatriculation de l’entreprise acheteuse, la correspondance relative aux questions sur la finalité de l’achat. Il est recommandé de conserver cette documentation au moins 5 ans — par analogie avec le délai prévu par le Code monétaire et financier pour les entités assujetties à la LCB-FT.17

L’entreprise d’un pays tiers qui m’a acheté la marchandise est-elle inscrite sur la liste de sanctions de l’UE ?

La liste consolidée de l’UE (CELEX 32014R026921) englobe les personnes physiques et morales inscrites par le Conseil de l’UE — indépendamment de leur siège. Une entité enregistrée dans un pays tiers peut figurer sur cette liste. Si l’entité est contrôlée à plus de 50 % par une personne ou une entreprise visée par les sanctions, elle est elle-même soumise aux interdictions — même sans inscription distincte.16


Comment Sanqto aide les entreprises à réduire le risque de contournement

Vérifier une contrepartie sur plusieurs listes de sanctions à la fois — celle de l’UE, le registre national des gels d’avoirs de la DG Trésor, celle de l’ONU — est une tâche qui, en approche manuelle, prend du temps et engendre un risque d’omission. Sanqto automatise ce processus : un logiciel installé dans l’infrastructure de votre entreprise (on-premise, les données ne quittent pas votre réseau) vérifie les contreparties en continu et fournit un résultat dans l’un des trois états — MATCH, POSSIBLE ou CLEAR. Il contribue à réduire le risque d’un oubli involontaire d’inscriptions sur les listes de sanctions et documente chaque vérification avec sa date et son horodatage.

Si votre entreprise opère dans le secteur de l’immobilier, du tourisme ou dans tout autre secteur soumis à des obligations en matière de sanctions, découvrez comment se déroule en pratique la vérification d’une contrepartie au regard des sanctions.

Pour en savoir plus sur les entreprises soumises à l’obligation de sanction screening, consultez l’article Mon entreprise doit-elle pratiquer le sanction screening ?


Bases juridiques

  • Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — CELEX 32014R0833
  • Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — CELEX 32014R0269
  • Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions applicables en cas de violation des mesures restrictives de l’Union — CELEX 32024L1226
  • Code monétaire et financier — art. L574-3 (sanctions pénales pour violation des règlements de sanctions de l’UE) ; art. 131-38 du Code pénal (multiplicateur ×5 pour les personnes morales) — legifrance.gouv.fr
  • Code monétaire et financier — Livre V titre VI (LCB-FT), art. L561-2 (catalogue des assujettis), art. L561-15 (déclaration de soupçon à Tracfin) — legifrance.gouv.fr
  • FAQ DG FISMA — clause « No re-export to Russia » (art. 12g règl. 833/2014) — finance.ec.europa.eu
  • Liste consolidée des sanctions de l’UE — webgate.ec.europa.eu/fsd
  • Registre national des gels d’avoirs — DG Trésor — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr
  • Base TARIC — ec.europa.eu/taxation_customs/dds2/taric
  • Sanctions de l’UE contre la Russie — aperçu des paquets, DG FISMA — finance.ec.europa.eu

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Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 2026-05-20.


  1. Sanctions adopted following Russia’s military aggression against Ukraine — DG FISMA, page mise à jour le 23 avril 2026, finance.ec.europa.eu ↩︎

  2. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014, art. 2 § 1 — interdiction de vendre, fournir, transférer ou exporter, directement ou indirectement, des biens et technologies à double usage — CELEX 32014R0833 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  3. Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 — CELEX 32024L1226 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  4. FAQ DG FISMA — clause « No re-export to Russia », relative à l’art. 12g du règlement (UE) n° 833/2014, du 18 décembre 2024 — finance.ec.europa.eu ; clause introduite par le 11e paquet de sanctions, le 23 juin 2023 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  5. Art. 12g du règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil — base juridique de la clause « No re-export to Russia » — CELEX 32014R0833 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  6. Art. L574-3 du Code monétaire et financier (5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE) combiné à l’art. 131-38 du Code pénal (amende ×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €) ; les actes de participation tendant au contournement sont punis des mêmes peines — Code monétaire et financier — art. L574-3, art. 131-38 Code pénal, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  7. La Commission européenne et le Conseil de l’UE identifient les « third countries with continued and particularly high risk of circumvention » comme une priorité des outils anti-circumvention — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎

  8. Un règlement de l’UE est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre (art. 288 TFUE) — eur-lex.europa.eu ↩︎

  9. Directive (UE) 2024/1226, art. 20 § 1 — délai de transposition : 20 mai 2025 — CELEX 32024L1226 ↩︎ ↩︎

  10. CMF (art. L574-3) et Code pénal — autorités d’exécution en France : DG Trésor, DGDDI (Douane), Tracfin, ACPR — tresor.economie.gouv.fr, douane.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  11. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil, annexe II — liste des technologies et marchandises sous interdiction, comportant les codes NC — CELEX 32014R0833 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  12. TARIC Consultation — European Commission Taxation and Customs, dernière mise à jour TARIC : 19-05-2026 — ec.europa.eu/taxation_customs/dds2/taric ↩︎ ↩︎ ↩︎

  13. Liste consolidée des sanctions financières de l’UE — webgate.ec.europa.eu/fsd ; page DG FISMA avec les liens vers les listes — finance.ec.europa.eu ↩︎

  14. Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel — DG Trésor — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr ↩︎

  15. Il n’existe pas en France de liste de sanctions nationale autonome — les mesures applicables proviennent des règlements de l’UE, et le registre national des gels d’avoirs publié par la DG Trésor reflète ces mesures — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎

  16. FAQ DG FISMA — règle de propriété : une entité est traitée comme visée par les sanctions lorsqu’une personne sanctionnée détient plus de 50 % de ses droits de propriété — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎

  17. Code monétaire et financier — délai de conservation des documents de 5 ans pour les entités assujetties à la LCB-FT — legifrance.gouv.fr ↩︎ ↩︎

  18. Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b) — peine maximale d’au moins 5 ans d’emprisonnement lorsque la violation porte sur des fonds ou des ressources économiques d’une valeur d’au moins 100 000 € — CELEX 32024L1226 ↩︎ ↩︎

  19. Office of Foreign Assets Control (OFAC), U.S. Department of the Treasury — programme de sanctions Ukraine-/Russia-related — ofac.treasury.gov ↩︎

  20. EU adopts 18th package of sanctions against Russia — DG FISMA, juillet 2025 — « the number of individual listings exceeds 2500 » — finance.ec.europa.eu ↩︎

  21. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014, art. 2 §§ 1-2 — CELEX 32014R0269 ↩︎