Gel des avoirs — ce que cela signifie concrètement pour votre entreprise
Le gel des avoirs est une obligation pour toute entreprise dans l'UE, pas seulement pour les banques. Découvrez en quoi il diffère de la confiscation, ce que vous devez faire et comment éviter une sanction pénale.

Votre entreprise vient de recevoir un virement d’une contrepartie. Ou bien elle doit régler dans l’instant la facture d’un fournisseur étranger. Et voilà qu’il apparaît que ce sujet figure sur une liste de sanctions de l’UE. Que faire maintenant ? Vous ne pouvez ni transférer l’argent plus loin, ni restituer les fonds sans autorisation spéciale — car le droit de l’UE impose le gel des avoirs et s’applique directement à toute entreprise située sur le territoire de l’Union.1
État du droit au : 2026-05-20.
En bref — l’essentiel en 90 secondes
- Le gel des avoirs est une obligation issue du règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil — il s’impose à toute entreprise dans l’UE, quels que soient son secteur et sa taille.1
- Gel ≠ confiscation — les fonds appartiennent toujours au sujet sanctionné, mais personne ne peut y toucher ni lui en mettre de nouveaux à disposition.
- Deux interdictions simultanées : il est interdit de toucher aux fonds du sujet listé (p. ex. son compte chez vous) et il est interdit de lui mettre de nouvelles ressources à disposition (p. ex. lui transférer de l’argent).1
- Lorsque vous détectez une correspondance : suspendez le paiement ou la livraison, ne restituez pas l’acompte sans autorisation, signalez à l’autorité compétente.
- L’autorisation (dérogation) est possible — mais elle suppose une demande auprès de l’autorité nationale et n’est pas automatique.
- Sanction en cas de violation : en France, jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende (×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €).2
- La liste consolidée de l’UE compte plus de 2 500 inscriptions individuelles (état après le 18ᵉ paquet, juillet 2025) et continue de croître.3
Qu’est-ce que le gel des avoirs
Le gel des avoirs est l’une des mesures restrictives clés prévues par le règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine.1 Cette disposition est directement applicable dans tous les États membres de l’UE, sans qu’une transposition en droit national soit nécessaire.4
Dit simplement : si une personne ou une entreprise figure à l’annexe I du règlement n° 269/2014, l’ensemble de ses fonds et ressources économiques qui passent entre vos mains — sous forme de créance, de dépôt, d’acompte, de marchandise confiée en garde — doivent rester bloqués. Vous ne pouvez ni en disposer librement, ni les restituer sans l’autorisation de l’autorité compétente.
Par « fonds », on entend les espèces, les chèques, les créances, les lettres de crédit et, plus largement, tous les avoirs dont on peut tirer de l’argent. Les « ressources économiques » désignent quant à elles les avoirs corporels — biens immobiliers, marchandises, droits de propriété intellectuelle — dont le sujet sanctionné pourrait tirer des fonds, des biens ou des services. Le champ est très large et couvre des situations qui, à première vue, n’évoquent pas le « blocage d’un compte bancaire ».
La règle de propriété concerne aussi les entités liées : si une personne visée par les sanctions détient plus de 50 % des parts d’une société, cette société elle-même est également considérée comme soumise au gel des avoirs.5 Cela signifie que même si le nom de la contrepartie ne figure pas explicitement sur la liste, vous pouvez avoir affaire aux fonds d’un sujet sanctionné.
Gel et confiscation — une différence essentielle
Cette distinction est fondamentale et souvent source de malentendus. Le gel des avoirs ne signifie pas une appropriation — les fonds appartiennent toujours, formellement, au sujet sanctionné. Personne ne les lui enlève. Leur propriété juridique reste inchangée.
Qu’est-ce qui change, alors ? L’impossibilité d’en jouir. Le sujet listé ne peut pas retirer d’argent de ses comptes, vendre des biens immobiliers, recouvrer des créances ni tirer de quelque autre manière un avantage de ses ressources. Vous, en tant qu’entreprise — si vous détenez des fonds ou un patrimoine appartenant à une telle personne — êtes tenu de les garder bloqués.
La confiscation (ou la saisie de biens) est une institution distincte du droit pénal, qui exige une décision de justice. La directive (UE) 2024/1226 du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union6 introduit la criminalisation des violations et crée les bases d’une confiscation de biens à titre de peine — mais seulement après une condamnation pénale définitive. Le gel est une mesure administrative temporaire ; la confiscation, la conséquence d’un jugement pénal.
Conséquence pratique de cette différence : vous ne pouvez pas décider seul de ce qu’il advient des fonds qui se sont retrouvés chez vous. Vous ne pouvez pas les restituer à leur propriétaire (cela violerait l’interdiction de mise à disposition), mais vous n’en êtes pas non plus le propriétaire. Vous les conservez sous blocage forcé — jusqu’à une autorisation ou jusqu’au retrait du sujet de la liste.
Les deux dimensions du gel : interdiction de toucher aux fonds et interdiction de mise à disposition
L’article 2 du règlement n° 269/2014 introduit deux interdictions distinctes qui, ensemble, constituent ce que l’on appelle l’asset freeze.1
L’interdiction de toucher aux fonds (freeze) porte sur les avoirs qui appartiennent au sujet sanctionné, sont en sa possession ou sous son contrôle. Si vous exploitez une agence de voyages et qu’un client a versé un acompte — et qu’il s’avère ensuite qu’il est sur la liste —, cet acompte est « gelé ». Vous ne pouvez pas le comptabiliser comme produit, l’affecter à l’activité courante ni le restituer sans autorisation.
L’interdiction de mise à disposition (making funds available) est l’autre versant de la même disposition. Elle interdit de transférer — directement ou indirectement — quelque fonds ou ressource économique que ce soit au profit d’un sujet sanctionné. Si vous avez une facture à payer à un fournisseur russe qui s’est retrouvé sur la liste — le virement est interdit. Même si la livraison a déjà été effectuée. Même si l’absence de paiement vous expose à une pénalité contractuelle.
Les deux interdictions s’appliquent simultanément et sont indépendantes l’une de l’autre. Une entreprise peut violer la première (p. ex. en versant des fonds depuis le compte d’un sujet sanctionné), la seconde (p. ex. en lui transférant de l’argent pour un service), ou les deux à la fois. Il convient de garder cela à l’esprit lors de la conception d’une procédure interne de vérification — car le contrôle de la liste de sanctions avant la transaction aide à intercepter les deux types de risques.
Ce qu’une entreprise doit faire lorsqu’elle détecte une contrepartie soumise au gel
Vous avez détecté que votre client ou votre contrepartie figure sur une liste de sanctions. Ne paniquez pas — mais agissez vite et dans un ordre précis.
1. Suspendez immédiatement la transaction. N’exécutez pas le virement, n’expédiez pas la marchandise, ne signez pas d’avenant au contrat. Tout acte accompli après le moment où vous auriez dû avoir connaissance de l’examen en cours peut être qualifié de violation.
2. Ne restituez aucun fonds sans autorisation. Si vous détenez un acompte, un dépôt ou un autre bien d’un sujet sanctionné, laissez-le bloqué. Une restitution sans l’autorisation de l’autorité compétente équivaut à une mise à disposition de fonds — ce qui constitue en soi une violation de l’interdiction.1
3. Signalez le fait à l’autorité nationale. En France, l’autorité compétente pour le gel des avoirs est la Direction générale du Trésor (DG Trésor), qui tient le registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel.7 La Douane (DGDDI) et Tracfin interviennent également selon la nature de l’opération.8 Signalez la correspondance détectée — le seul fait de la déclarer est une preuve de bonne foi et peut peser dans une éventuelle procédure.
4. Documentez chaque étape. Notez la date et l’heure de la détection, la source de la vérification, les mesures prises. Inscrivez la correspondance dans un registre des correspondances — la documentation est votre preuve en cas de contrôle.
5. Sollicitez l’avis d’un avocat. Les textes ne sont pas univoques dans tous les cas. Si la valeur de la transaction est importante ou si l’affaire est complexe, consultez un avocat spécialisé en droit des sanctions avant d’entreprendre les étapes suivantes.
Scénarios pratiques
Scénario 1 : acompte d’un client figurant sur la liste
Un client vous a versé un acompte de 50 000 € pour une prestation. Quelques jours plus tard — lors d’une vérification de routine ou à la suite d’un contrôle bancaire — il s’avère qu’il figure sur une liste de sanctions de l’UE.
Que se passe-t-il ? Les fonds parvenus sur votre compte sont « gelés » de plein droit. Vous ne pouvez pas les dépenser. Vous ne pouvez pas les restituer au client. Vous devez les maintenir bloqués et signaler l’affaire à l’autorité.
Pouvez-vous exécuter la prestation ? Non — ce serait une mise à disposition de ressources économiques (votre travail, vos services) au profit d’un sujet sanctionné, ce qui est interdit séparément. Vous pouvez suspendre le contrat et attendre les instructions de l’autorité, ou demander une dérogation.
Le client peut-il exiger un remboursement ? Formellement oui — mais vous ne pouvez pas lui restituer les fonds sans l’autorisation de l’autorité nationale compétente. Le risque d’un litige civil existe, mais il ne modifie en rien la teneur de votre obligation de droit public.
Scénario 2 : créance à régler à une contrepartie figurant sur la liste
Un fournisseur a effectué une livraison de marchandises il y a trois mois. La facture est échue. Il s’avère maintenant que le fournisseur s’est retrouvé sur une liste de sanctions — peut-être avant même d’avoir émis la facture, peut-être après.
Que se passe-t-il ? Le virement est interdit, quelle que soit la date de la livraison et que vous soyez ou non lié par une obligation contractuelle. La mise à disposition de fonds au profit d’un sujet sanctionné est interdite de manière absolue — la date de livraison comme la date d’émission de la facture sont ici sans incidence.1
Encourez-vous une pénalité contractuelle ? Probablement, si le contrat la prévoit. Toutefois, l’obligation issue d’un règlement de l’UE prime sur l’obligation contractuelle entre les parties — une violation des sanctions est en effet une violation d’une norme de droit de l’Union directement applicable.4 Vous pouvez envisager de recourir à la clause de force majeure ou à l’imprévision — cela dépend de la teneur du contrat et de l’appréciation de l’avocat.
Que faire de la facture ? Suspendez le paiement, documentez le motif et demandez une autorisation de déblocage des fonds (dérogation) si l’affaire l’exige.
Autorisations et dérogations — quand peut-on débloquer les fonds
Le règlement n° 269/2014 prévoit la possibilité d’accorder une autorisation pour certaines opérations qui seraient, en temps normal, interdites.1 En France, l’autorité habilitée à délivrer ces autorisations est la DG Trésor7, qui agit dans le cadre de procédures fondées sur le Code monétaire et financier (CMF).9
Quand une dérogation est-elle possible ? Le règlement prévoit notamment :
- Besoins fondamentaux — déblocage de fonds destinés à couvrir les besoins essentiels d’une personne physique sanctionnée (alimentation, loyer, médicaments). Cette dérogation a une portée limitée pour les entreprises.
- Créances antérieures à l’inscription — fonds destinés à honorer des obligations issues de contrats conclus avant la date d’inscription du sujet concerné sur la liste de sanctions. C’est la dérogation la plus utile du point de vue des entreprises.
- Dépenses extraordinaires — dépenses extraordinaires justifiées, sous réserve de l’accord préalable de l’autorité.
La procédure est la suivante : vous déposez une demande auprès de l’autorité nationale compétente, vous décrivez en détail les circonstances et vous justifiez en quoi la transaction relève d’une exception autorisée. L’autorité dispose d’un délai pour examiner la demande — n’agissez pas sans réponse. Vous agissez à vos propres risques si vous n’attendez pas la décision.
Important : l’autorisation n’est ni automatique ni garantie. L’autorité peut refuser, exiger des documents complémentaires, subordonner l’autorisation au respect de conditions. C’est pourquoi, si vous prévoyez des contacts réguliers avec des sujets issus de pays à risque accru, il vaut mieux bâtir une procédure interne à l’avance, et non au moment de la crise. Vous en lirez davantage sur la vérification des contreparties dans l’article consacré à la vérification de la contrepartie au regard des sanctions.
Sanctions en cas de violation de l’obligation de gel
La violation de l’obligation de gel des avoirs ou de l’interdiction de mise à disposition de fonds est l’une des infractions les plus graves aux règles en matière de sanctions. La responsabilité est multiple.
Responsabilité pénale — l’article L574-3 du Code monétaire et financier punit la violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE de 5 ans d’emprisonnement et de 750 000 € d’amende.2 Pour les personnes morales, l’article 131-38 du Code pénal porte l’amende au quintuple, soit jusqu’à 3 750 000 €.8
Cadre européen — la directive (UE) 2024/1226 du 24 avril 20246 impose aux États de l’UE de criminaliser les violations des sanctions. Le délai de transposition a expiré le 20 mai 2025.10 Pour les violations portant sur des fonds ou des ressources économiques d’une valeur importante, la directive exige une peine maximale d’emprisonnement d’au moins 5 ans.11 La France n’a pas encore transposé la directive (mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025, transposition en cours via le projet de loi n° 2544) ; les violations restent réprimées par l’art. L574-3 du CMF.6
Nullité des contrats — un contrat conclu avec un sujet visé par des sanctions est entaché de nullité de plein droit. Vous ne pouvez pas faire valoir, par les voies ordinaires, les droits issus d’un tel contrat.
Il faut savoir que l’absence de toute procédure de vérification des sanctions est traitée comme une circonstance aggravante, et non atténuante. « Je ne savais pas » ne décharge pas de la responsabilité si vous ne pouvez démontrer avoir pris des mesures raisonnables pour vérifier la contrepartie. Vous trouverez une description détaillée des sanctions et de la responsabilité dans l’article Sanctions pénales pour violation des sanctions de l’UE.
FAQ — questions fréquentes
Le gel des avoirs concerne-t-il ma petite entreprise ?
Oui. Le règlement n° 269/2014 ne prévoit aucun seuil de montant ni taille minimale d’entreprise.1 Toute personne physique et morale exerçant une activité sur le territoire de l’UE est destinataire de cette disposition. Peu importe qu’il s’agisse d’un travailleur indépendant, d’une SARL de cinq salariés ou d’un groupe de mille personnes.
Qu’est-ce que la règle des 50 % et en quoi concerne-t-elle mes contreparties ?
Si une personne physique ou morale sanctionnée détient plus de 50 % des parts ou des droits de propriété d’une société donnée, cette société est traitée comme un sujet visé par les sanctions — même si son nom ne figure pas sur la liste.5 Cela signifie que la vérification du seul nom de l’entreprise peut ne pas suffire : il faut examiner la structure de propriété. Ce type d’analyse est compliqué par le fait que la propriété est souvent à plusieurs niveaux — c’est pourquoi les outils de screening devraient prendre en compte les liens de propriété.
Dois-je restituer l’acompte à un client figurant sur la liste ?
Vous ne pouvez pas le faire sans l’autorisation de l’autorité nationale. La restitution de fonds à un sujet sanctionné est traitée comme une « mise à disposition de fonds » — ce qui est interdit exactement de la même manière que l’envoi d’un nouveau virement.1 Vous devez maintenir l’acompte bloqué et signaler l’affaire à l’autorité compétente. Vous pouvez ensuite demander une dérogation.
Que faire si ma banque a bloqué le virement, mais que je n’avais pas connaissance des sanctions ?
Le blocage par la banque est un signal que quelque chose ne va pas — pas une solution automatique au problème. Vous devez agir par vous-même : vérifier la contrepartie sur les listes de sanctions, documenter le résultat de la vérification et signaler l’éventuelle correspondance à l’autorité. Le fait que la banque ait réagi ne remplace pas votre propre obligation de conformité.
Combien de temps dois-je conserver la documentation de vérification ?
Pour les entités assujetties au titre du dispositif LCB-FT (Code monétaire et financier, Livre V, titre VI), le CMF prévoit une durée de conservation de 5 ans pour la documentation.12 Pour les autres entreprises, les règles générales s’appliquent — par prudence, il est recommandé de retenir un délai analogue de 5 ans, en documentant chaque vérification avec sa date et son résultat.
Les sanctions concernent-elles aussi les livraisons effectuées avant l’inscription sur la liste ?
Cela dépend de la date à laquelle le sujet s’est retrouvé sur la liste. Si la livraison et le paiement ont eu lieu avant l’inscription — la transaction était licite au moment où elle a été réalisée. Si le paiement est exigible après l’inscription, alors que la livraison était antérieure — le virement reste interdit. Le règlement interdit la mise à disposition actuelle de fonds ; il ne se limite pas aux transactions conclues après l’inscription.1 Dans ce type de situations, il convient de demander une dérogation en invoquant les obligations issues de contrats antérieurs à la date d’inscription.
Comment Sanqto peut vous aider
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Base juridique
- Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine (art. 2 §§ 1-2 — gel des avoirs et interdiction de mise à disposition de fonds) — CELEX 32014R0269
- Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — CELEX 32014R0833
- Code monétaire et financier (CMF), art. L562-1 et s. (gel des avoirs), art. L574-3 (sanctions pénales : 5 ans d’emprisonnement, 750 000 € d’amende) ; art. 131-38 du Code pénal (amende ×5 pour les personnes morales) — legifrance.gouv.fr
- Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union (art. 3 § 1, art. 5 § 3, art. 20 § 1) — CELEX 32024L1226
- Code monétaire et financier, Livre V titre VI (LCB-FT), art. L561-2 et s. (entités assujetties, conservation de la documentation) — legifrance.gouv.fr
- Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel, tenu par la DG Trésor — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr
- Liste consolidée des sanctions financières de l’UE (Consolidated List) — webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf
Footnotes
Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 20 mai 2026.
Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014, art. 2 §§ 1-2 : « Sont gelés tous les fonds et ressources économiques appartenant à toute personne physique ou morale, à toute entité ou à tout organisme énumérés à l’annexe I, ou détenus ou contrôlés par eux, ou par toute personne physique ou morale, toute entité ou tout organisme qui leur sont associés. Aucun fonds ni aucune ressource économique n’est mis, directement ou indirectement, à la disposition des personnes physiques ou morales, des entités ou des organismes ou de personnes physiques ou morales, d’entités ou d’organismes qui leur sont associés énumérés à l’annexe I, ou utilisé à leur bénéfice. » — EUR-Lex CELEX 32014R0269 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Art. L574-3 du Code monétaire et financier — 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE ; les actes de participation tendant au contournement sont punis des mêmes peines. — Code monétaire et financier — art. L574-3, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎
Après le 18ᵉ paquet de sanctions (juillet 2025), le nombre d’inscriptions individuelles sur la liste consolidée de l’UE a dépassé 2 500. Les paquets 19 et 20 (jusqu’en mai 2026) ont ajouté de nouvelles inscriptions. — EU adopts 18th package of sanctions against Russia, finance.ec.europa.eu ↩︎
Les règlements de l’UE sont directement applicables dans tous les États membres — art. 288 TFUE : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » — EUR-Lex, Regulation — EU legal act ↩︎ ↩︎
FAQ DG FISMA — règle de propriété : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎
Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union et modifiant la directive (UE) 2018/1673 — EUR-Lex CELEX 32024L1226. En France, transposition non encore intervenue (délai dépassé le 20 mai 2025) — en cours via le projet de loi n° 2544. ↩︎ ↩︎ ↩︎
Il n’existe pas en France de liste nationale autonome de sanctions financières — les mesures applicables proviennent des règlements de l’UE et le registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel, publié par la DG Trésor, reflète ces mesures. La DG Trésor est l’autorité compétente pour le gel des avoirs et les autorisations de déblocage. — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎
CMF et LCB-FT — supervision de l’application des mesures restrictives : DG Trésor pour le gel des avoirs, DGDDI (Douane) pour les embargos commerciaux, Tracfin pour les déclarations de soupçon des assujettis LCB-FT, ACPR pour les acteurs sous son contrôle ; art. 131-38 du Code pénal — quintuple de l’amende pour les personnes morales. — DG Trésor ↩︎ ↩︎
Code monétaire et financier (CMF) — cadre national d’exécution des sanctions de l’UE en France et procédures d’autorisation (les règlements de l’UE sont directement applicables). — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎
Directive (UE) 2024/1226, art. 20 § 1 : « Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 20 mai 2025. » — EUR-Lex CELEX 32024L1226 ↩︎
Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b) : les violations relevant de l’art. 3 § 1 a), b) et h)(i)-(ii) portant sur des fonds ou ressources économiques d’une valeur d’au moins 100 000 € « sont passibles d’une peine maximale d’au moins cinq ans d’emprisonnement » — EUR-Lex CELEX 32024L1226 ↩︎
Code monétaire et financier, Livre V titre VI (LCB-FT) — les entités assujetties conservent la documentation pendant 5 ans à compter de la fin de la relation d’affaires ou de l’exécution de l’opération (art. L561-12 du CMF). — legifrance.gouv.fr ↩︎