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Liste de sanctions OFAC pour les entreprises françaises — ce qu'il faut savoir

La liste OFAC SDN concerne les entreprises françaises via les sanctions secondaires, les paiements en USD et les clauses de compliance. Quand et comment contrôler vos partenaires.

Publié : Mis à jour : · Équipe Sanqto · 19 min de lecture
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Écran montrant le moteur OFAC Sanctions List Search — vérification d'un partenaire commercial sur la liste SDN par une entreprise française
La liste OFAC SDN peut concerner les entreprises françaises via les paiements en USD, les points de contact américains et les sanctions secondaires.

OFAC — l’Office of Foreign Assets Control rattaché au Trésor américain — tient la liste SDN (Specially Designated Nationals and Blocked Persons List), l’une des listes de sanctions les plus largement appliquées au monde.1 Formellement, c’est du droit américain qui vise les sujets ayant un lien avec les États-Unis. En pratique, elle touche les entreprises françaises dans toute situation où entrent en jeu des paiements en dollars américains, un partenaire ayant un point de contact avec les États-Unis ou un contrat avec une clause de compliance. Cet article explique en quoi la liste OFAC diffère de la liste UE, quand et comment la contrôler et que faire en cas de hit.

État du droit : 23 mai 2026.


TL;DR

  • L’OFAC (Office of Foreign Assets Control) est une agence du Trésor américain ; elle tient la liste SDN (Specially Designated Nationals) des personnes et organisations soumises à des sanctions américaines.1
  • Une entreprise française est concernée par la liste OFAC de manière indirecte, mais réelle — quand elle règle en USD, quand un partenaire a un point de contact américain ou quand un contrat contient une clause de sanctions.
  • Les sanctions secondaires (secondary sanctions) sont un instrument par lequel les États-Unis peuvent couper du système dollar une entreprise hors États-Unis qui travaille avec une entité de la liste SDN — même sans aucun lien américain.
  • La règle des 50 % s’applique en droit OFAC comme en droit UE : une entité détenue à plus de 50 % par une personne de la liste SDN est traitée comme une entité désignée.
  • Un moteur de recherche gratuit pour vérifier les partenaires est disponible sur sanctionssearch.ofac.treas.gov — l’OFAC Sanctions List Search officiel.
  • La liste OFAC et la liste UE sont deux systèmes distincts — vérifier l’une ne remplace pas la vérification de l’autre.
  • En cas de hit : ne pas exécuter la transaction, geler les fonds et consulter un avocat en droit des sanctions ou un Compliance Officer avant toute action.

Qu’est-ce que l’OFAC et la liste SDN

L’OFAC — Office of Foreign Assets Control — est l’agence du Trésor américain (Department of the Treasury) chargée de l’administration des programmes de sanctions économiques des États-Unis.1 Ce n’est ni une juridiction ni une police — l’OFAC agit par des interdictions administratives et le gel d’avoirs, et ses décisions produisent un effet immédiat.

Le navire amiral de l’OFAC est la liste SDN — Specially Designated Nationals and Blocked Persons List. Cette liste contient des noms de personnes physiques, des raisons sociales, des navires et des aéronefs dont les actifs sont bloqués dans la juridiction américaine et avec lesquels toute transaction est interdite.1 À côté de la liste SDN, l’OFAC tient des listes sectorielles (Sectoral Sanctions Identifications — SSI) et d’autres — celles-ci ne bloquent pas les entités intégralement mais restreignent certaines catégories de transactions.

Le fichier brut de la liste SDN se télécharge gratuitement sur le site de l’OFAC — disponible en plusieurs formats, dont XML et CSV. Pour la vérification quotidienne, on utilise le moteur Sanctions List Search sur sanctionssearch.ofac.treas.gov.1 Cet outil est gratuit, officiel et permet la recherche par nom, lieu, pays, numéro de document et code de programme de sanctions.


Pourquoi une entreprise française doit connaître la liste OFAC

Vient la question classique : « C’est du droit américain — pourquoi une entreprise française de Lyon devrait-elle s’en soucier ? » La réponse tient en quatre scénarios. Chacun peut concerner votre entreprise, même sans activité aux États-Unis et sans un seul client là-bas.

Paiements en dollars américains

Tout virement en dollars — quels que soient son origine et son destinataire — passe par des banques correspondantes situées aux États-Unis. Ces banques relèvent du droit américain et doivent filtrer les transactions contre la liste SDN. Si une personne ou une entité de la liste OFAC apparaît sur la route de votre virement, la banque correspondante bloque la transaction et peut geler les fonds en cours d’acheminement — indépendamment de votre connaissance et de vos intentions. Pour votre entreprise, cela signifie : paiements retardés ou perdus, comptes bloqués, coûts de clarification. Nous détaillons ce mécanisme dans l’article sur la manière dont les sanctions affectent les paiements et virements.

Partenaire avec un point de contact américain

Votre partenaire n’est peut-être pas lui-même sur la liste SDN, mais il a un bénéficiaire effectif (UBO) qui l’est. Si ce UBO détient plus de 50 % des parts ou exerce un contrôle de fait sur l’entreprise — en application de la règle des 50 % de l’OFAC — l’entreprise entière est traitée comme une entité bloquée. Vous concluez alors une transaction avec une entité « de la liste » sans le savoir.

Contrats avec clause de sanctions

Dans les contrats commerciaux standards, en particulier avec des partenaires d’Europe de l’Ouest et des États-Unis, apparaît de plus en plus souvent une clause de compliance par laquelle est garanti le respect des « applicable sanctions, including but not limited to OFAC regulations ». Si vous signez un tel contrat et qu’il s’avère plus tard que votre sous-traitant figure sur la liste SDN — vous violez le contrat, indépendamment du fait que vous ayez violé ou non le droit national. Conséquences possibles : résiliation à vos torts et demandes de dommages-intérêts.

Sanctions secondaires — le plus grand risque

Les sanctions secondaires (secondary sanctions) sont un instrument par lequel les États-Unis peuvent sanctionner une entité hors de leur juridiction pour des activités substantielles touchant certains programmes — en particulier l’Iran, certaines entités russes et les secteurs visés par les sanctions américaines contre la Russie et le Belarus. Le mécanisme est simple : si votre entreprise effectue de manière répétée et en connaissance de cause des transactions avec une entité sous sanctions secondaires américaines, l’OFAC peut inscrire votre entreprise sur la liste SDN. Dès lors, plus aucune banque réglant via le système dollar ne pourra travailler avec vous, où que ce soit. C’est un blocage effectif de l’accès aux marchés internationaux, qui signifie la fin de l’activité pour une entreprise d’export-import.

Les sanctions secondaires sont utilisées de manière sélective — surtout contre des acteurs majeurs ou des entreprises agissant manifestement comme intermédiaires pour contourner les sanctions. Ces dernières années, plusieurs banques russes (par exemple Sberbank, VTB) et oligarques russes ont été désignés ; ces désignations ont été ensuite accompagnées d’inscriptions analogues de l’UE, mais ce sont juridiquement des décisions indépendantes. La façon dont ces schémas fonctionnent et pourquoi ils attirent l’attention des régulateurs est traitée dans l’article sur le contournement des sanctions via des États tiers. Pour une petite entreprise française, le risque d’inscription directe est faible. Le risque indirect — blocages préventifs de virements par les banques correspondantes — est en revanche réel et plus fréquent.


Liste OFAC vs. liste UE — les principales différences

De nombreuses entreprises supposent que vérifier la liste consolidée de l’UE (Consolidated List, DG FISMA)2 suffit et couvre aussi la liste OFAC. C’est inexact. Les listes sont tenues par deux systèmes juridiques distincts, et diffèrent par leur portée, leur base juridique et leur mécanisme d’exécution.

CaractéristiqueListe UE (Consolidated List)Liste OFAC SDN (USA)
Autorité gestionnaireDG FISMA (Commission européenne)3U.S. Department of the Treasury / OFAC1
Base juridiqueRèglements du Conseil de l’UE, dont n° 269/20144, n° 833/20145Executive Orders et lois fédérales américaines
Effet direct en FranceOUI — les règlements UE sont directement applicables6NON — vise directement les U.S. persons et les transactions en USD
Personnes viséesPersonnes/entreprises issues de ~30+ régimes (Russie, Belarus, Iran, Corée du Nord, etc.)Entités issues de dizaines de programmes US — souvent plus large que la liste UE
Règle 50 % / contrôleOUI — au-dessus de 50 % de parts ou contrôle7OUI — règle 50 % analogue, définie par les FAQ OFAC
Outil de rechercheEU Sanctions Map (sanctionsmap.eu)8 ; FSD (webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf)2Sanctions List Search (sanctionssearch.ofac.treas.gov)1
Fréquence de mise à jourTrès fréquente — après chaque paquet de sanctionsTrès fréquente — l’OFAC met à jour la SDN en continu
Sanction en cas de violation en France5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende (art. L574-3 CMF) ; amende ×5 pour les personnes morales (art. 131-38 Code pénal)Sanctions OFAC en USD (pour les entités avec US nexus) ; risque de sanctions secondaires

Conclusion centrale : la vérification de la liste UE ne remplace pas la vérification OFAC — et inversement. Une personne peut figurer sur la SDN sans être sur la liste UE, et inversement. La pratique minimale pour une entreprise française avec des flux en USD est la vérification dans les deux bases.

Si vous voulez une comparaison complète des principales listes de sanctions (UE, ONU, OFAC, OFSI Royaume-Uni), voir l’article Listes de sanctions UE, ONU, OFAC et UK — guide.


Comment contrôler un partenaire sur la liste OFAC — pas à pas

L’OFAC met à disposition un moteur gratuit Sanctions List Search sur sanctionssearch.ofac.treas.gov.1 Voici le processus de vérification — de l’ouverture du site à la documentation du résultat.

Ouvrez le navigateur et rendez-vous sur sanctionssearch.ofac.treas.gov. C’est le service officiel du gouvernement américain — aucun autre moteur de recherche n’est une source OFAC autorisée. Le site est gratuit et n’exige pas d’inscription.

Étape 2 : choisir le périmètre des listes

Par défaut, le moteur interroge simultanément toutes les listes OFAC, y compris la SDN et les listes sectorielles (SSI, NS-MBS et autres). Vous pouvez limiter au seul SDN, mais pour vérifier un partenaire il est recommandé de laisser tous les programmes actifs.

Étape 3 : saisir les données du partenaire

Saisissez dans le champ de recherche la raison sociale ou les prénom et nom de la personne. Le moteur supporte le fuzzy matching — il affiche des résultats phonétiquement proches. Réglez le curseur du score de similarité (Similarity Score) : 100 = correspondance exacte, 80-85 = bon compromis entre prudence et sensibilité.

Conseil : cherchez aussi les variantes de translittération — si vous contrôlez une personne au nom russe ou ukrainien, essayez plusieurs graphies latines (par exemple « Ivanov », « Ivanoff », « Ivanov »). La liste SDN comprend des alias, mais pas toujours toutes les variantes possibles.

Étape 4 : analyser les résultats

Chaque résultat contient : nom ou patronyme, alias, pays, date de naissance (si connue), numéro d’identification (passeport, numéro d’enregistrement) et numéro de programme de sanctions. La simple concordance de nom ne suffit pas — il faut comparer les identifiants : date de naissance, pays de résidence, numéros de documents. Deux personnes portant le même nom sont des faux positifs fréquents.

Étape 5 : vérifier le bénéficiaire effectif (UBO)

Vérifier un partenaire sans contrôler son bénéficiaire effectif (UBO) est incomplet. Si l’entité est détenue à plus de 50 % par une personne de la liste SDN, elle est elle-même traitée comme bloquée — même si son nom propre n’apparaît pas dans les résultats (cf. règle des 50 %, ci-dessous). Procurez-vous un extrait du registre du commerce, le pacte d’associés ou le registre du pays d’enregistrement du partenaire et vérifiez la structure de propriété — en France, consultez aussi le Registre des bénéficiaires effectifs (RBE) tenu par l’INPI. Le processus complet est décrit dans l’article sur la vérification d’un partenaire au regard des sanctions.

Étape 6 : documenter le résultat

Que le résultat soit CLEAR ou POSSIBLE — enregistrez la date et l’heure de la vérification, la version de la liste (visible sur le site OFAC après l’achèvement de la recherche), les données saisies et le résultat obtenu. Cet enregistrement est votre preuve de diligence. Conservez-le avec la documentation de la transaction — il pourra être nécessaire en cas de contrôle de la DG Trésor, de la Banque de France ou de la Douane, ou en cas de demande de votre banque correspondante.


La règle des 50 % chez l’OFAC

La règle des 50 % (50 % rule) est l’un des sujets les plus importants et les plus souvent négligés dans la vérification OFAC. Son principe est simple : une entité détenue à plus de 50 % par une personne ou une entreprise figurant sur la liste SDN est traitée comme une entité bloquée — indépendamment du fait que son propre nom figure ou non sur la liste.1

Cela signifie en pratique que la vérification OFAC par simple recherche de nom est insuffisante si vous ne vérifiez pas en même temps la structure de propriété. Si le partenaire est une SARL dont 51 % des parts appartiennent à une personne de la liste SDN — et que la SARL elle-même n’est pas sur la liste — la transaction avec cette SARL viole néanmoins les sanctions OFAC.

La règle des 50 % joue aussi de manière cumulative : si deux personnes de la liste SDN détiennent respectivement 30 % et 25 % des parts d’une société, leur part totale est de 55 % — la société est bloquée. Vous vérifiez donc non un seul actionnaire mais l’ensemble de la structure de capital.

Une règle analogue s’applique en droit UE, où le seuil de propriété ou de contrôle déclenchant l’inclusion dans les sanctions est supérieur à 50 %.7 Différence : le droit UE applique aussi le critère du contrôle — une entité peut être visée par les sanctions si une personne de la liste exerce un contrôle de fait, même avec une part inférieure. L’OFAC suit en pratique une approche similaire, mais l’exprime dans ses propres FAQ et Guidance (OFAC Guidance).


Que faire en cas de hit

Un hit sur la liste OFAC — qu’il s’agisse d’un MATCH ou d’un POSSIBLE non univoque — est une situation qui exige un arrêt immédiat de la transaction et une marche à suivre prudente. Voici les étapes à mettre en œuvre.

1. Arrêter la transaction

N’effectuez pas le paiement, ne libérez pas la marchandise, ne fournissez pas la prestation. Toute transaction avec une entité visée par des sanctions OFAC — même involontaire — peut avoir de lourdes conséquences financières et réputationnelles pour votre entreprise et pour la banque qui assure le règlement.

2. Geler les fonds s’ils sont déjà reçus

Si l’entité de la liste SDN a déjà versé un acompte sur votre compte ou vous a transmis des fonds d’une autre manière, vous êtes tenu de les bloquer (geler). Vous ne pouvez pas les restituer sans autorisation de l’OFAC — la restitution serait elle aussi une transaction susceptible de violer les sanctions. En France, le gel est notifié à la Direction générale du Trésor ; d’autres obligations peuvent résulter des règlements de sanctions UE et du Code monétaire et financier.

3. Distinguer POSSIBLE de MATCH

Le résultat POSSIBLE (correspondance possible — concordance incomplète) n’est pas la même chose qu’un MATCH (correspondance confirmée). Sur un POSSIBLE, il convient de solliciter du partenaire des informations d’identification complémentaires (numéro de document, numéro d’enregistrement, adresse) et de les comparer aux données de la liste SDN. Ce n’est qu’après cette vérification que vous décidez s’il s’agit d’une fausse alerte ou d’une correspondance réelle. L’ensemble de cette procédure doit être documenté par écrit.

4. Obtenir un avis juridique ou compliance

Un hit sur la liste OFAC est une situation qui exige une appréciation juridique, pas une décision opérationnelle. Adressez-vous à un avocat spécialisé en droit des sanctions et du commerce international avant toute action — y compris avant toute déclaration aux autorités.

5. Déclarations, en cas d’obligation

Si vous êtes une entité avec un US nexus (par exemple avec une filiale aux États-Unis ou avec un règlement via une banque domiciliée aux États-Unis), l’obligation de déclarer le hit à l’OFAC peut exister. Pour une entreprise française sans US nexus, cette obligation n’existe pas directement — mais votre banque correspondante peut avoir ses propres procédures de déclaration qui se déclenchent automatiquement lors d’un blocage.

En France, un hit sur une liste de sanctions (y compris dans les situations où des sanctions OFAC interfèrent avec des comptes français) peut déclencher une obligation de déclaration — en particulier une déclaration de soupçon à Tracfin au titre des articles L561-15 et suivants du CMF, une notification à la DG Trésor en cas de gel d’avoirs, ou une déclaration à la Douane pour les volets export. Le périmètre de la déclaration et la compétence doivent être définis avec un avocat avant la survenance d’un hit, et non pendant la crise.


FAQ — liste de sanctions OFAC pour les entreprises françaises

La liste OFAC SDN s’applique-t-elle à une entreprise française ?

Directement non — la liste SDN est du droit américain qui vise les U.S. persons et les transactions dans le système financier américain.1 Indirectement oui, dans quatre situations : règlements en USD (clearing via des banques US), partenaire ou UBO avec un point de contact américain, contrat avec clause OFAC, export de biens contenant des composants d’origine américaine (U.S.-origin). Sans aucun lien avec les États-Unis, le risque direct est minime — mais un blocage d’un virement en USD par une banque correspondante reste réel, même sans obligation formelle.

Quelle différence entre la SDN et les listes sectorielles OFAC (SSI) ?

La liste SDN bloque l’entité intégralement — aucune transaction sans licence OFAC autorisée. Les listes sectorielles (SSI — Sectoral Sanctions Identifications) ne restreignent que certaines catégories de transactions avec l’entité — par exemple l’interdiction de nouveaux crédits au-delà de 30 jours, l’interdiction d’opérations sur le marché des capitaux. Les entités SSI peuvent être parties à des transactions commerciales ordinaires tant que celles-ci ne relèvent pas des catégories interdites.

Qu’est-ce que le « US nexus » et comment vérifier si mon entreprise en a un ?

Le US nexus est tout lien de votre entreprise avec les États-Unis : succursale ou filiale aux États-Unis, citoyens ou résidents américains parmi les associés ou collaborateurs, transactions traitées via des banques américaines, biens ou technologies d’origine américaine (U.S.-origin goods), logiciel sous licence américaine réexporté. Le simple usage de certaines plateformes cloud peut, au regard du droit américain du contrôle des exportations, créer un US nexus.

Faut-il vérifier les clients contre l’OFAC à chaque transaction ?

Si votre entreprise règle régulièrement en USD ou a des partenaires avec un point de contact américain — oui, une vérification à chaque transaction significative est une bonne pratique. Approche minimale : vérification à l’onboarding de tout nouveau partenaire et lors de chaque nouveau contrat, plus un contrôle périodique des clients existants (trimestriel). La liste SDN est mise à jour en continu — une entité CLEAR aujourd’hui peut être inscrite demain.

Qu’encourt une entreprise française pour une transaction avec une entité SDN ?

La responsabilité directe à l’égard de l’OFAC vise les entités avec US nexus. Pour une entreprise française sans US nexus, les sanctions OFAC directes ne s’appliquent pas. Risques réels : blocage d’un virement en USD par la banque correspondante, résiliation d’un contrat par un partenaire étranger, refus de service par une banque (la procédure de due diligence de la banque peut conduire à la rupture de la relation) et, dans des cas extrêmes — inscription de votre entreprise sur la liste SDN via le mécanisme des sanctions secondaires. À cela s’ajoutent les sanctions françaises au titre du CMF si une violation des sanctions UE est concomitante (5 ans d’emprisonnement, 750 000 € d’amende, multipliée par cinq pour les personnes morales en application de l’art. 131-38 du Code pénal).

À quelle fréquence faut-il actualiser les données de la liste OFAC ?

L’OFAC met à jour la SDN en continu. Pour un contrôle manuel, téléchargez la version courante du fichier depuis ofac.treasury.gov le jour de chaque vérification — un fichier ancien n’est pas opposable. Pour un système de screening automatisé, assurez-vous que le fournisseur actualise les données au moins une fois par jour.1


Comment Sanqto peut aider

Vérifier manuellement la liste OFAC SDN, la liste consolidée de l’UE et, le cas échéant, d’autres listes à chaque transaction est possible mais coûteux en temps et sujet à erreurs — surtout pour la vérification des alias, des translittérations et des structures de propriété. Sanqto automatise ce processus : le logiciel télécharge les données à jour de la DG FISMA3 et de l’OFAC1, les consolide dans une base de données et fournit le résultat selon le modèle à trois états — MATCH, POSSIBLE ou CLEAR. Il fonctionne en on-premise, de sorte que les données de vos partenaires ne quittent pas l’infrastructure de votre entreprise. Le temps de réponse à une requête est inférieur à 30 ms. Le pack d’implémentation comprend la politique sanctions, le registre des hits et l’instruction de poste — documents nécessaires en cas de contrôle de la DG Trésor, de la Banque de France ou de la Douane.

Si vous opérez dans un secteur particulièrement exposé au risque OFAC — par exemple le tourisme avec une clientèle hors UE ou l’assurance avec des partenaires de pays de l’Est — consultez les pages sectorielles : Agences de voyage et OTA, Courtiers et agents d’assurance.

Pour savoir si votre entreprise est en général tenue de mettre en place un sanction screening, voir l’article mon entreprise doit-elle pratiquer le sanction screening.


Bases juridiques


Notes


Information, pas conseil juridique. Cet article a une vocation exclusivement informative et éducative. Il ne constitue pas un conseil juridique. État du droit : 23 mai 2026. Les obligations concrètes de votre entreprise dépendent de son profil d’activité et nécessitent une appréciation au cas par cas — en cas de doute, consultez un avocat spécialisé en droit des sanctions et du commerce international ou un conseil en compliance.


  1. OFAC Specially Designated Nationals and Blocked Persons List (SDN List) — U.S. Department of the Treasury, Office of Foreign Assets Control. Page officielle de la liste et du moteur Sanctions List Search : ofac.treasury.gov/specially-designated-nationals-and-blocked-persons-list-sdn-human-readable-lists. Moteur : sanctionssearch.ofac.treas.gov. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  2. EU Financial Sanctions Database (FSD), tenue par la DG FISMA, Commission européenne. Hub : finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures_en ; endpoint FSD : webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf. Statut : verified. ↩︎ ↩︎

  3. DG FISMA (direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux) — service de la Commission européenne en charge de la politique des sanctions financières et de la tenue de la Consolidated List. Source : finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures_en. Statut : verified. ↩︎ ↩︎

  4. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. Source : EUR-Lex — CELEX 32014R0269. Statut : verified. ↩︎

  5. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine. Source : DG FISMA — finance.ec.europa.eu ; EUR-Lex — CELEX 32014R0833. Statut : verified. ↩︎

  6. Un règlement UE est directement applicable dans chaque État membre et ne nécessite pas de transposition. Source : EUR-Lex — eur-lex.europa.eu/EN/legal-content/summary/regulation-eu-legal-act.html. Citation : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » Statut : verified. ↩︎

  7. Règle de propriété (ownership/control rule) — les sanctions UE visent les entités dont un destinataire détient au moins 50 % des parts ou qu’il contrôle. Source : FAQ DG FISMA — finance.ec.europa.eu. Citation : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » Statut : verified. ↩︎ ↩︎

  8. EU Sanctions Map — outil interactif de présentation des paquets et destinataires de sanctions UE. URL : sanctionsmap.eu. Statut : verified. ↩︎