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Liste de sanctions UE — guide pratique pour les entreprises

Qu'est-ce que la liste de sanctions de l'UE, qui la tient, où la trouver et comment vérifier vos partenaires commerciaux. Guide pratique pour les entreprises non financières.

Publié : Mis à jour : · Équipe Sanqto · 24 min de lecture
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Écran affichant la base EU Financial Sanctions Files — guide de la liste de sanctions de l'UE pour les entreprises
La liste consolidée des sanctions de l'UE est tenue par la Commission européenne (DG FISMA).

La liste de sanctions de l’UE — officiellement appelée liste consolidée de l’UE ou EU Consolidated List — est le répertoire officiel de toutes les personnes, entreprises et organisations soumises à des mesures restrictives de l’Union européenne. Ce n’est pas une affaire réservée aux banques ou aux grands cabinets d’avocats : les règlements de l’UE sur lesquels cette liste repose s’appliquent à toute entreprise et tout entrepreneur sur le territoire de l’UE — directement, sans transposition nationale par le Parlement français.1 Si vous exploitez une agence de voyages, louez des biens immobiliers, vendez des produits en ligne ou proposez des services d’assurance, cette liste vous concerne.

État du droit : 23 mai 2026.


TL;DR — l’essentiel en cinq points

  • Ce que c’est — la liste consolidée de l’UE (EU Consolidated List / Financial Sanctions Files) est un fichier unique qui réunit l’ensemble des régimes européens de sanctions : Russie, Biélorussie, Iran, Corée du Nord et plus de trente autres. Elle est tenue par la Commission européenne via la direction générale DG FISMA, et techniquement mise à disposition par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE).2
  • Base légale — notamment le règlement (UE) n° 269/20143 et le règlement (UE) n° 833/20144 ; les règlements de l’UE s’appliquent directement, sans transposition nationale.1
  • Où la trouver — la base Financial Sanctions Files (FSD) à l’adresse webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf (XML/CSV) ainsi que la EU Sanctions Map sur sanctionsmap.eu.56
  • À quelle fréquence elle est mise à jour — très fréquemment, en pratique après chaque paquet de sanctions ; la liste n’est pas un document figé — elle exige une surveillance continue.
  • Règle des 50 % — les sanctions ne couvrent pas seulement les sujets inscrits sur la liste, mais également les entreprises dont un destinataire de la liste détient plus de 50 % des parts ou qu’il contrôle de toute autre manière.7

Qu’est-ce que la liste consolidée de l’UE et qui la tient

La liste consolidée des sanctions de l’UE — dans son appellation officielle EU Consolidated List ou Financial Sanctions Files (FSF/FSD) — est une base de données centralisée qui rassemble en un seul endroit l’ensemble des inscriptions de tous les régimes européens de sanctions en vigueur. Chaque régime de sanctions (par ex. contre la Russie, la Biélorussie, l’Iran ou la Corée du Nord) repose sur un règlement propre dont l’annexe énumère les noms concrets des personnes et entreprises. La liste consolidée rassemble ces annexes en un seul fichier, ce qui simplifie considérablement la recherche.

La liste est tenue et publiée par la DG FISMA — la direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux, un service de la Commission européenne.2 La DG FISMA est responsable de la politique de sanctions financières de l’UE et met à jour la base consolidée après chaque entrée en vigueur d’un nouveau paquet ou modification d’inscription. Les décisions d’inscription ou de radiation des sujets sont toutefois prises par le Conseil de l’Union européenne — l’organe composé des ministres des États membres — sur la base des règlements et décisions adoptés dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

Une distinction importante : la DG FISMA est administratrice et éditrice de la liste, mais l’autorité normative est le Conseil de l’UE. Conséquence pratique : la liste consolidée est publiée par la Commission, mais son contenu découle des règlements adoptés par le Conseil — et ce sont ces règlements qui ont force contraignante, non la liste en tant que fichier téléchargeable.

Pour les entreprises françaises, la Direction générale du Trésor (DG Trésor), au sein du ministère de l’Économie et des Finances, joue le rôle d’autorité nationale de mise en œuvre : elle publie un registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel (qui reflète l’annexe I de l’UE et les désignations nationales) et fournit des orientations pratiques. La source juridiquement de référence reste cependant la FSD de la DG FISMA et EUR-Lex.


Base légale de la liste de l’UE

La liste de sanctions de l’UE n’a pas une base légale unique — elle est le résultat de nombreux règlements, chacun couvrant un régime de sanctions et un contexte géographique propres. Les deux règlements que les entreprises françaises doivent connaître en premier lieu sont :

Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine.3 Ce règlement est « centré sur les personnes » — son annexe I contient la liste de personnes physiques et d’organisations concrètes dont les avoirs sont gelés et auxquelles aucun fonds ne peut être mis à disposition. Il est mis à jour à chaque nouveau paquet de sanctions.

Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine.4 Ce règlement est « sectoriel » — il restreint les exportations, importations et services dans certaines branches, indépendamment de l’identité de la contrepartie. Les sanctions sectorielles ne reposent pas sur des listes nominatives, mais sur des codes de marchandises (HS/CN) et des catégories de services.

Pour la Biélorussie, un rôle analogue est rempli par le règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil du 18 mai 2006.8 À côté existent d’autres régimes de sanctions à l’encontre de l’Iran, de la Corée du Nord, de la Syrie, du Mali, du Myanmar et d’autres pays — chacun reposant sur un règlement propre.

Fait déterminant : les règlements de l’UE sont directement applicables dans tous les États membres dont la France, sans transposition par les parlements nationaux.1 Cela signifie que les entreprises françaises sont soumises à ces dispositions dès leur publication au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE) — sans loi française additionnelle, sans vacatio legis liée à une transposition. C’est le fondement de tout le système : le droit de l’UE agit ici plus vite et plus largement que le droit national.

En complément, au niveau national, agissent le Code monétaire et financier (CMF) — notamment ses dispositions relatives à la mise en œuvre des sanctions financières et au gel des avoirs — ainsi que la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 (DDADUE) qui a transposé en droit français la directive (UE) 2024/1226 sur la criminalisation des violations de sanctions. Ces textes ne transposent pas les règlements de l’UE — qui n’ont pas besoin de l’être —, mais établissent le cadre national d’exécution et déterminent les sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’UE. Les violations peuvent être réprimées au titre de l’article L574-3 du CMF par une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour une personne physique, et jusqu’à 3,75 millions d’euros (quintuple, au titre de l’art. 131-38 du Code pénal) pour une personne morale. La mise en œuvre et la supervision incombent à la DG Trésor, à la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) et à Tracfin (la cellule de renseignement financier française) ; les obligations déclaratives découlent du Code monétaire et financier (art. L561-1 et s., dispositif LCB-FT).

À la différence de certains autres États membres, la France ne dispose pas d’une liste nationale de sanctions autonome au sens d’une liste qui désignerait des cibles différentes de celles de l’UE : le registre national tenu par la DG Trésor reflète l’annexe I de l’UE et les rares désignations nationales prises au titre du dispositif de gel administratif (art. L562-1 et s. CMF). Les références opérationnelles sont la liste consolidée de l’UE (SEAE/DG FISMA), la liste consolidée des Nations unies et — en cas de contact avec les États-Unis — la liste OFAC SDN.


Liste consolidée vs. EU Sanctions Map — la différence

Beaucoup confondent deux outils : la liste consolidée (Financial Sanctions Files) et la EU Sanctions Map (sanctionsmap.eu). Ce sont deux produits différents pour des finalités différentes.

OutilCe que c’estÀ quoi ça sertFormat de données
EU Financial Sanctions Files (FSD)Base de données (fichier à télécharger)Vérification automatique des partenaires, intégration informatiqueXML, CSV
EU Sanctions MapCarte interactive / outil de rechercheAperçu des régimes de sanctions, formation, vérification ponctuelle manuelleInterface web

EU Financial Sanctions Files (FSD)5 — la véritable liste consolidée des sanctions de l’UE sous forme de fichier téléchargeable. Disponible à l’adresse webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf, tenue par la DG FISMA.2 Elle contient les données complètes de tous les sujets soumis aux sanctions de l’UE : noms de personnes et d’entreprises, alias, dates de naissance, numéros d’identification, bases légales des inscriptions, dates d’ajout. C’est ce fichier qui doit constituer la base du screening automatique dans votre système.

EU Sanctions Map6 — un outil de synthèse à l’adresse sanctionsmap.eu. Il permet une vue d’ensemble des régimes de sanctions applicables à chaque pays, le clic sur la carte de l’Europe et du monde, la lecture des liens entre paquets. Utile si vous voulez comprendre la structure des sanctions de l’UE ou vérifier ponctuellement une personne sans avoir à télécharger un fichier XML. Il ne remplace toutefois pas un screening systématique — ce n’est pas un outil d’intégration informatique et il ne dispose pas de correspondance approximative (fuzzy matching) avancée prenant en compte les alias et les translittérations.

La différence est donc fondamentale : la FSD est une donnée brute pour les systèmes de conformité, l’EU Sanctions Map est une interface pédagogique et de synthèse pour les humains. Si vous effectuez un sanction screening régulier, vous avez besoin de la FSD (ou d’un outil qui télécharge automatiquement la FSD). La Sanctions Map est un point d’entrée pour apprendre à propos d’un régime de sanctions concret.


Comment trouver et interroger la liste de l’UE — étape par étape

Vérifier un partenaire commercial sur la liste de sanctions de l’UE n’est pas compliqué dès lors que vous savez où chercher. Voici comment procéder en pratique.

Étape 1 : choisissez la source de données. Vous avez deux options : télécharger le fichier FSD directement depuis le serveur de la DG FISMA ou utiliser l’EU Sanctions Map. Pour une vérification ponctuelle, vous pouvez commencer par l’EU Sanctions Map6 — allez sur sanctionsmap.eu, choisissez l’option de recherche par sujet et saisissez un nom de personne ou d’entreprise. Pour un screening régulier de votre base clients, téléchargez le fichier XML ou CSV à l’adresse webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf.5

Étape 2 : téléchargez la version actuelle du fichier. Le fichier FSD est mis à jour par la DG FISMA2 après chaque modification de la liste. La date de mise à jour figure auprès du fichier. Assurez-vous de télécharger la dernière version — une liste d’il y a une semaine peut ne pas contenir les inscriptions du dernier paquet de sanctions.

Étape 3 : recherchez le nom complet. N’abrégez pas. Si vous recherchez une entreprise « Ромашка ООО », recherchez aussi bien la translittération latine (par ex. « Romashka ») que la version originale. Les listes de l’UE contiennent des entrées dans plusieurs langues et orthographes.5

Étape 4 : vérifiez les alias et anciens noms. Chaque entrée FSD contient le champ « alias » — anciens noms, translittérations, abréviations. Une personne peut être enregistrée simultanément comme « Ivanov », « Iwanow » et « Ivanoff ». Une entreprise peut avoir deux noms : un français et un russe. Vérifier manuellement plusieurs variantes est fastidieux — les outils automatiques avec fuzzy matching le font plus vite et plus précisément.

Étape 5 : vérifiez les identifiants, pas seulement les noms. Le seul prénom et nom ne suffit pas. La liste contient des dates de naissance, numéros de passeport, équivalents étrangers du SIREN dans le pays d’inscription, adresses de siège. En cas de correspondance positive ou incertaine du nom, comparez toujours au moins deux identifiants additionnels.

Étape 6 : notez la date et le résultat de la vérification. La documentation est la preuve de diligence requise. Consignez : date de vérification, version de la liste (par ex. « FSD téléchargée 2026-05-23 »), résultat (pas de correspondance / suspicion / correspondance confirmée) et nom de la personne ayant effectué la vérification. Cet enregistrement sera décisif lors d’un éventuel contrôle par la DG Trésor, la DGDDI ou Tracfin.


Comment vérifier un partenaire commercial sur la liste de l’UE

Vérifier un partenaire exige plus que de taper un nom dans un moteur de recherche. Voici les quatre éléments qui déterminent la qualité de la vérification.

Comparaison des identifiants

Chaque entrée de la liste consolidée de l’UE contient un ensemble d’identifiants destinés à établir sans équivoque l’identité du sujet : date et lieu de naissance (pour les personnes physiques), numéro de passeport ou de carte d’identité, équivalents étrangers du SIREN, adresse de siège (pour les entreprises), numéro d’enregistrement au registre national du commerce. Une bonne vérification repose sur la comparaison d’au moins deux de ces identifiants avec les données dont vous disposez sur le partenaire — le seul nom génère trop de faux positifs sur les patronymes russes ou ukrainiens courants.

Alias et translittérations

La translittération de l’écriture cyrillique en caractères latins n’est pas normalisée — la même personne peut être enregistrée d’une dizaine de manières différentes selon le pays d’émission du document. Les listes de sanctions contiennent le champ « alias », qui couvre les variantes orthographiques connues, les pseudonymes commerciaux utilisés et les anciens patronymes. La vérification manuelle de toutes les variantes est sujette à erreurs. Un bon système de screening utilise le fuzzy matching — un algorithme tolérant aux variantes orthographiques et comparant la ressemblance phonétique des noms. La manière d’analyser une entrée individuelle est présentée dans l’article sur la lecture d’une entrée d’une liste de sanctions.

Règle de propriété de plus de 50 %

Les sanctions de l’UE appliquent la règle dite Ownership Rule : un sujet est soumis aux mesures restrictives si une personne ou une entreprise figurant sur la liste de sanctions détient plus de 50 % de ses parts ou le contrôle de toute autre manière.7 Cela signifie que vous devez vérifier non seulement le partenaire lui-même, mais aussi son bénéficiaire effectif (UBO — Ultimate Beneficial Owner). Une SAS enregistrée en France peut avoir un propriétaire russe inscrit sur la liste — alors la transaction avec cette SAS est interdite, même si la société elle-même n’apparaît pas en nom propre sur la liste.

Les structures de holding et les chaînes de propriété à plusieurs niveaux via des sociétés à Chypre, Malte, aux Émirats ou dans d’autres pays tiers sont une technique standard pour dissimuler des propriétaires sanctionnés. La vérification de l’UBO va au-delà d’un simple contrôle de liste — elle exige l’accès aux registres nationaux du commerce (en France : Registre du commerce et des sociétés (RCS) tenu par les greffes des tribunaux de commerce et data.inpi.fr, ainsi que le Registre des bénéficiaires effectifs (RBE) tenu par l’INPI).

Résultat de vérification en trois états

Le screening professionnel ne fournit pas un résultat binaire oui/non. Il utilise trois états :

  • MATCH — les données du partenaire correspondent sans équivoque à une entrée de la liste (au moins deux identifiants confirmés). Il faut arrêter la transaction, geler les fonds, signaler le cas à l’autorité compétente.
  • POSSIBLE — il existe une ressemblance du nom ou de certaines données, mais les identifiants ne confirment pas la correspondance. Vérification manuelle et décision documentée requises.
  • CLEAR — aucune correspondance. La transaction peut être poursuivie, le résultat de la vérification doit être enregistré dans le registre.

À quelle fréquence la liste est-elle mise à jour

La liste consolidée de l’UE n’est pas un document statique publié une fois par an. Elle est mise à jour par la DG FISMA2 chaque fois que le Conseil de l’UE adopte un nouveau règlement ou introduit une modification dans un paquet existant — et cela arrive régulièrement. À côté des paquets complets de sanctions, il existe des décisions ponctuelles ajoutant ou retirant des entrées individuelles.

La conséquence pratique pour votre entreprise est simple : télécharger la liste une fois et l’utiliser pendant plusieurs mois est une erreur de conformité. La liste doit être mise à jour régulièrement — au minimum chaque semaine, plus fréquemment en cas de forte volumétrie de partenaires ou de risque sectoriel élevé. Tout aussi importante est la re-vérification des partenaires existants après chaque mise à jour de liste : une personne CLEAR la semaine dernière peut être sur la liste aujourd’hui. Nous approfondissons ce sujet dans l’article sur les mises à jour des listes de sanctions.

Pour les entreprises qui veulent automatiser ce processus, la DG FISMA met la FSD à disposition aux formats XML et CSV.5 Le téléchargement et le traitement du fichier peuvent être automatisés — il n’est pas nécessaire d’effectuer une vérification manuelle à chaque opération.


Liste de l’UE et autres listes de sanctions — la France dans le contexte international

La liste consolidée de l’UE n’est pas la seule liste qu’une entreprise française devrait prendre en compte. Plusieurs autres répertoires d’étendue et de force contraignante différentes s’appliquent en parallèle.

La France ne dispose pas d’une liste nationale de sanctions autonome au sens d’une liste qui désignerait des cibles différentes de celles décidées au niveau de l’UE. Contrairement à la Pologne avec sa liste du MSWiA ou au Royaume-Uni avec la liste OFSI, l’application des sanctions en France repose entièrement sur le droit européen des sanctions et les règlements directement applicables. Le registre national tenu par la DG Trésor reflète l’annexe I de l’UE ainsi que les rares désignations nationales prises au titre du dispositif de gel administratif (art. L562-1 et s. CMF). Les références opérationnelles sont la liste consolidée de l’UE (SEAE/DG FISMA), la liste consolidée des Nations unies et — en cas de contact avec les États-Unis — la liste OFAC SDN.

Liste de sanctions de l’ONU (UN Security Council Consolidated List)9 — tenue par les comités des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, disponible à l’adresse un.org/securitycouncil/content/un-sc-consolidated-list. Élément déterminant pour une entreprise française : les sanctions de l’ONU pénètrent dans l’ordre juridique français via les règlements de l’UE — l’UE met en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité par ses propres actes juridiques.1 Si vous vérifiez la liste consolidée de l’UE, vous vérifiez indirectement aussi la liste de l’ONU. Une vérification autonome de la liste de l’ONU prend surtout sens dans le cas de contrats avec des partenaires hors UE.

Liste OFAC SDN (États-Unis)10 — tenue par le U.S. Office of Foreign Assets Control, disponible à l’adresse ofac.treasury.gov. Formellement, elle oblige les « U.S. persons » — personnes et entités ayant un lien avec les États-Unis. Indirectement, elle concerne une entreprise française si elle effectue des transactions en dollars américains (le clearing USD passe par des banques américaines), si elle a des partenaires ou des UBO aux États-Unis, si elle exporte des produits comportant des composants d’origine américaine ou si elle exploite une filiale aux États-Unis.

Liste OFSI (UK)11 — tenue par l’Office of Financial Sanctions Implementation du HM Treasury, disponible à l’adresse gov.uk/government/publications/financial-sanctions-consolidated-list-of-targets. Pertinente si votre entreprise a un point de contact avec le Royaume-Uni — succursale, clients britanniques, paiements en livres ou contrats soumis au droit anglais comportant une clause de sanctions.

Une comparaison complète des principales listes — UE, ONU, OFAC et UK OFSI — est disponible dans l’article Listes de sanctions UE, ONU, OFAC et UK — guide. La question de savoir si votre entreprise est soumise à l’obligation de sanction screening est traitée dans l’article mon entreprise doit-elle pratiquer le sanction screening.


FAQ — questions fréquemment posées

Qu’est-ce que l’EU Consolidated List exactement ?

Une base de données consolidée contenant les entrées de tous les régimes européens de sanctions en vigueur. Elle est tenue par la DG FISMA — direction générale de la Commission européenne — et publiée aux formats XML et CSV à l’adresse webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf.5 Elle remplace la nécessité de parcourir chaque règlement individuellement avec ses annexes — toutes les entrées se trouvent au même endroit.

La liste de sanctions de l’UE s’applique-t-elle à mon entreprise même si je ne suis pas une banque ?

Oui. Les règlements de l’UE qui fondent la liste de sanctions sont des actes juridiques directement applicables dans chaque État membre — sans exception pour le secteur, la branche ou la taille de l’entreprise.1 Les banques et établissements financiers ont des obligations supplémentaires découlant du dispositif LCB-FT (Code monétaire et financier), mais cela ne signifie pas que les autres entreprises sont dispensées de respecter les règlements de sanctions. Une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende (art. L574-3 CMF) pour une personne physique, et l’amende quintuplée (au titre de l’art. 131-38 du Code pénal) pour une personne morale, menacent tout sujet de droit qui violerait les obligations issues des mesures restrictives de l’UE.

Quelle est la différence entre EU Consolidated List et EU Sanctions Map ?

L’EU Consolidated List (FSD) est un fichier de données — une base à télécharger et à intégrer aux systèmes informatiques.5 L’EU Sanctions Map6 est une interface synthétique interactive, utile pour la formation et la vérification ponctuelle. Pour un screening régulier des partenaires, vous avez besoin de la FSD, pas de la Sanctions Map.

À quelle fréquence dois-je mettre à jour la liste de sanctions de l’UE ?

Au minimum chaque semaine. La liste est mise à jour par la DG FISMA2 après chaque modification — paquet de sanctions ou inscription ponctuelle — et les modifications interviennent régulièrement. Un partenaire existant qui était propre la semaine dernière peut être sur la liste aujourd’hui. Le téléchargement automatique du fichier FSD à jour élimine le risque d’opérer sur des données obsolètes.

Qu’est-ce que la règle des 50 % et comment l’appliquer ?

La règle de propriété (Ownership Rule) signifie que les sanctions de l’UE saisissent automatiquement les sujets dont une personne ou une entreprise figurant sur la liste de sanctions détient plus de 50 % des parts ou le contrôle.7 En pratique : si votre partenaire a un actionnaire russe inscrit sur la liste qui possède 60 % des actions, cette société tombe également sous les sanctions — même si elle n’est pas inscrite en nom propre sur la liste. La vérification du bénéficiaire effectif (UBO) est indispensable. Les informations sur les structures UBO sont fournies en France notamment par le Registre des bénéficiaires effectifs (RBE) tenu par l’INPI.

La France a-t-elle une liste nationale de sanctions ?

Non, pas au sens d’une liste autonome qui désignerait des cibles différentes de celles de l’UE. À la différence de la Pologne avec sa liste du MSWiA ou du Royaume-Uni avec la liste OFSI, l’application des sanctions en France repose sur le droit européen. Les références opérationnelles sont la liste consolidée de l’UE, la liste consolidée des Nations unies et — en cas de contact avec les États-Unis — la liste OFAC SDN. La supervision est partagée entre la DG Trésor (gel des avoirs et politique des sanctions financières), la DGDDI (importations, exportations, contrôle douanier) et Tracfin (cellule de renseignement financier, traitement des déclarations de soupçon).


Que faire concrètement — checklist

  1. Constatez que l’obligation concerne votre entreprise. Si vous exercez sur le territoire de l’UE, vous êtes soumis aux règlements de sanctions.1 Il n’y a pas d’exception pour les PME, les entrepreneurs individuels ou certaines branches hors du secteur financier.

  2. Téléchargez la liste consolidée de l’UE à jour. Allez sur webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf et téléchargez le fichier XML ou CSV.5 Vérifiez la date du fichier — seule la dernière version en date fait foi.

  3. Tenez compte de la liste consolidée des Nations unies. Mise en œuvre via l’UE ; en cas de contrats globaux, vérifiez également un.org/securitycouncil/content/un-sc-consolidated-list.9

  4. Vérifiez chaque nouveau partenaire avant la première transaction. Recherchez par nom complet ainsi que par alias. Comparez deux identifiants — date de naissance, numéro de passeport ou SIREN. Notez le résultat et la date.

  5. Vérifiez le bénéficiaire effectif (UBO) du partenaire. Si la société a des actionnaires venant de pays à haut risque (Russie, Biélorussie, Iran, Corée du Nord), examinez la structure de propriété. La règle des 50 % signifie que vous ne pouvez pas non plus contracter avec un partenaire indirectement lié à des sanctions.7 Utilisez à cette fin le RCS, data.inpi.fr et le RBE.

  6. Fixez un cycle de mise à jour. Téléchargez au moins chaque semaine une nouvelle version FSD. En cas de base clients importante, plus fréquemment. À chaque mise à jour, re-vérifiez les clients existants.

  7. Tenez un registre de vérification. Pour chaque vérification, consignez : date, version de liste, données du partenaire, résultat (CLEAR / POSSIBLE / MATCH), nom de la personne responsable. Le registre des correspondances est votre preuve de diligence lors d’un contrôle par la DG Trésor, la DGDDI ou Tracfin.

  8. Élaborez une procédure de gestion des correspondances. Avant de rencontrer un MATCH, définissez : qui décide, à quel moment vous gelez les fonds, à qui vous déclarez (DG Trésor pour le gel, Tracfin pour les déclarations de soupçon LCB-FT, DGDDI en cas d’exportation). La procédure doit exister par écrit à l’avance — et non être improvisée pendant l’incident.


Comment Sanqto peut aider

Télécharger et parcourir manuellement la liste de l’UE, la liste de l’ONU et éventuellement la liste OFAC à chaque transaction est chronophage et source d’erreurs — surtout avec des bases de partenaires de centaines ou de milliers de sujets. Sanqto automatise l’ensemble de ce processus : le logiciel s’exécute on-premise, dans l’infrastructure de votre entreprise, de sorte que les données clients ne quittent jamais votre réseau. Les résultats de vérification sont restitués selon le modèle à trois états MATCH / POSSIBLE / CLEAR. Les listes sont mises à jour automatiquement — y compris la liste consolidée de l’UE de la DG FISMA2 et la liste consolidée des Nations unies.9 Le pack d’implémentation comprend des documents de conformité prêts à l’emploi : politique de sanctions, registre des correspondances, instruction de poste et modèles de courriers — exactement ce dont vous avez besoin lors d’un contrôle.

Si vous opérez dans des secteurs où l’obligation de sanction screening est le plus souvent négligée, consultez les pages sectorielles : Agences de voyages et OTA ou Assurances. Pour une vue d’ensemble de ce qu’est une liste de sanctions et comment l’ensemble du système fonctionne, voyez l’article Qu’est-ce qu’une liste de sanctions et pourquoi concerne-t-elle votre entreprise.


Bases légales

  • Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — CELEX 32014R0269
  • Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — CELEX 32014R0833
  • Règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil du 18 mai 2006 concernant des mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie — CELEX 32006R0765
  • Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions applicables à la violation des mesures restrictives de l’Union — CELEX 32024L1226
  • Code monétaire et financier (CMF) — art. L562-1 et s. (gel des avoirs), L574-3 (sanctions pénales)
  • Loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne (DDADUE)
  • Code monétaire et financier — dispositif LCB-FT (art. L561-1 et s.)
  • EU Financial Sanctions Database (FSD) — DG FISMA, Commission européenne — webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf
  • EU Sanctions Map — sanctionsmap.eu
  • UN Security Council Consolidated List — un.org/securitycouncil/content/un-sc-consolidated-list
  • OFAC Specially Designated Nationals and Blocked Persons List (SDN) — ofac.treasury.gov
  • UK OFSI Consolidated List of Financial Sanctions Targets — gov.uk/government/publications/financial-sanctions-consolidated-list-of-targets
  • DG Trésor — Sanctions économiques et financières — tresor.economie.gouv.fr
  • Tracfin — cellule de renseignement financier — economie.gouv.fr/tracfin

Notes de bas de page


Information, et non conseil juridique. Cet article est fourni exclusivement à des fins d’information et d’éducation. Il ne constitue pas un conseil juridique. État du droit : 23 mai 2026. Les obligations concrètes de votre entreprise dépendent de son profil d’activité et exigent une appréciation au cas par cas — en cas de doute, consultez un avocat en droit du commerce international ou un conseil en conformité.


  1. Un règlement de l’UE est directement applicable dans chaque État membre et n’a pas besoin d’être transposé. Source : EUR-Lex — eur-lex.europa.eu/EN/legal-content/summary/regulation-eu-legal-act.html. Citation : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  2. DG FISMA (direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux) — service de la Commission européenne, en charge de la politique de sanctions financières de l’UE et de la tenue de la Consolidated List. Source : finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures_en. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  3. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. Source : EUR-Lex — CELEX 32014R0269. Statut : verified. ↩︎ ↩︎

  4. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine. Source : DG FISMA — finance.ec.europa.eu ; EUR-Lex — CELEX 32014R0833. Statut : verified. ↩︎ ↩︎

  5. EU Financial Sanctions Database (FSD), tenue par la DG FISMA, Commission européenne. Hub : finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures_en ; endpoint FSD : webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  6. EU Sanctions Map — outil interactif de présentation des paquets et des cibles de sanctions de l’UE. URL : sanctionsmap.eu. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  7. Règle de propriété (ownership/control rule) — les sanctions de l’UE saisissent les sujets dont un destinataire de liste détient au moins 50 % des parts ou qu’il contrôle. Source : DG FISMA FAQ — finance.ec.europa.eu. Citation : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  8. Règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil du 18 mai 2006 concernant des mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie. EUR-Lex — CELEX 32006R0765. Statut : verified. ↩︎

  9. UN Security Council Consolidated List — liste des personnes et organisations soumises aux mesures du Conseil de sécurité des Nations unies, administrée par les comités des sanctions. URL : un.org/securitycouncil/content/un-sc-consolidated-list. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎

  10. OFAC Specially Designated Nationals and Blocked Persons List (SDN List) — U.S. Department of the Treasury. URL : ofac.treasury.gov/specially-designated-nationals-and-blocked-persons-list-sdn-human-readable-lists. Statut : verified. ↩︎

  11. UK OFSI Consolidated List of Financial Sanctions Targets — HM Treasury. URL : gov.uk/government/publications/financial-sanctions-consolidated-list-of-targets. Statut : verified. ↩︎