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Politique de sanctions de l'entreprise — ce qu'elle doit contenir et comment la mettre en place

La politique de sanctions est un document de conformité clé. Découvrez quels éléments elle doit contenir, quels autres documents sont requis et comment bâtir une documentation complète.

Publié : · Équipe Sanqto · 21 min de lecture
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Personne à son bureau examinant les documents de la politique de sanctions de l'entreprise — conformité et vérification des contreparties au regard des listes de sanctions de l'UE

Si votre entreprise pratique le sanction screening — ou vient tout juste de commencer à le mettre en place — une question finit toujours par se poser : que faut-il concrètement coucher sur le papier ? La politique de sanctions est un document interne qui décrit les règles de vérification des contreparties au regard des listes de sanctions de l’UE et de l’ONU, ainsi que du registre national des gels tenu par la DG Trésor1. Ce n’est pas une formalité académique — c’est votre principale preuve de diligence raisonnable en cas de contrôle de la DG Trésor ou de la Douane (DGDDI)2. Cet article explique ce qu’une telle politique doit contenir, quels autres documents sont nécessaires, qui doit l’approuver et comment l’actualiser.

État du droit : 2026-05-20.


TL;DR — l’essentiel en cinq points

  • La politique de sanctions est un document interne de l’entreprise qui décrit : qui vous vérifiez, quand, sur quelles listes et ce que vous faites lorsqu’une correspondance apparaît. Sans elle, même un screening correctement réalisé est difficile à démontrer face à une autorité de contrôle.
  • L’obligation de vérification découle directement des règlements de l’UE n° 269/20143 et 833/20144, directement applicables dans chaque État membre sans transposition5 — et, en France, du Code monétaire et financier (CMF, art. L574-3) et du Code pénal6.
  • Une documentation complète comprend quatre éléments : la politique de sanctions, l’instruction de poste, le registre des correspondances et l’évaluation des risques de sanctions. Un cinquième — les modèles de courriers — est utile dans les échanges avec les autorités.
  • L’approbation doit intervenir au niveau de la direction ou du propriétaire de l’entreprise. La personne responsable de la conformité doit être désignée par écrit.
  • L’actualisation doit être obligatoire au moins une fois par an et à chaque modification importante de la réglementation ou du périmètre d’activité de l’entreprise.

Qu’est-ce qu’une politique de sanctions et pourquoi en avoir une

La politique de sanctions est un document interne qui décrit comment votre entreprise remplit l’obligation découlant des dispositions européennes et nationales relatives aux mesures restrictives. Ce n’est pas un document destiné aux autorités — il est établi pour l’usage propre de l’entreprise et de ses collaborateurs. Mais si un contrôle de la DG Trésor ou de la Douane survient, c’est le premier document que l’inspecteur demandera2.

Il est utile de comprendre d’où vient cette obligation. Le règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 20143 et le règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 20144 interdisent de conclure des transactions avec des personnes et entités inscrites sur les listes de sanctions. Les règlements de l’UE sont directement applicables — ils s’imposent à toute entreprise opérant sur le territoire de l’Union européenne sans aucune décision nationale supplémentaire5. En France, le Code monétaire et financier (CMF) et le Code pénal complètent ces dispositions par des mécanismes nationaux d’exécution et des sanctions ; sur le fondement de l’article L574-3 du CMF, la violation des mesures restrictives de l’UE est punie de 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour les personnes physiques, montant multiplié par cinq pour les personnes morales (art. 131-38 du Code pénal), soit jusqu’à 3 750 000 €2.

Si vous ne savez pas encore si votre entreprise est concernée par cette obligation — lisez d’abord l’article votre entreprise doit-elle pratiquer le sanction screening, qui explique qui est visé par la réglementation et d’où vient l’obligation.

La politique de sanctions remplit elle-même deux fonctions. La première est opérationnelle : les collaborateurs savent ce qu’ils doivent faire, qui vérifier et comment réagir face à une correspondance. La seconde est probatoire : en cas de procédure, vous pouvez démontrer que l’entreprise a agi conformément à des procédures établies, et n’a pas laissé la conformité au hasard. En pratique, une conformité sans documentation est une conformité que l’on ne peut pas prouver.


Ce que doit contenir une politique de sanctions

Il n’existe pas de modèle officiel de politique de sanctions imposé par le droit français aux entreprises hors secteur financier. Cela signifie que vous disposez d’une certaine liberté de forme — mais le contenu doit couvrir quelques domaines clés.

Champ d’application personnel et matériel

La politique doit définir précisément qui fait l’objet de la vérification. Au minimum : les clients avant l’établissement d’une relation commerciale, les contreparties et fournisseurs, les intermédiaires et agents commerciaux. Si vous exercez une activité transfrontalière ou avez affaire à des bénéficiaires effectifs (UBO), il convient d’intégrer la vérification de toute la chaîne de propriété — car les sanctions de l’UE englobent les entités dont une personne inscrite détient plus de 50 % des parts ou exerce un contrôle7.

Le champ matériel précise quelles transactions sont concernées par le screening : vente de biens, prestation de services, conclusion de baux, versement de fonds. Plus vous le décrivez précisément, moins il reste de place pour le doute opérationnel.

Listes de sanctions couvertes par la vérification

Citez nommément les listes que votre entreprise vérifie. Le minimum pour toute entreprise française est la liste consolidée de l’UE tenue par la Commission européenne (DG FISMA)8, ainsi que le registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel, publié par la DG Trésor — il n’existe pas en France de liste de sanctions nationale autonome, ce registre reflétant les mesures de l’UE et les mesures nationales prononcées par arrêté1. Si vous commercez avec des partenaires hors UE ou réglez des transactions en dollars, envisagez d’ajouter la liste de l’ONU9 et la liste OFAC (Specially Designated Nationals)10. Les entreprises exposées au Royaume-Uni devraient intégrer la UK OFSI Consolidated List11.

Il est utile d’indiquer dans la politique d’où vous extrayez les listes et comment vous vous assurez d’utiliser la version la plus récente. Les listes sont mises à jour en continu, sans calendrier fixe — la liste consolidée de l’UE est modifiée par la DG FISMA à chaque adoption d’un nouveau paquet de sanctions ou modification ponctuelle d’une inscription8.

Rôles et responsabilités

Qui, dans l’entreprise, est responsable de la conformité aux sanctions ? La politique doit désigner un rôle précis (ou une personne nommément, si l’entreprise est petite) : qui valide les résultats de vérification, qui décide en cas de correspondance POSSIBLE, à qui le résultat MATCH est escaladé. L’absence de répartition claire des responsabilités est l’un des problèmes les plus fréquents lors d’un contrôle.

Dans une petite entreprise, il peut s’agir d’une seule personne — le dirigeant ou un collaborateur désigné. Dans une organisation plus importante, il est utile d’instaurer une structure à deux niveaux : un collaborateur opérationnel effectue la vérification, une personne désignée par la direction valide les cas douteux. Quelle que soit la structure, la désignation doit être documentée par écrit.

Procédure de vérification — étape par étape

C’est le cœur du document. Décrivez comment se déroule la vérification d’une contrepartie : quels outils ou systèmes vous utilisez, quelles données de la contrepartie vous saisissez (nom et prénom ou raison sociale, date de naissance ou numéro SIREN/SIRET, pays du siège), comment vous interprétez les résultats et comment vous documentez chaque étape. Si vous utilisez un système informatique de screening, décrivez-le nommément et indiquez qui est responsable de sa mise à jour.

Il est utile de définir clairement les moments de vérification obligatoire : avant chaque nouvelle relation commerciale (avant la signature d’un contrat ou la réalisation de la première transaction), et pour les contreparties récurrentes — après chaque mise à jour des listes ou selon un cycle établi (par exemple trimestriel). Pour en savoir plus sur la manière de réaliser une vérification en pratique, voir l’article vérification d’une contrepartie au regard des sanctions.

Conduite à tenir en cas de correspondance

C’est une section souvent négligée — et pourtant essentielle. La politique doit décrire les trois scénarios de résultat du screening :

  • CLEAR — aucune correspondance, la transaction peut se poursuivre, le résultat est consigné.
  • POSSIBLE — résultat ambigu, nécessitant des vérifications complémentaires (comparaison de la date de naissance, du numéro de document, du pays) et une décision de la personne désignée par la direction. La décision et sa motivation sont documentées.
  • MATCH — correspondance certaine ; la transaction est bloquée, les fonds de la contrepartie (s’ils sont à la disposition de l’entreprise) sont gelés et la correspondance est signalée à l’autorité compétente — la DG Trésor ou la Douane (DGDDI)2.

Décrivez également ce qu’il advient des relations commerciales déjà en cours lorsqu’une contrepartie apparaît sur une liste pendant la durée d’un contrat.

Fréquence de vérification et actualisation de la politique

Précisez à quelle fréquence vous vérifiez les contreparties récurrentes (par exemple trimestriellement ou à chaque mise à jour importante des listes). Précisez aussi le calendrier de révision de la politique elle-même : au moins une fois par an et à chaque modification importante de la réglementation ou changement significatif du profil d’activité de l’entreprise.

Formations

Indiquez qui suit une formation à la conformité aux sanctions, et quand. Au minimum : la personne désignée pour réaliser le screening. Pour les entreprises plus exposées au risque — tous les collaborateurs en contact avec les clients et les contreparties. Une formation documentée est un élément probatoire supplémentaire de diligence raisonnable.


Les autres documents : instruction de poste, registre des correspondances, évaluation des risques, modèles de courriers

La politique de sanctions est un document stratégique — elle décrit les règles. Pour le travail quotidien, vous avez besoin de quelques documents opérationnels supplémentaires.

L’instruction de poste

C’est un document rédigé à l’intention du collaborateur qui réalise physiquement la vérification. Là où la politique décrit le « quoi » et le « pourquoi », l’instruction de poste dit le « comment » — étape par étape. Elle doit contenir : où se connecter au système ou au site, que saisir dans le champ de recherche, comment lire le résultat, que faire de chacun des trois résultats possibles, à qui et avec quelle rapidité signaler un résultat MATCH ou POSSIBLE. Une bonne instruction de poste doit être compréhensible par une personne qui n’a jamais été confrontée à la conformité aux sanctions.

Le registre des correspondances

Le registre des correspondances est un journal courant de toutes les vérifications effectuées. Chaque entrée doit comporter au moins : la date de la vérification, les données identifiant la contrepartie (nom et prénom ou raison sociale, pays), la ou les listes vérifiées, le résultat de la vérification (CLEAR / POSSIBLE / MATCH), le nom de la personne ayant réalisé la vérification et — pour les résultats POSSIBLE et MATCH — la description des actions entreprises et la décision finale. Pour un résultat POSSIBLE, il est utile d’ajouter la justification de la décision de poursuivre ou de bloquer la transaction.

Le registre des correspondances est le document probatoire le plus important en cas de contrôle. Il montre que le screening a réellement été effectué — et pas seulement décrit dans la politique. Le CMF n’impose pas expressément la tenue d’un tel registre aux entreprises hors secteur financier6, mais son absence en cas de procédure peut sérieusement affaiblir l’argument de diligence raisonnable.

L’évaluation des risques de sanctions

L’évaluation des risques est un document décrivant le risque de violation du régime de sanctions lié au profil de votre activité. Elle doit prendre en compte : le secteur et le type de clients (clients particuliers ou entreprises), la géographie des transactions (servez-vous des clients de zones à risque accru), le type de produits ou services proposés (s’agit-il de produits visés par les interdictions d’exportation du règlement 833/20144). Le résultat de l’évaluation des risques détermine le degré de rigueur de la procédure de vérification — une entreprise dont les clients sont exclusivement locaux, dans un secteur à faible risque, peut adopter un mode simplifié, tandis qu’une entreprise important des biens de régions à haut risque devrait appliquer un screening complet à chaque transaction.

Pour les entreprises qui sont des entités assujetties au sens des articles L561-1 et suivants du CMF (LCB-FT)12, l’évaluation des risques est un élément obligatoire découlant directement de ces dispositions. Pour les autres entreprises, l’évaluation des risques est une bonne pratique qui renforce leur position en cas de procédure.

Les modèles de courriers

Les modèles de courriers sont utiles dans deux situations. La première est le signalement d’une correspondance à l’autorité — la DG Trésor ou la Douane (DGDDI) — lorsque vous confirmez qu’une contrepartie figure sur une liste de sanctions21. La seconde est la correspondance avec une contrepartie ou un client lorsqu’une transaction est bloquée. Des modèles de courriers prêts à l’emploi permettent d’agir rapidement et correctement dans une situation où la pression du temps est forte et les conséquences d’une erreur — graves.


Qui approuve et comment actualiser la documentation

L’approbation

La politique de sanctions doit être approuvée par la personne ou l’organe habilité à engager l’entreprise : le dirigeant, le président, ou — pour les organisations plus importantes — par décision de l’organe de direction. L’approbation doit être documentée par une date et une signature. En cas de contrôle, cela prouve que la conformité n’était pas l’initiative d’un seul collaborateur, mais une décision de gestion consciente.

Parallèlement, il est utile de désigner par écrit la personne responsable de l’application courante de la politique — nommément, en précisant l’étendue de ses pouvoirs et de ses obligations. Si cette personne change (départ d’un collaborateur, réorganisation), l’actualisation de la désignation doit intervenir sans délai et être documentée.

L’actualisation

La politique de sanctions doit être révisée et actualisée dans trois situations. D’abord, de manière cyclique — au moins une fois par an, avec la date et la signature de la personne qui l’approuve. Ensuite, après chaque modification importante de la réglementation — comme l’adoption d’un nouveau paquet de sanctions de l’UE, une évolution du Code monétaire et financier ou du Code pénal, ou l’entrée en vigueur des dispositions nationales transposant la directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la criminalisation des violations de sanctions (transposition en cours en France via le projet de loi n° 2544)13. Enfin, lorsque le profil d’activité de l’entreprise change : entrée sur un nouveau marché géographique, nouvelle catégorie de clients, nouveau type de produits ou de services.

Il est utile d’archiver chaque version de la politique avec sa date — pas seulement la version courante, mais aussi les précédentes. En cas de contrôle portant sur des faits passés, vous pourrez démontrer quelle version de la politique était en vigueur à un moment donné.


La documentation comme preuve de diligence raisonnable en cas de contrôle

Sur le fondement de l’article L574-3 du CMF, la violation des mesures restrictives de l’UE — versement de fonds à une personne désignée ou non-respect d’une mesure de gel — est punie de 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour les personnes physiques ; pour les personnes morales, l’amende est multipliée par cinq (art. 131-38 du Code pénal), soit jusqu’à 3 750 000 €, assortie de peines complémentaires possibles (confiscation, exclusion des marchés publics)2. Il ne s’agit pas de la vérification elle-même — il s’agit de ce que vous avez fait, ou n’avez pas fait, lorsqu’une contrepartie s’est révélée figurer sur une liste.

En pratique, les autorités de contrôle évaluent non seulement si une violation est survenue, mais aussi comment l’entreprise a agi : disposait-elle de procédures, étaient-elles appliquées, la documentation laisse-t-elle une trace des décisions prises. Une documentation de conformité complète — politique, registre des correspondances, instruction de poste — permet de montrer que vous avez agi de bonne foi et avec la diligence requise. Ce n’est pas une garantie d’échapper à la sanction, mais un élément important que les autorités prennent en compte dans l’appréciation de l’affaire.

Il faut aussi garder à l’esprit la responsabilité pénale. La directive (UE) 2024/1226 du 24 avril 2024 a imposé aux États de l’UE de criminaliser les violations de sanctions, son délai de transposition ayant expiré le 20 mai 202513. La France n’a pas encore procédé à cette transposition (mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025, transposition en cours via le projet de loi n° 2544) ; les violations sont toutefois déjà réprimées par l’art. L574-3 du CMF et l’art. 131-38 du Code pénal6. Le tableau complet des conséquences possibles — y compris la responsabilité personnelle du dirigeant et de la direction — est présenté dans l’article sanctions pénales en cas de violation des sanctions.

La documentation de conformité est aussi de plus en plus souvent exigée par les partenaires commerciaux. Les entreprises d’Europe occidentale — en particulier d’Allemagne, des Pays-Bas et de Scandinavie — demandent de plus en plus à leurs fournisseurs et sous-traitants la confirmation de la mise en place de procédures de sanctions. L’absence de documentation peut coûter un contrat, même si aucune violation de sanctions n’est jamais survenue.


Par où commencer — checklist de mise en place de la documentation de sanctions

Voici un plan d’action pratique pour une entreprise qui commence à bâtir sa documentation de conformité de zéro. L’ordre a son importance — commencez par les fondations avant de passer aux détails.

  1. Confirmez que l’obligation vous concerne. Parcourez l’article votre entreprise doit-elle pratiquer le sanction screening et assurez-vous de comprendre d’où vient l’obligation pour votre secteur.
  2. Désignez par écrit une personne responsable. Décision de la direction, mandat écrit ou au moins un e-mail validant le périmètre des missions — n’importe quoi qui puisse être présenté lors d’un contrôle.
  3. Établissez une évaluation des risques de sanctions. Évaluez quelles transactions et quels clients composent votre portefeuille, d’où vient le risque et quelle est son ampleur. Une à deux pages suffisent pour commencer.
  4. Rédigez la politique de sanctions. Couvrez les six domaines décrits dans la section ci-dessus : champ d’application, listes, rôles, procédure, conduite en cas de correspondance, formations. Elle n’a pas besoin d’être longue — cinq à huit pages constituent un minimum raisonnable.
  5. Préparez l’instruction de poste. Imprimez-la ou mettez-la à disposition de la personne qui réalise la vérification sur son poste de travail.
  6. Lancez le registre des correspondances. Ce peut être un tableur, une base de données ou un module du système de screening. L’essentiel est que chaque vérification soit consignée.
  7. Organisez la première formation. Parcourez avec la personne désignée la politique, l’instruction et le registre. Notez la date et les participants.
  8. Faites approuver le pack documentaire par la signature de la direction. Date et signature sur la page de titre de la politique et de l’évaluation des risques.
  9. Programmez un rappel pour la révision annuelle. Voire plus tôt — si votre secteur est exposé à des évolutions fréquentes en matière de sanctions.
  10. Conservez tout pendant au moins cinq ans. En cas de procédure, les autorités peuvent réclamer la documentation des années antérieures.

Si vous exploitez une agence de voyage, une agence immobilière ou êtes courtier d’assurance, consultez aussi les articles sectoriels : sanction screening pour les agences de voyage et le tourisme, pour les agences immobilières et pour l’assurance.


Comment Sanqto peut aider

Sanqto propose un pack de documents de mise en place prêt à l’emploi — politique de sanctions, instruction de poste, registre des correspondances, évaluation des risques et modèles de courriers — conçu pour les entreprises hors secteur financier. Au-delà des documents, le logiciel de sanction screening de Sanqto fonctionne en mode on-premise : les données de vos contreparties ne quittent pas l’infrastructure de l’entreprise, et les résultats de vérification — MATCH, POSSIBLE ou CLEAR — sont automatiquement consignés, créant une piste d’audit prête à l’emploi. Pour voir comment cela fonctionne en pratique pour votre secteur, consultez les pages : tourisme et agences de voyage, immobilier, assurance.


Foire aux questions (FAQ)

La politique de sanctions est-elle obligatoire pour toute entreprise ?

La réglementation n’impose pas expressément aux entreprises hors secteur financier de détenir un document formel intitulé « politique de sanctions ». Ce qui est obligatoire, en revanche, c’est le respect des interdictions découlant des règlements de l’UE n° 269/20143 et 833/20144 ainsi que des dispositions nationales (CMF art. L574-3, Code pénal art. 131-38)6. La politique de sanctions est l’instrument qui permet de démontrer que l’entreprise remplit ces obligations — et elle est largement reconnue comme un élément de diligence raisonnable.

Quelle longueur doit avoir une politique de sanctions ?

Il n’y a ni volume minimal ni maximal. Pour une petite entreprise au profil d’activité simple, cinq à huit pages suffisent. Pour une entreprise opérant dans plusieurs pays, avec un large portefeuille de clients ou des produits visés par des interdictions d’exportation, le document peut être bien plus long. C’est la complétude du contenu qui compte, pas le volume.

Faut-il qu’un avocat rédige la politique de sanctions ?

Non. La politique peut être rédigée par le dirigeant, la personne responsable de la conformité ou — à partir d’un modèle prêt à l’emploi — par toute personne qui comprend le profil d’activité de l’entreprise. Il est recommandé qu’une personne disposant de connaissances juridiques ou en conformité relise le document avant son approbation, mais ce n’est pas une condition formelle.

À quelle fréquence faut-il actualiser le registre des correspondances ?

Après chaque vérification — aussi bien lorsque le résultat est CLEAR que pour POSSIBLE ou MATCH. Un registre qui ne contient que les correspondances n’est pas un registre de screening — c’est seulement un registre d’incidents. Les autorités de contrôle attendent la documentation de tout le processus de vérification, pas seulement des exceptions.

Que faire lorsqu’une contrepartie avec laquelle nous travaillons déjà apparaît sur une liste ?

Il faut immédiatement suspendre tout paiement et toute livraison en sa faveur, geler les fonds de la contrepartie à la disposition de l’entreprise (par exemple un acompte) et signaler la correspondance à l’autorité compétente — la DG Trésor ou la Douane (DGDDI)21. Poursuivre la transaction après avoir constaté une correspondance constitue une violation de l’interdiction du règlement de l’UE, indépendamment de l’existence antérieure d’un contrat. Vous trouverez des informations détaillées sur les conséquences juridiques d’une violation dans l’article sanctions pénales en cas de violation des sanctions.

Faut-il conserver le registre des correspondances ? Combien de temps ?

Le droit français ne fixe pas expressément de durée de conservation de la documentation de sanctions pour les entreprises hors secteur financier. En pratique, il est recommandé d’appliquer une règle analogue aux durées de conservation prévues par le CMF en matière de LCB-FT — au moins cinq ans — compte tenu des délais possibles de prescription des procédures administratives et pénales.


Base juridique


Notes


Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 20 mai 2026.


  1. Il n’existe pas en France de liste nationale autonome de sanctions financières — les mesures applicables proviennent des règlements UE et le Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel, publié par la DG Trésor, reflète ces mesures. — tresor.economie.gouv.fr. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  2. Art. L574-3 du CMF (5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des règlements de sanctions de l’UE) combiné à l’art. 131-38 du Code pénal (amende ×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €) ; mise en œuvre par la DG Trésor et la DGDDI (Douane). — Code monétaire et financier — art. L574-3, art. 131-38 Code pénal, état au 23.05.2026. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  3. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. Source : EUR-Lex — CELEX 32014R0269. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎

  4. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine. Source : DG FISMA — finance.ec.europa.eu ; EUR-Lex — CELEX 32014R0833. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  5. Un règlement de l’UE est directement applicable dans chaque État membre et n’a pas besoin d’être transposé. Source : EUR-Lex — eur-lex.europa.eu/EN/legal-content/summary/regulation-eu-legal-act.html. Citation : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » Statut : verified. ↩︎ ↩︎

  6. Code monétaire et financier (CMF, art. L574-3) et Code pénal — cadre national de répression des sanctions de l’UE en France (les règlements de l’UE sont directement applicables). La transposition de la directive (UE) 2024/1226 n’est pas encore intervenue (délai dépassé le 20 mai 2025) — en cours via le projet de loi n° 2544. assemblee-nationale.fr. Statut : verified. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  7. Règle de propriété (ownership/control rule) — les sanctions de l’UE englobent les entités dont une personne ou entité désignée détient au moins 50 % des parts ou qu’elle contrôle. Source : FAQ DG FISMA — finance.ec.europa.eu. Citation : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » Statut : verified. ↩︎

  8. EU Financial Sanctions Database (FSD), tenue par la DG FISMA, Commission européenne. Hub : finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures_en. Statut : verified. ↩︎ ↩︎

  9. UN Security Council Consolidated List — liste des personnes et organisations soumises aux mesures du Conseil de sécurité des Nations unies, administrée par les comités des sanctions. URL : un.org/securitycouncil/content/un-sc-consolidated-list. Statut : verified. ↩︎

  10. OFAC Specially Designated Nationals and Blocked Persons List (SDN List) — U.S. Department of the Treasury. URL : ofac.treasury.gov/specially-designated-nationals-and-blocked-persons-list-sdn-human-readable-lists. Statut : verified. ↩︎

  11. UK OFSI Consolidated List of Financial Sanctions Targets — HM Treasury. URL : gov.uk/government/publications/financial-sanctions-consolidated-list-of-targets. Statut : verified. ↩︎

  12. Code monétaire et financier — articles L561-1 et s. (catalogue des entités assujetties), articles L561-15 et s. (déclaration de soupçon à Tracfin). Tracfin est rattachée au ministère de l’Économie et des Finances. — legifrance.gouv.fr. Statut : verified. ↩︎

  13. Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions applicables en cas de violation des mesures restrictives de l’Union. Délai de transposition : 20 mai 2025. EUR-Lex — CELEX 32024L1226. Statut : verified. ↩︎ ↩︎