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Qui est visé par les sanctions de l'UE — personnes, entreprises, navires et règle de propriété

Qui est visé par les sanctions de l'UE ? Personnes physiques, entreprises, navires, aéronefs — et les entités liées par la règle de propriété de plus de 50 %. Panorama complet des catégories d'inscription.

Publié : · Équipe Sanqto · 19 min de lecture
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Schéma des catégories d'entités visées par les sanctions de l'UE — personnes physiques, entreprises, navires, aéronefs et entités liées par la règle de propriété

La question « qui est visé par les sanctions de l’UE » a deux réponses radicalement différentes — et la plupart des PME n’en connaissent qu’une seule. La première porte sur les personnes inscrites sur les listes de sanctions (individus, entreprises, navires, aéronefs). La seconde — sur qui doit respecter ces listes et appliquer les mesures restrictives. Les deux sont tout aussi importantes pour votre entreprise. Le règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 20141 et le règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 20142 sont directement applicables dans chaque État membre sans aucune transposition3 — y compris en France.

État du droit : 20 mai 2026.


TL;DR — les points clés en 60 secondes

  • Qui figure sur les listes — sont inscrits : les personnes physiques (oligarques, hauts fonctionnaires, militaires), les personnes morales (entreprises, banques, organisations), les navires et les aéronefs liés aux régimes sanctionnés.
  • Règle de propriété — une entreprise dont une personne ou une entité sanctionnée détient plus de 50 % des parts, ou qu’elle contrôle, est visée par les sanctions même si elle ne figure elle-même sur aucune liste.4
  • Bénéficiaire effectif — la vérification doit remonter jusqu’au propriétaire ultime ; une structure de holding opaque n’exonère pas de responsabilité.
  • Qui doit appliquer les sanctions — toute personne physique et morale opérant sur le territoire de l’UE, quel que soit le secteur ou la taille de l’entreprise.3
  • L’absence du nom sur la liste ne suffit pas — votre contrepartie peut être visée par les sanctions via son propriétaire, et non par une inscription directe.
  • Sanction en France — 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende (×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €) pour violation des règlements de sanctions de l’UE, en vertu de l’art. L574-3 du Code monétaire et financier.5

Deux questions, une seule réponse

Lorsqu’on demande « qui est visé par les sanctions », il s’agit en pratique de deux questions distinctes. Mieux vaut les séparer, car les confondre est la cause la plus fréquente de lacunes dans le sanction screening.

Question A : qui est inscrit sur les listes de sanctions ? Cette question porte sur les catégories de destinataires des mesures restrictives — c’est-à-dire les personnes, entreprises, navires et aéronefs précis qui ont fait l’objet d’interdictions et d’obligations (gel des avoirs, interdiction de transaction, interdiction d’entrée, etc.). Ces catégories sont détaillées ci-dessous.

Question B : qui doit appliquer les sanctions ? C’est une tout autre question — et elle concerne votre entreprise. Le destinataire des règlements de sanctions de l’UE est toute entité opérant sur le territoire de l’Union européenne, quel que soit le secteur, la forme juridique ou la taille. Les règlements de l’UE sont directement applicables sans aucune mise en œuvre nationale3 — ce qui signifie que vous n’avez pas à attendre une loi française pour être soumis à l’obligation.


Catégories d’inscription — qui figure sur les listes de sanctions

Les listes de sanctions de l’UE — tenues et consolidées par la DG FISMA (direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux)6 — comportent quatre grandes catégories d’inscription. Chacune fonctionne un peu différemment et exige une approche distincte lors de la vérification.

Personnes physiques

C’est la catégorie la plus large et la plus hétérogène. Sur les listes de sanctions de l’UE figurent des oligarques liés au Kremlin, de hauts fonctionnaires et militaires de Russie et de Biélorussie, des propagandistes, ainsi que des personnes finançant ou soutenant des actions portant atteinte à la souveraineté de l’Ukraine. Chaque personne physique est décrite par un ensemble d’identifiants : nom et prénom (souvent en plusieurs translittérations), date de naissance, nationalité, numéro de passeport ou de pièce d’identité, et parfois aussi l’adresse de résidence ou le lieu de naissance.

La vérification des personnes physiques est la plus délicate, justement à cause du risque de faux positifs — prénoms et noms répandus, différentes graphies du cyrillique en alphabet latin, coïncidences de dates de naissance. C’est pourquoi, lors de la vérification d’une contrepartie, le seul nom et prénom ne suffit jamais — il faut au moins deux identifiants.

Personnes morales — entreprises et organisations

Les personnes morales constituent le deuxième type d’inscription le plus fréquent. Elles englobent les sociétés de capitaux (SA, SARL et leurs équivalents étrangers), les banques, les fonds, les organisations à but non lucratif, les institutions gouvernementales et quasi gouvernementales — si elles répondent aux critères fixés par les règlements. Les banques d’État russes ou les entreprises d’armement visées par le règlement n° 833/20142 et ses modifications successives en sont des exemples.

Chaque personne morale est décrite par sa dénomination complète (souvent en plusieurs versions linguistiques et translittérations), son pays d’enregistrement, ses identifiants au registre (équivalent du SIREN, du numéro de TVA) et l’adresse de son siège. Ni un changement de dénomination, ni l’enregistrement d’une filiale dans un autre pays ne fait disparaître les sanctions — l’inscription porte sur l’identité de l’entité, et non sur un enregistrement précis.

Voilà une catégorie dont beaucoup d’entreprises étrangères à la logistique maritime ignorent même l’existence. Sur les listes de sanctions de l’UE et de l’ONU7 figurent des navires précis — identifiés par leur numéro OMI (Organisation maritime internationale), le nom du navire, le pavillon et le propriétaire. Il s’agit avant tout de navires utilisés pour contourner les sanctions : pétroliers transportant du pétrole russe, unités apportant un soutien logistique à l’agression ou transbordant des marchandises soumises à une interdiction d’exportation ou d’importation.

Si votre entreprise opère dans le secteur de la logistique, de l’importation ou de l’affrètement, la vérification du navire et de son bénéficiaire effectif est un élément du screening qui ne peut être omis.

Aéronefs

À l’instar des navires, des aéronefs privés et d’affrètement figurent sur les listes — identifiés par leur numéro d’immatriculation et les données de leur propriétaire ou exploitant. Cette catégorie est particulièrement importante pour le secteur aérien, le fret et le tourisme d’affrètement. Les aéronefs inscrits sur les listes sont interdits d’atterrissage dans les aéroports de l’UE, ce qui a une incidence directe sur la planification des itinéraires et les contrats avec les transporteurs. Si vous opérez dans le tourisme et utilisez des affrètements externes, la vérification de l’exploitant et de l’aéronef utilisé fait partie de votre obligation de screening — vous en saurez plus sur notre page dédiée au secteur du tourisme.


Règle de propriété et de contrôle — « plus de 50 % » ne fait pas tout

La liste des inscriptions ne suffit pas. Le règlement (UE) n° 269/20141 étend la portée des sanctions aux entités dans lesquelles une personne ou une entité sanctionnée détient plus de 50 % des parts, ou qu’elle contrôle.4 C’est ce qu’on appelle la règle de propriété et de contrôle (ownership and control rule).

Pourquoi est-ce important ? Imaginez que votre contrepartie — une SARL française — ne figure sur aucune liste. Mais que son unique associé soit un holding russe inscrit sur la liste de sanctions de l’UE. Dans ce cas, la SARL française est visée par les sanctions au même titre que son propriétaire. Toute transaction avec elle est interdite, et le gel des avoirs s’étend aussi aux fonds déposés sur le compte de cette société française.

Une analyse détaillée de la règle de propriété — y compris les cas de cumul de parts par plusieurs entités inscrites, le contrôle par les droits de vote et des exemples de structures de holding — figure dans notre article dédié à la règle de propriété de plus de 50 % dans les sanctions de l’UE.

Un détail mérite d’être retenu : le seuil est de plus de 50 %, et non d’« au moins 50 % ». Exactement la moitié des parts ne déclenche pas la règle — il faut une part de plus que cette limite. La même logique s’applique au contrôle : c’est le pouvoir de décider des actions de l’entité qui est déterminant, et pas seulement la participation formelle.


Bénéficiaire effectif — pourquoi il faut regarder plus loin

La règle de propriété et de contrôle conduit directement à une autre exigence : la vérification du bénéficiaire effectif (UBO — Ultimate Beneficial Owner, c’est-à-dire la personne physique qui détient ou contrôle in fine l’entité). Même si le propriétaire direct de votre contrepartie n’est pas sur la liste de sanctions, son propriétaire peut l’être — ou encore une entité trois niveaux plus haut dans la structure de holding.

Une structure de propriété opaque n’exonère pas votre entreprise de sa responsabilité. Si l’on peut remonter jusqu’à une entité sanctionnée par une chaîne de participations de contrôle, la transaction est interdite, quel que soit le nombre de couches d’intermédiaires qui vous séparent du nom figurant sur la liste. L’obligation de diligence vous incombe — et non à l’autorité qui devrait vous le démontrer a posteriori.

En pratique, cela signifie que, pour les contreparties relevant de juridictions à haut risque (Russie, Biélorussie, Iran, certains paradis fiscaux), vous devez exiger une documentation sur la propriété, des extraits de registres et — lorsque c’est possible — des déclarations sur la structure de l’UBO. Le Code monétaire et financier (Livre V, titre VI, sur la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme — LCB-FT)8 impose des exigences similaires aux entités assujetties en matière d’AML — le sanction screening pour les entreprises hors secteur financier obéit à la même logique, bien que sur un fondement juridique différent.


Qui doit appliquer les sanctions — toute entité sur le territoire de l’UE

Ici, il n’y a aucune exception. Les règlements de l’UE — dont le n° 269/20141 et le n° 833/20142 — sont directement applicables dans toute l’Union européenne sans qu’une transposition dans l’ordre juridique national soit nécessaire.3 Cela signifie que l’obligation d’appliquer les mesures restrictives pèse sur :

  • toute personne morale — société, association, fondation, coopérative, quel que soit le secteur,
  • toute personne physique exerçant une activité économique,
  • toute personne se trouvant sur le territoire de l’UE — y compris les ressortissants étrangers.

Peu importe que votre entreprise soit petite ou grande. Peu importe que vous opériez dans le secteur financier, le tourisme, l’immobilier ou le e-commerce. En France, les règlements de l’UE sont directement applicables ; le Code monétaire et financier (art. L574-3) et le Code pénal en assurent la répression dans l’ordre juridique national9 et désignent la DG Trésor, la DGDDI (Douane) et Tracfin comme autorités chargées de l’application des mesures restrictives.10

En France, il n’existe pas de liste de sanctions nationale autonome : les mesures applicables proviennent directement des règlements de l’UE. La DG Trésor tient toutefois un registre national des gels d’avoirs, qui reflète les mesures de l’UE et les mesures nationales prononcées par arrêté11 et qu’il convient de consulter en parallèle des listes consolidées de l’UE. Si vous voulez savoir précisément quelles listes s’imposent à votre entreprise et comment y accéder, lisez notre article sur les listes de sanctions — ce qu’elles sont et pourquoi elles concernent votre entreprise.

Il faut aussi garder à l’esprit la dimension pénale : la directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 202412 a obligé les États membres à introduire des dispositions pénales sanctionnant les violations des mesures restrictives de l’Union, en prévoyant des peines d’emprisonnement pour les personnes physiques et des sanctions financières pour les personnes morales. Les fourchettes de peines précises pour chaque type d’infraction sont fixées par le texte de la directive et par les dispositions nationales de transposition.


Pourquoi l’absence du nom sur la liste ne garantit pas la sécurité

C’est peut-être l’enseignement le plus important de tout cet article. Vous pouvez vérifier consciencieusement la dénomination de l’entreprise de votre contrepartie dans toutes les bases disponibles — la liste consolidée de l’UE13, l’EU Sanctions Map14, la liste de l’ONU7, la liste OFAC SDN15 et le registre national des gels de la DG Trésor11 — et ne trouver aucune correspondance. Et pourtant, la transaction peut être interdite.

Cela tient à plusieurs raisons :

1. La règle de propriété n’est pas révélée sur la liste. La liste de sanctions contient les inscriptions des entités et des personnes inscrites directement. Elle ne comporte pas la liste de toutes les entreprises visées par les sanctions au titre de la règle de propriété — c’est à vous de l’établir par la vérification de la structure de propriété.

2. La liste est mise à jour fréquemment. La liste consolidée de l’UE est régulièrement complétée — de nouvelles inscriptions sont ajoutées, les inscriptions existantes sont modifiées, de nouveaux paquets de sanctions sont adoptés. Une vérification effectuée il y a six mois peut déjà être périmée. L’essentiel est de vérifier la contrepartie à chaque transaction, ou de manière périodique pour les relations de longue durée, et non une seule fois lors de l’entrée en relation.

3. D’autres listes peuvent viser votre contrepartie. Si vous entretenez des relations avec des entités des États-Unis ou du Royaume-Uni, vous devez tenir compte de la liste OFAC SDN15 et de la liste britannique OFSI16. Une inscription sur la liste OFAC sans inscription sur la liste de l’UE est un scénario fréquent chez les cocontractants relevant de juridictions liées à la Russie ou à l’Iran.

4. Un changement de dénomination ou d’enregistrement ne fait pas disparaître les sanctions. Les entités inscrites sur les listes de sanctions tentent souvent de contourner les mesures restrictives par une restructuration — changement de dénomination, transfert de siège, création de filiales dans des juridictions neutres. Les sanctions suivent l’identité de l’entité, et non sa dénomination formelle au registre.

Une description détaillée du processus de vérification d’une contrepartie — étape par étape, avec des exemples d’identifiants et la procédure de traitement des correspondances — figure dans notre article sur la vérification d’une contrepartie au regard des sanctions.


FAQ — questions fréquentes

Un entrepreneur individuel doit-il lui aussi vérifier les listes de sanctions ?

Oui. Les règlements de l’UE s’imposent à toute personne physique exerçant une activité sur le territoire de l’UE3 — l’entreprise individuelle n’en est pas exclue. L’ampleur de l’obligation dépend du profil d’activité et des relations commerciales, mais l’obligation elle-même existe.

Que signifie « plus de 50 % des parts » en pratique — chaque type de parts compte-t-il ?

La règle de propriété porte sur les participations au capital (equity), mais, au sens des règlements de sanctions de l’UE, elle englobe aussi le contrôle par les droits de vote et d’autres mécanismes décisionnels.4 Si une personne sanctionnée peut décider des actions de la société — indépendamment du pourcentage formel de parts — la règle peut s’appliquer. En cas de doute sur une structure de propriété précise, il convient de consulter un avocat.

Suffit-il de vérifier une contrepartie une seule fois, à la signature du contrat ?

Non. Les listes de sanctions sont régulièrement mises à jour. Une entité sûre lors de l’entrée en relation peut être inscrite sur la liste pendant la durée de la relation. Les bonnes pratiques de compliance prévoient une vérification à chaque nouvelle transaction ainsi que des revues périodiques des contreparties existantes — en particulier celles relevant de zones à risque élevé.

Les sanctions ne concernent-elles que les contreparties de Russie et de Biélorussie ?

Non. Les régimes de sanctions de l’UE couvrent des dizaines de pays et de régimes — de l’Iran à la Syrie, en passant par la Corée du Nord et bien d’autres. Le règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil du 18 mai 200617 concerne la Biélorussie. Il existe des régimes distincts pour l’Iran, la Syrie, la Libye, la Birmanie et bien d’autres. L’EU Sanctions Map14, à l’adresse sanctionsmap.eu, permet de parcourir les régimes de sanctions actifs. L’éventail complet des listes applicables — dans l’article sur les listes de sanctions de l’UE et le registre national.

En tant que courtier en assurance, ai-je les mêmes obligations qu’un importateur ?

L’obligation découle du règlement, qui est identique pour tous — il n’existe pas d’exemption sectorielle, hormis quelques rares exceptions humanitaires. La spécificité du secteur de l’assurance tient plutôt aux entités que vous vérifiez (souscripteurs, bénéficiaires, cessionnaires) et à la fréquence à laquelle la vérification doit être effectuée. Pour en savoir plus sur la manière dont le sanction screening se déroule dans la pratique de l’assurance, consultez la page du secteur de l’assurance.

Si ma contrepartie dispose d’un certificat ou d’une autorisation d’importation, puis-je faire l’impasse sur la vérification au regard des sanctions ?

Non. Aucun certificat, aucune autorisation d’importation ni aucune attestation administrative ne remplace l’obligation de vérification au regard des listes de sanctions. Les sanctions de l’UE s’appliquent parallèlement aux règles douanières et commerciales — et en sont indépendantes. La vérification incombe à votre entreprise, et non à l’administration douanière.


Que faire concrètement — les étapes pour votre entreprise

  1. Déterminez quelles listes s’imposent à vous. Au minimum, la liste de l’UE (Consolidated List, DG FISMA13) et le registre national des gels de la DG Trésor11. Si vous avez des transactions avec les États-Unis ou des entités qui leur sont liées — ajoutez la liste OFAC SDN15.

  2. Recensez vos contreparties. Établissez un inventaire des fournisseurs, clients et partenaires commerciaux actifs, en accordant une attention particulière aux entités de Russie, de Biélorussie, d’Iran et d’autres régimes sanctionnés.

  3. Vérifiez la structure de propriété. Pour chaque contrepartie à risque élevé, identifiez le propriétaire — et le propriétaire du propriétaire. Appliquez la règle de propriété : plus de 50 % des parts ou un contrôle exercé par une entité sanctionnée signifie que la contrepartie est visée par les sanctions.

  4. Identifiez le bénéficiaire effectif (UBO). Exigez une documentation sur la propriété auprès des contreparties relevant de juridictions à risque élevé. Une structure opaque est un signal d’alerte.

  5. Mettez en place une vérification régulière. Une vérification unique ne suffit pas. Définissez une procédure de contrôle à chaque transaction ainsi que des revues périodiques (par exemple trimestrielles) des relations actives.

  6. Documentez les résultats du screening. Consignez la date de la vérification, les listes consultées, le résultat et la personne responsable. En cas de contrôle par la DGDDI ou la DG Trésor10, cette documentation est votre preuve de diligence raisonnable.

  7. Définissez une procédure de traitement des correspondances. Avant qu’une correspondance ne survienne, votre entreprise doit savoir quoi faire : suspendre la transaction, signaler la correspondance et déterminer qui prend la décision. L’absence de procédure n’est pas une circonstance atténuante — c’est une circonstance aggravante.


Comment Sanqto peut vous aider

Sanqto est un logiciel de sanction screening installé dans le réseau de votre entreprise — les données ne quittent pas votre infrastructure (on-premise). Le système rend un résultat selon trois états : MATCH, POSSIBLE ou CLEAR, avec un temps de réponse inférieur à 30 ms. Il aide à automatiser la partie répétitive de la vérification : comparaison des données d’identification avec les listes de sanctions à jour, signalement des cas nécessitant un examen manuel et constitution d’un registre des correspondances qui documente la diligence raisonnable. Si vous exploitez une agence de voyages, une compagnie d’assurance ou une autre entité assujettie, voyez comment adapter le screening à la spécificité de votre secteur — sur les pages tourisme et assurance. L’obligation de sanction screening et l’éventail des entités qui doivent l’assurer sont décrits en détail dans notre article sur l’obligation de sanction screening.


Bases juridiques

  • Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — CELEX 32014R0269
  • Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — CELEX 32014R0833
  • Règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil du 18 mai 2006 concernant des mesures restrictives à l’égard de la Biélorussie — CELEX 32006R0765
  • Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union — CELEX 32024L1226
  • Code monétaire et financier — art. L574-3 (sanctions pénales en cas de violation des règlements de sanctions de l’UE) — legifrance.gouv.fr
  • Projet de loi n° 2544 (déposé le 3 mars 2026) — transposition en cours de la directive (UE) 2024/1226 en France — assemblee-nationale.fr
  • Registre national des gels d’avoirs — DG Trésor — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr
  • Liste consolidée de l’UE (Consolidated List / FSD) — DG FISMA — finance.ec.europa.eu
  • EU Sanctions Map — sanctionsmap.eu
  • OFAC SDN List — ofac.treasury.gov
  • UK OFSI Consolidated List — gov.uk
  • UN Security Council Consolidated List — un.org

Notes


Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 20 mai 2026.


  1. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — EUR-Lex CELEX:32014R0269 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  2. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — EUR-Lex CELEX:32014R0833 ; DG FISMA : finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎

  3. Les règlements de l’UE sont directement applicables dans chaque État membre, sans qu’une transposition en droit national soit nécessaire — EUR-Lex : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » — eur-lex.europa.eu/EN/legal-content/summary/regulation-eu-legal-act.html ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  4. Règle de propriété et de contrôle (ownership and control rule) dans le règlement n° 269/2014 — une entité est visée par les sanctions si une personne ou une entité sanctionnée y détient plus de 50 % des parts ou exerce un contrôle sur elle — FAQ DG FISMA : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎

  5. Art. L574-3 du Code monétaire et financier — 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE ; multiplication par cinq pour les personnes morales (art. 131-38 du Code pénal), soit 3 750 000 € — Code monétaire et financier — art. L574-3, art. 131-38 Code pénal, état au 23.05.2026 ↩︎

  6. DG FISMA (direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux) — service de la Commission européenne en charge de la politique de sanctions financières de l’UE — finance.ec.europa.eu ↩︎

  7. UN Security Council Consolidated List — liste consolidée de l’ONU des personnes et organisations soumises aux mesures du Conseil de sécurité — un.org/securitycouncil/content/un-sc-consolidated-list ↩︎ ↩︎

  8. Code monétaire et financier, Livre V titre VI (LCB-FT) — art. L561-2 (catalogue des assujettis), art. L561-15 (déclaration de soupçon à Tracfin) — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎

  9. Code monétaire et financier (CMF, art. L574-3) et Code pénal — cadre national de répression des sanctions de l’UE en France (les règlements de l’UE sont directement applicables) — legifrance.gouv.fr ↩︎

  10. Autorités d’exécution en France — DG Trésor (gel des avoirs), DGDDI (Douane, embargos commerciaux) et Tracfin — compétentes pour l’application des sanctions ; Code monétaire et financier (art. L574-3) et Code pénal — tresor.economie.gouv.fr, douane.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  11. Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel — tenu par la DG Trésor ; en France, il n’existe pas de liste de sanctions nationale autonome, ce registre reflète les mesures de l’UE ainsi que les mesures nationales prononcées par arrêté — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  12. Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union — EUR-Lex CELEX:32024L1226 ↩︎

  13. Liste consolidée de l’UE (Consolidated List / FSD) — DG FISMA, Commission européenne — finance.ec.europa.eu ; endpoint FSD : webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf ↩︎ ↩︎

  14. EU Sanctions Map — outil interactif de présentation des paquets et des destinataires des sanctions de l’UE — sanctionsmap.eu ↩︎ ↩︎

  15. OFAC SDN (Specially Designated Nationals and Blocked Persons List) — liste des personnes et entités bloquées par le U.S. Department of the Treasury — ofac.treasury.gov ↩︎ ↩︎ ↩︎

  16. UK OFSI Consolidated List of Financial Sanctions Targets — HM Treasury — gov.uk ↩︎

  17. Règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil du 18 mai 2006 concernant des mesures restrictives à l’égard de la Biélorussie — EUR-Lex CELEX:32006R0765 ↩︎