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Quelles sanctions s'appliquent à la Russie et ce que cela signifie pour votre entreprise

Les sanctions contre la Russie sont imposées par l'UE, les États-Unis et l'ONU. Découvrez quelles règles s'appliquent aux entreprises françaises et comment elles limitent le commerce et les services.

Publié : · Équipe Sanqto · 28 min de lecture
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Carte de l'Europe avec la signalisation des régimes de sanctions de l'UE contre la Russie — infographie pour les PME
Régimes de sanctions UE, américaines et onusiennes contre la Russie — impact sur les entreprises françaises

Les sanctions contre la Russie constituent l’un des régimes de restrictions économiques les plus larges que l’Union européenne ait jamais imposés — et votre entreprise y est soumise de plein droit, que vous commerciez directement avec un partenaire russe ou que vous utilisiez seulement des matières premières ou des services russes. Si une question vous est parvenue de la part d’un avocat, d’une banque ou d’un transitaire, cet article explique ce que recouvrent les sanctions de l’UE, des États-Unis et de l’ONU contre la Russie, lesquelles s’appliquent aux entreprises françaises et ce que vous devez concrètement faire.

La liste de sanctions de l’UE contre la Russie s’allonge à chaque nouveau paquet. En connaître le contenu n’est plus l’apanage des seules banques et grandes entreprises — cela concerne aujourd’hui aussi les agences de voyages, les agences immobilières, les sociétés de leasing et les éditeurs de logiciels.


L’essentiel en 60 secondes

  • L’Union européenne a adopté à ce jour 20 paquets de sanctions contre la Russie, le dernier en avril 20261 — chaque entreprise française y est directement soumise, sans aucune exception pour les PME.2
  • Les sanctions se répartissent en deux types : individuelles (gel des avoirs de personnes et d’entités précises figurant sur la liste de l’UE) et sectorielles (embargo sur certains biens, services, sources d’énergie et moyens de transport).
  • L’exportation de nombreuses catégories de biens vers la Russie est totalement interdite ou soumise à une licence spéciale — l’interdiction vise non seulement les exportateurs directs, mais aussi les intermédiaires et les transitaires.
  • Les entreprises françaises qui règlent en dollars ou qui ont des contreparties aux États-Unis doivent en outre tenir compte de la liste SDN tenue par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control, U.S. Department of the Treasury).3
  • La violation des sanctions est passible, en France, de 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende (art. L574-3 du Code monétaire et financier), montant quintuplé pour les personnes morales4 ; depuis 2024, la directive (UE) 2024/1226 a renforcé cette responsabilité pénale.5
  • Pour vérifier les obligations de votre entreprise, deux étapes suffisent : contrôler la contrepartie sur la liste consolidée de l’UE et vérifier si votre bien ou votre service est visé par un embargo.
  • En France, il n’existe pas de liste nationale autonome de sanctions : ce sont les listes consolidées de l’UE qui s’appliquent, tandis que la DG Trésor tient le registre national des gels d’avoirs.6

D’où viennent les sanctions contre la Russie — bref historique

Les premières sanctions de l’UE contre la Russie sont apparues au printemps 2014, juste après l’annexion de la Crimée. Le 17 mars 2014, le Conseil de l’UE a adopté le règlement n° 269/2014 — un ensemble de sanctions individuelles ciblant des personnes et entités précises impliquées dans des actions compromettant l’intégrité territoriale de l’Ukraine.2 Quatre mois plus tard, le 31 juillet 2014, est entré en vigueur le règlement n° 833/2014 — des sanctions sectorielles cette fois, visant certaines catégories de biens et de technologies.7

Le 24 février 2022, après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’escalade des sanctions a pris une ampleur sans précédent. Les paquets successifs ont été adoptés en procédure accélérée — chacun élargissant la liste des entités visées ou le champ de l’embargo. À mai 2026, l’UE a adopté au total 20 paquets de sanctions, le dernier étant entré en vigueur le 23 avril 2026.1

En France, ces mesures issues des règlements de l’UE sont directement applicables ; leur répression repose sur le Code monétaire et financier (art. L574-3) et le Code pénal. La directive (UE) 2024/1226 n’est pas encore transposée (délai dépassé le 20 mai 2025, transposition en cours via le projet de loi n° 2544).8 Les sanctions forment un système vivant qui ne cesse de s’étendre — une entreprise qui a vérifié une contrepartie il y a un an doit la vérifier de nouveau.


Trois régimes de sanctions contre la Russie — comparaison

Toutes les sanctions contre la Russie ne sont pas identiques. Il existe trois systèmes distincts, qui diffèrent par l’autorité qui impose les restrictions, par leur base juridique et par leur portée pour les entreprises françaises. Le tableau ci-dessous montre quel régime vous concerne directement.

RégimeAutoritéFondement pour l’entreprise françaiseConcerne les entreprises françaisesOù vérifier
UEConseil de l’UERègl. 269/2014, 833/2014 + paquetsToujours, directement — application directe9EUR-Lex / DG FISMA10
ONUConseil de sécurité de l’ONUPar la mise en œuvre dans le droit de l’UEIndirectement — via la liste de l’UE11UN Sanctions
États-Unis (OFAC)U.S. Department of the TreasuryPas de fondement direct — extraterritorialitéEn cas de transactions en USD, de US person ou de US nexusOFAC SDN List12
France (DG Trésor)Direction générale du TrésorCMF (art. L574-3) + Code pénal8Oui — registre national des gels d’avoirs reflétant les mesures de l’UEtresor.economie.gouv.fr13

L’entreprise française applique en premier lieu la liste de l’UE — c’est le régime le plus large et le plus important. La liste de l’ONU est mise en œuvre par le droit de l’UE, et le registre national de la DG Trésor reflète les mesures européennes. L’OFAC intervient à part, lorsque votre transaction présente un « US nexus ».

Sanctions de l’UE — ce qui s’applique aux entreprises françaises

Les règlements de l’UE sont d’application directe dans chaque État membre — ils ne nécessitent aucune transposition en droit national et s’appliquent dès leur entrée en vigueur.9 Pour votre entreprise, cela signifie une chose : vous ne pouvez pas vous retrancher derrière l’absence d’une loi nationale distincte.

Les sanctions de l’UE contre la Russie reposent sur deux piliers. Le règlement 269/2014 régit les sanctions individuelles : le gel de tous les fonds et ressources économiques appartenant aux entités figurant à l’annexe I — interdiction non seulement de les détenir, mais aussi de les mettre à disposition, directement ou indirectement.2 Le règlement 833/2014 régit les sanctions sectorielles : embargo sur les biens et technologies à double usage, interdictions de services, restrictions dans les transports et l’énergie.7

La liste consolidée de l’UE comprend plus de 2 500 inscriptions individuelles (état après le 18e paquet, juillet 2025) — et les paquets suivants n’ont cessé d’accroître ce nombre.14 C’est pourquoi une vérification ponctuelle ne suffit pas.

Vous trouverez une analyse détaillée des différents paquets et de leur impact sur votre entreprise dans l’article Combien y a-t-il de paquets de sanctions de l’UE contre la Russie et que changent-ils ?. Ce qu’est une liste de sanctions et à quoi ressemble une inscription — l’article Qu’est-ce qu’une liste de sanctions et pourquoi concerne-t-elle votre entreprise ? l’explique.

Sanctions américaines (OFAC) — quand l’entreprise française doit en tenir compte

L’OFAC, c’est l’Office of Foreign Assets Control du U.S. Department of the Treasury3 — l’institution qui tient la SDN List (Specially Designated Nationals and Blocked Persons) et fait appliquer les sanctions américaines. Ce n’est ni du droit de l’UE ni du droit français. Il s’applique sur le principe de l’extraterritorialité : l’OFAC peut engager la responsabilité d’entreprises hors des États-Unis si une transaction présente un « US nexus » — règlement en dollars, intervention d’une US person (citoyen ou résident américain, ou société immatriculée aux États-Unis), ou biens comportant un composant d’origine américaine.

Pour une entreprise française qui ne règle pas en USD et n’a pas de contreparties aux États-Unis, le risque OFAC est marginal. En revanche, les entreprises dont la chaîne d’approvisionnement est mondiale ou qui réalisent des transactions de change en dollars devraient surveiller la SDN List indépendamment de la liste de l’UE. Même si votre contrepartie directe n’est pas sur la liste de l’OFAC, la banque correspondante qui règle la transaction en USD peut bloquer le paiement par prudence.

Liste de sanctions de l’ONU — la hiérarchie des régimes

Le Conseil de sécurité de l’ONU dispose de ses propres mécanismes de sanctions (les comités des sanctions du Conseil de sécurité), qui fondent les sanctions multilatérales. L’UE met en œuvre les décisions du Conseil de sécurité par ses propres règlements et tient en même temps sa propre liste, plus large — englobant des entités désignées de manière autonome par l’UE et qui ne figurent pas nécessairement sur la liste de l’ONU.11

Concrètement, pour votre entreprise : la liste de l’UE va plus loin que celle de l’ONU. En vérifiant une contrepartie sur la liste consolidée de l’UE, vous prenez automatiquement en compte les personnes visées par les sanctions de l’ONU. Inutile de consulter les deux listes séparément — à condition d’être à jour avec la liste de l’UE en vigueur.


Sanctions sectorielles — embargo sur les biens et services

Au-delà des listes d’entités, il existe un second volet, tout aussi important : les interdictions et restrictions portant sur des biens et services précis. Même si votre contrepartie ne figure sur aucune liste de sanctions, la transaction elle-même peut être interdite. La base juridique est avant tout le règlement 833/2014 et ses modifications successives ajoutées par les paquets.7

Les biens visés par l’embargo sont désignés par leurs codes NC (Nomenclature combinée) dans les annexes des règlements — un mécanisme technique précis qui permet de déterminer sans ambiguïté si un produit donné est soumis à interdiction.15

Vous trouverez une analyse détaillée de la liste des biens interdits dans l’article Embargo sur la Russie — quels biens et services sont interdits.

Quelles catégories de biens sont visées par l’embargo

Le champ de l’embargo est large et couvre plusieurs catégories nettes. Le règlement 833/2014 interdit la vente, la fourniture, le transfert ou l’exportation — directement ou indirectement — de biens et technologies à double usage (dual-use) susceptibles d’être utilisés à des fins militaires ou par un utilisateur final militaire.7 L’interdiction concerne aussi bien l’exportation vers la Russie que la fourniture de services techniques et financiers liés à ces biens.

Les paquets successifs ont étendu l’embargo à d’autres catégories :

  • Technologies de pointe — électronique, composants semi-conducteurs, drones, éléments de systèmes de navigation
  • Biens de luxe — définis par leur valeur dans les annexes du règlement 833/2014 ; vérifiez le seuil de valeur et le catalogue de biens précis dans le texte consolidé du règlement sur EUR-Lex
  • Technologies militaires et matériel de défense — interdiction totale d’exportation
  • Matières premières énergétiques — interdiction d’importer du pétrole brut, des produits pétroliers et du gaz naturel russes dans l’UE (interdiction d’importation, sens inverse des cas précédents)
  • Acier et fer — interdiction d’importer des produits métallurgiques russes dans l’UE

Pour vérifier si votre bien précis est visé par une interdiction : trouvez le code NC du produit, puis vérifiez-le dans la base TARIC (outil de la Commission européenne accessible à l’adresse https://ec.europa.eu/taxation_customs/dds2/taric/taric_consultation.jsp16) ou dans le texte consolidé du règlement 833/2014 sur EUR-Lex. La liste des biens s’élargit à chaque nouveau paquet de sanctions — une vérification effectuée il y a un an peut déjà être obsolète.

Interdictions de services

L’embargo sectoriel ne couvre pas que les biens — les restrictions visent aussi un large éventail de services. L’article 5n du règlement 833/2014 interdit la fourniture de toute une série de services au gouvernement russe et aux personnes morales établies en Russie.17

Les interdictions de services concernent notamment :

  • Transport : interdiction d’accès des camions et semi-remorques russes au territoire de l’UE et interdiction d’accueil des navires russes dans les ports de l’UE18
  • Services de conseil, de gestion et de relations publiques : interdiction de fournir des services de conseil aux entreprises, de comptabilité, de relations publiques et assimilés à des entités russes17
  • Informatique et logiciels : interdiction de vendre et de transférer des logiciels de gestion d’entreprise et des logiciels de conception industrielle17
  • Services juridiques : l’interdiction porte sur certaines catégories de conseil juridique — avec des exceptions pour la représentation devant les tribunaux et l’accès à la justice ; le détail des exemptions est précisé dans la FAQ de la DG FISMA relative à l’art. 5n (finance.ec.europa.eu/publications/provision-services_en)17

Si vous exploitez une agence de voyages, gardez à l’esprit que l’interdiction de desservir les compagnies aériennes russes et la fermeture de l’espace aérien de l’UE aux transporteurs russes ont un impact direct sur votre activité. Pour en savoir plus sur les spécificités du secteur touristique au regard des sanctions : sanction screening pour les agences de voyages.

Déclaration de non-contournement des sanctions — une nouvelle obligation pour l’exportateur

Depuis le 11e paquet de sanctions, adopté le 23 juin 2023, les exportateurs de l’UE ont une obligation supplémentaire : obtenir de l’acheteur une déclaration écrite attestant que certains biens ne seront pas réexportés vers la Russie ni la Biélorussie. La base juridique est l’art. 12g du règlement 833/2014, introduit par le 11e paquet comme outil de lutte contre le contournement des sanctions.1920

L’obligation concerne l’exportation de certains biens — en particulier les biens à double usage et les positions de la liste des Common High Priority Items — vers des pays tiers.21

Concrètement : si vous exportez vers des pays qui, en raison de leurs liens commerciaux avec la Russie, présentent un risque de contournement, vous avez l’obligation d’obtenir et de conserver une telle déclaration. L’absence de déclaration constitue un manquement à une obligation procédurale — la responsabilité incombe à l’exportateur.

Pour en savoir plus sur le risque de transit et les pays intermédiaires : Contournement des sanctions par les pays tiers — un risque pour les exportateurs.


En France, pas de liste nationale autonome — comment cela s’articule avec la liste de l’UE

Contrairement à certains États, la France ne tient pas de liste nationale autonome de sanctions financières distincte des listes de l’UE. Les mesures applicables proviennent directement des règlements de l’UE, et la DG Trésor (Direction générale du Trésor) tient le registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel, qui reflète ces mesures.613 Ce registre reprend les mesures de l’UE ainsi que, le cas échéant, les mesures nationales prononcées par arrêté ministériel.

L’articulation est simple : la liste consolidée de l’UE s’applique à votre entreprise toujours et directement. Le registre de la DG Trésor en est le miroir national, utile comme point de consultation pratique pour les acteurs français. La vérification d’une contrepartie doit donc s’appuyer en priorité sur la liste consolidée de l’UE.

Le registre national des gels d’avoirs est consultable à l’adresse gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr13. La DG Trésor publie également des informations à destination des entreprises sur tresor.economie.gouv.fr.

Une comparaison de toutes les listes de sanctions (UE, ONU, OFAC) en un seul endroit figure dans l’article Listes de sanctions UE, ONU et OFAC — en quoi diffèrent-elles et comment les vérifier.


Ce que votre entreprise doit concrètement faire — 5 étapes

Les étapes décrites ci-dessous représentent le périmètre minimal d’actions de conformité pour une entreprise qui commerce avec des entités hors UE ou qui échange des biens susceptibles d’être soumis à restriction. Les réaliser et les documenter réduit nettement le risque juridique.

Étape 1 — Vérifiez si vos contreparties figurent sur la liste de sanctions de l’UE

Le fichier de la liste consolidée des sanctions financières de l’UE est disponible sur le site de la DG FISMA de la Commission européenne : https://webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf#!/files10. Vous pouvez aussi utiliser la carte interactive des sanctions à l’adresse sanctionsmap.eu.

Ne vérifiez pas uniquement le nom de votre contrepartie directe — vérifiez aussi ses propriétaires. Si une entité est détenue à plus de 50 % par une personne ou une société figurant sur la liste de sanctions, elle est automatiquement traitée comme visée par les sanctions.22 Cette règle s’applique également aux liens de propriété indirects.

Pour en savoir plus sur l’utilisation pas à pas de la liste de sanctions : Qu’est-ce qu’une liste de sanctions et pourquoi concerne-t-elle votre entreprise ?.

Étape 2 — Vérifiez si vos biens ou services sont visés par un embargo

Trouvez le code NC de votre bien et vérifiez s’il figure dans les annexes du règlement 833/2014 et de ses modifications. L’outil TARIC (Commission européenne)16 permet de vérifier les restrictions commerciales liées à un code douanier précis. Si vous fournissez des services — vérifiez la liste des catégories de services interdits à l’art. 5n du règlement 833/2014.17

Étape 3 — Si vous exportez vers des pays tiers, évaluez le risque de contournement des sanctions

La Commission européenne signale un risque de contournement des sanctions par certains pays tiers présentant une exposition continue et particulièrement élevée à la réexportation vers la Russie.23 Si vous exportez certains biens vers de tels pays, vous avez l’obligation d’obtenir une déclaration de non-contournement des sanctions sur le fondement de l’art. 12g du règlement 833/2014.20 Conservez cette déclaration avec la documentation de la transaction.

Étape 4 — Mettez en place une procédure régulière de sanction screening

Une vérification ponctuelle ne suffit pas — les listes de sanctions sont mises à jour après chaque nouveau paquet, et les paquets ont été adoptés, entre 2022 et 2026, parfois plusieurs fois par an. Fixez une fréquence minimale de vérification : à chaque nouvelle transaction et après chaque nouveau paquet de sanctions. L’automatisation de ce processus réduit nettement le risque d’omission.

Si vous ne savez pas si votre entreprise a même l’obligation de mener un sanction screening, lisez : Mon entreprise doit-elle réaliser un sanction screening ?

Étape 5 — Documentez la vérification et conservez un registre

La documentation est votre preuve de diligence en cas de contrôle ou de procédure. Enregistrez : la date de la vérification, la source (nom et date de la liste), le résultat (absence de correspondance ou correspondance), la personne responsable de la vérification et la décision. Dans le cadre du dispositif LCB-FT (lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme) du Code monétaire et financier, les entités assujetties sont tenues de conserver leurs documents pendant cinq ans à compter de la fin de la relation d’affaires.24 Même si votre entreprise n’est pas une entité assujettie au sens de la LCB-FT, maintenir une durée de conservation analogue est une pratique de conformité raisonnable.


Sanctions encourues en cas de violation des sanctions contre la Russie

Violer les sanctions n’est pas qu’un risque de réputation — ce sont des conséquences financières concrètes et, depuis 2024, une responsabilité pénale renforcée. Le tableau ci-dessous présente les principaux types de violations et les sanctions associées.

Type de violationBase juridiqueSanction possible
Mise à disposition de fonds à une entité listée / non-respect de l’obligation de gel des avoirsArt. L574-3 CMF + art. 131-38 Code pénal4Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende ; quintuplée pour les personnes morales (3 750 000 €)
Violation de l’embargo (export/import d’un bien interdit)Règl. 833/2014 + CMF / Code des douanesSanctions pénales + confiscation du bien + interdiction d’activité possible
Participation à un marché public par une entité listée (ou société liée)Code de la commande publique, art. L2141-1 et s. + règlements de sanctions de l’UE8Exclusion de la procédure de passation
Violation intentionnelle — personne physique (pour les violations d’une valeur ≥ 100 000 €)Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b)25Peine maximale d’au moins 5 ans d’emprisonnement

La directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 20245 impose aux États de l’UE d’instaurer une responsabilité pénale pour les violations intentionnelles des sanctions. Le délai de transposition a expiré le 20 mai 2025.26 En France, la transposition n’est pas encore intervenue (mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025, transposition en cours via le projet de loi n° 2544) ; le dispositif pénal existant est codifié notamment à l’art. L574-3 du Code monétaire et financier.8

La responsabilité pénale concerne les personnes physiques — elle peut donc viser directement les dirigeants ou les propriétaires d’entreprises, si la violation des sanctions résulte de leur décision ou de leur négligence. En France, les autorités compétentes pour l’application des sanctions et le gel des avoirs sont la DG Trésor, la DGDDI (Douane), Tracfin et l’ACPR.27 Tracfin joue le rôle de cellule de renseignement financier dans le cadre LCB-FT — ce n’est pas l’autorité de contrôle principale des violations de sanctions pour les entreprises hors du secteur financier.28

Vous trouverez une analyse détaillée des sanctions, y compris la responsabilité des dirigeants et la comparaison des régimes pénaux dans l’UE, dans l’article Quelles sanctions pénales en cas de violation des sanctions ?. Sur l’état de la transposition de la directive 2024/1226 dans neuf pays de l’UE, lisez : Transposition de la directive 2024/1226 — 9 pays de l’UE.


Les sanctions contre la Russie sont-elles efficaces ?

C’est une question que beaucoup de lecteurs se posent en arrière-plan — et il vaut la peine d’y répondre brièvement. Évaluer l’efficacité des sanctions est complexe et dépend du critère retenu. À court terme, la Russie a recouru à divers mécanismes d’adaptation : commerce via des pays intermédiaires, chaînes d’approvisionnement alternatives, flotte fantôme (shadow fleet) dans le transport maritime. À long terme, l’isolement technologique, l’accès entravé aux composants de pointe et les difficultés de financement ont des conséquences économiques réelles.

Plus important du point de vue de votre entreprise est toutefois un autre constat : l’efficacité du système de sanctions dépend notamment du fait que les entreprises le respectent. Chaque transaction avec une entité visée ou un bien interdit affaiblit le système et — point essentiel pour votre risque — constitue une violation du droit, indépendamment de toute appréciation politique de l’efficacité des sanctions. L’obligation juridique existe quelle que soit votre opinion sur l’efficacité des sanctions comme instrument de politique étrangère.


Comment Sanqto peut vous aider

Sanqto est un logiciel de sanction screening installé dans l’infrastructure de votre entreprise — vos données ne quittent pas vos serveurs. Le système vérifie automatiquement vos contreparties sur les listes de l’UE, de l’ONU, de l’OFAC et le registre national des gels de la DG Trésor, et renvoie un résultat en trois états : MATCH, POSSIBLE ou CLEAR, en moins de 30 ms (sub-30ms). Chaque vérification génère une entrée dans le registre des correspondances — prête à être présentée lors d’un contrôle. Le pack de mise en œuvre comprend aussi une politique de sanctions, des instructions de poste et des modèles de déclarations à l’export. Si vous voulez voir ce que cela donne concrètement pour une entreprise de votre secteur, commencez par la page dédiée aux agences de voyages et OTA.


Foire aux questions

Une petite entreprise doit-elle respecter les sanctions contre la Russie ?

Oui. Les règlements de l’UE n’instaurent aucun seuil minimal de taille d’entreprise ou de valeur de transaction — ils s’appliquent à toutes les entités sur le territoire de l’UE.2 L’article 2 § 1 du règlement 269/2014 vise toute personne qui, sur le territoire de l’UE, détient, contrôle ou met à disposition des fonds ou ressources économiques à des entités visées par les sanctions.

Comment vérifier si ma contrepartie figure sur une liste de sanctions ?

Rendez-vous sur le site de la DG FISMA de la Commission européenne et téléchargez le fichier à jour de la liste consolidée des sanctions financières : https://webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf#!/files10. Vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche de l’EU Sanctions Map (sanctionsmap.eu). N’oubliez pas la règle de propriété de 50 % — si le propriétaire d’une entité figure sur la liste, l’entité est elle aussi visée par les sanctions.22

Les sanctions contre la Russie concernent-elles l’achat de logiciels russes ?

Oui. L’article 5n du règlement 833/2014 interdit la vente et le transfert de logiciels de gestion d’entreprise et de logiciels de conception industrielle — cela vaut aussi bien pour l’exportation que pour l’achat auprès d’entités russes.17

Qu’encourt une entreprise en cas de violation non intentionnelle des sanctions ?

Le droit français permet de réprimer les violations des mesures restrictives ; la diligence (due diligence) est déterminante. Si l’entreprise documente avoir réalisé la vérification conformément aux listes disponibles, le risque de sanction est plus faible, sans être nul. La directive 2024/1226 introduit une distinction nette entre la violation intentionnelle et la violation par négligence aux fins de la qualification pénale.5

Les sanctions contre la Russie concernent-elles aussi les importations depuis la Russie ?

Oui — l’interdiction porte sur les deux sens. Le règlement 833/2014 interdit d’importer dans l’UE, entre autres, du pétrole brut, des produits pétroliers, de l’acier et du fer russes.7 Les sanctions ne sont pas unilatérales — elles couvrent à la fois l’exportation vers la Russie et l’importation depuis la Russie.

Dois-je vérifier mes contreparties tous les mois ?

Il n’existe pas d’exigence légale de vérification mensuelle, mais les listes de sanctions sont mises à jour plusieurs fois par an. La pratique recommandée est de vérifier à chaque nouvelle transaction et immédiatement après l’entrée en vigueur de chaque nouveau paquet de sanctions. Un sanction screening automatisé supprime la nécessité de suivre les mises à jour à la main.

L’OFAC concerne-t-il une entreprise française qui ne règle pas en USD ?

En l’absence de US nexus (pas de transaction en USD, pas de US person, pas de biens à composant d’origine américaine), le risque d’application directe des règles de l’OFAC est marginal. Les entreprises dont la chaîne d’approvisionnement est mondiale, qui réalisent des transactions de change ou qui ont des contreparties liées aux États-Unis devraient toutefois surveiller la SDN List indépendamment.12


Bases juridiques

État du droit : 2026-05-20.

  • Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — CELEX 32014R0269

  • Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — CELEX 32014R0833

  • Code monétaire et financier (CMF) — art. L562-1 et s. (gel des avoirs), art. L574-3 (sanctions pénales : 5 ans d’emprisonnement, 750 000 € d’amende) ; Code pénal, art. 131-38 (quintuple de l’amende pour les personnes morales) — legifrance.gouv.fr

  • Projet de loi n° 2544 (déposé le 3 mars 2026) — transposition en cours de la directive (UE) 2024/1226 en France (délai dépassé le 20 mai 2025, mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025) — assemblee-nationale.fr

  • Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union — CELEX 32024L1226

  • Code monétaire et financier — dispositif LCB-FT (art. L561-1 et s.) — entités assujetties, déclaration de soupçon à Tracfin, conservation des documents — legifrance.gouv.fr

  • DG FISMA — page des sanctions contre la Russie : finance.ec.europa.eu — chronologie des paquets, FAQ, fichiers des listes

  • OFAC SDN List : ofac.treasury.gov

  • DG Trésor — registre national des gels d’avoirs : gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr


Footnotes


Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 2026-05-20.


  1. DG FISMA (Commission européenne), « Sanctions adopted following Russia’s military aggression against Ukraine » — page mise à jour le 23 avril 2026 : « Latest update: 23 April 2026 - 20th package of sanctions against Russia […] This page was last updated on 23 April 2026. » URL : https://finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures/sanctions-adopted-following-russias-military-aggression-against-ukraine_en ↩︎ ↩︎

  2. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — art. 2 §§ 1-2 : « Sont gelés tous les fonds et ressources économiques appartenant à toute personne physique […] énumérée à l’annexe I ou détenus ou contrôlés par elles. Aucun fonds ni aucune ressource économique n’est mis, directement ou indirectement, à la disposition des personnes […] énumérées à l’annexe I. » CELEX 32014R0269 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32014R0269 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  3. OFAC (U.S. Department of the Treasury), page des programmes de sanctions Ukraine/Russie : « U.S. Department of the Treasury. Office of Foreign Assets Control — A Part of Treasury’s Office of Terrorism and Financial Intelligence. » URL : https://ofac.treasury.gov/sanctions-programs-and-country-information/ukraine-russia-related-sanctions ↩︎ ↩︎

  4. Art. L574-3 du Code monétaire et financier — 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE ; combiné à l’art. 131-38 du Code pénal (amende ×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €). Code monétaire et financier — art. L574-3, art. 131-38 Code pénal, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  5. Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union et modifiant la directive (UE) 2018/1673 — art. 3 § 1 (l’intention comme élément constitutif de l’infraction). CELEX 32024L1226 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024L1226 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  6. Il n’existe pas en France de liste nationale autonome de sanctions financières — les mesures applicables proviennent des règlements de l’UE et le Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel, publié par la DG Trésor, reflète ces mesures. tresor.economie.gouv.fr ↩︎ ↩︎

  7. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — art. 2 § 1 : « Il est interdit de vendre, fournir, transférer ou exporter, directement ou indirectement, des biens et technologies à double usage […] à toute personne physique ou morale, toute entité ou tout organisme en Russie ou aux fins d’une utilisation en Russie […]. » CELEX 32014R0833 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32014R0833 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  8. Code monétaire et financier (CMF, art. L574-3) et Code pénal — cadre national de répression des règlements de sanctions de l’UE en France (directement applicables) ; le Code de la commande publique (art. L2141-1 et s.) prévoit l’exclusion des marchés publics des acteurs sanctionnés. La transposition de la directive (UE) 2024/1226 n’est pas encore intervenue (délai dépassé le 20 mai 2025) — en cours via le projet de loi n° 2544. assemblee-nationale.fr ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  9. EUR-Lex, définition du règlement de l’UE : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » (art. 288 TFUE). URL : https://eur-lex.europa.eu/EN/legal-content/summary/regulation-eu-legal-act.html ↩︎ ↩︎

  10. DG FISMA (Commission européenne), liste consolidée des sanctions financières de l’UE — fichiers XML/PDF disponibles à l’adresse : https://webgate.ec.europa.eu/fsd/fsf#!/files. Description sur la page : https://finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures/sanctions-adopted-following-russias-military-aggression-against-ukraine_en ↩︎ ↩︎ ↩︎

  11. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil (texte initial, version anglaise) — l’annexe I comportait 21 inscriptions au 17 mars 2014 ; le règlement ne renvoie pas directement aux listes de l’ONU. L’UE met en œuvre les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU par ses propres actes de droit dérivé et tient une liste autonome, plus large. CELEX 32014R0269 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:32014R0269 ↩︎ ↩︎

  12. OFAC (U.S. Department of the Treasury), Specially Designated Nationals And Blocked Persons List — « OFAC publishes this list of individuals and companies owned or controlled by, or acting for or on behalf of, targeted countries. » URL : https://ofac.treasury.gov/specially-designated-nationals-and-blocked-persons-list-sdn-human-readable-lists ↩︎ ↩︎

  13. DG Trésor (Direction générale du Trésor), Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel des avoirs — reflète les mesures de l’UE et les mesures nationales prononcées par arrêté ministériel. URL : https://gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr/, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  14. DG FISMA (Commission européenne), communiqué « EU adopts 18th package of sanctions against Russia » (18 juillet 2025) : « With this package, the number of listed vessels in Russia’s shadow fleet reaches a total of 444 vessels, and the number of individual listings exceeds 2500. » Les paquets 19 et 20 ont encore accru ce nombre. URL : https://finance.ec.europa.eu/news/eu-adopts-18th-package-sanctions-against-russia-2025-07-18_en ↩︎

  15. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil, annexe II — liste des technologies visées à l’art. 3, comprenant des codes NC (notamment 7304, 7305, 7306, 8207, 8413, 8430, 8705). Les codes NC figurent dans plusieurs annexes du règlement et de ses modifications — la liste complète se trouve dans le texte consolidé sur EUR-Lex. CELEX 32014R0833 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32014R0833 ↩︎

  16. TARIC Consultation (Commission européenne, DG TAXUD) — outil de vérification des restrictions commerciales liées aux codes NC. URL : https://ec.europa.eu/taxation_customs/dds2/taric/taric_consultation.jsp ↩︎ ↩︎

  17. DG FISMA (Commission européenne), FAQ — « Provision of services: FAQs on sanctions against Russia and Belarus, with focus on Article 5n of Council Regulation (EU) No 833/2014. » URL : https://finance.ec.europa.eu/publications/provision-services_en ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  18. DG FISMA (Commission européenne), section Transport — « Prohibition on Russian freight operators and on the use of Russian trailers and semi-trailers. Prohibition to access EU ports and locks for Russian-flagged vessels and vessels which manipulate or turn-off navigation systems when transporting Russian oil. » URL : https://finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures/sanctions-adopted-following-russias-military-aggression-against-ukraine_en ↩︎

  19. DG FISMA (Commission européenne), FAQ — « ‘No re-export to Russia’ clause: FAQs on sanctions against Russia and Belarus, with focus on Article 12g of Council Regulation (EU) No 833/2014 (18 December 2024). » L’art. 12g a été introduit par le 11e paquet de sanctions (23 juin 2023). URL : https://finance.ec.europa.eu/publications/no-re-export-russia-clause_en ↩︎

  20. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil, art. 12g — base juridique de l’exigence de déclaration de non-contournement des sanctions (clause « No re-export to Russia »). FAQ DG FISMA : https://finance.ec.europa.eu/publications/no-re-export-russia-clause_en ↩︎ ↩︎

  21. Sanctions commerciales — biens à double usage et positions de la liste des Common High Priority Items, soumis à la clause « No re-export to Russia » lors de l’exportation vers des pays tiers. DG FISMA — Commerce-related measures ↩︎

  22. DG FISMA (Commission européenne), FAQ — règle de propriété : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » URL : https://finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures/sanctions-adopted-following-russias-military-aggression-against-ukraine_en ↩︎ ↩︎

  23. DG FISMA (Commission européenne) — page des sanctions contre la Russie : signale les outils de lutte contre le contournement (anti-circumvention tool, art. 12g) et la catégorie des « third countries with continued and particularly high risk of circumvention » comme pays soumis à une surveillance renforcée. URL : https://finance.ec.europa.eu/eu-and-world/sanctions-restrictive-measures/sanctions-adopted-following-russias-military-aggression-against-ukraine_en ↩︎

  24. Code monétaire et financier — dispositif LCB-FT (Livre V, titre VI) : les entités assujetties conservent les documents et informations pendant cinq ans à compter de la fin de la relation d’affaires ou de l’exécution de l’opération. legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎

  25. Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b) : « les infractions visées à l’article 3, paragraphe 1, points a), b) et h) i) et ii), sont passibles d’une peine maximale d’au moins cinq ans d’emprisonnement » — pour les violations portant sur des fonds ou ressources économiques d’une valeur d’au moins 100 000 €. CELEX 32024L1226 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024L1226 ↩︎

  26. Directive (UE) 2024/1226, art. 20 § 1 : « Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 20 mai 2025. » CELEX 32024L1226 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024L1226 ↩︎

  27. CMF (art. L574-3) et Code pénal ainsi que les autorités d’exécution : DG Trésor, DGDDI (Douane), ACPR, Tracfin — autorités compétentes en France pour les sanctions et le gel des avoirs. tresor.economie.gouv.fr, douane.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎

  28. Code monétaire et financier — articles L561-1 et s. (catalogue des entités assujetties), articles L561-15 et s. (déclaration de soupçon à Tracfin). Tracfin, cellule de renseignement financier rattachée au ministère de l’Économie et des Finances, n’est pas l’autorité de contrôle des violations des sanctions économiques contre la Russie commises par des acteurs hors du secteur financier. legifrance.gouv.fr ↩︎