Sanctions et marchés publics — ce que tout candidat et tout acheteur doit savoir
L'art. 5duodecies du règlement 833/2014 et le Code de la commande publique imposent des obligations aux acheteurs et aux candidats dans les marchés publics. Découvrez qui est concerné, quelles sont les peines et comment se préparer.

État du droit : 26 mai 2026.
Si vous répondez à un marché public dépassant les seuils européens — ou si vous êtes vous-même l’acheteur — la réglementation des sanctions de l’UE vous impose une obligation à laquelle on ne peut pas se soustraire. Ce n’est pas une « bonne pratique ». C’est du droit de l’Union directement applicable — l’art. 5duodecies du règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil1 — combiné aux règles nationales de la commande publique2, qui ensemble excluent des marchés publics les opérateurs russes et biélorusses, ainsi que les personnes et entités figurant sur les listes de sanctions de l’UE.
Dans cet article, vous trouverez une carte concrète : qui doit faire quoi, quels sont les seuils, à quoi ressemble une clause de sanctions dans un dossier de consultation et ce que vous risquez si vous ignorez les règles.
TL;DR
- L’art. 5duodecies du règl. 833/2014 interdit d’attribuer des marchés publics dépassant les seuils européens aux entités russes, contrôlées par des personnes russes, ainsi qu’à celles dont les sous-traitants ou fournisseurs russes représentent plus de 10 % de la valeur du marché1.
- Le Code de la commande publique, combiné aux règlements de sanctions de l’UE, prévoit l’exclusion des opérateurs visés par une mesure restrictive (art. L2141-1 et s.)2.
- L’acheteur vérifie le candidat (exclusion obligatoire) — il répond du manquement.
- Le candidat établit une déclaration et répond de sa véracité — sous peine de nullité du contrat.
- Violation : annulation de la procédure, sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende (multipliée par cinq pour les personnes morales), au titre de l’art. L574-3 du Code monétaire et financier et de la directive 2024/122634.
D’où vient l’obligation ? Deux régimes qui s’appliquent simultanément
Une entreprise française qui répond à un marché public (ou qui le lance) est soumise à deux régimes juridiques indépendants. On les confond facilement, c’est pourquoi je les détaille :
Régime 1 : droit de l’UE — art. 5duodecies du règlement 833/2014
Le règlement (UE) 2022/576 du Conseil du 8 avril 2022, adopté dans le cadre du cinquième paquet de sanctions contre la Russie, a ajouté au règlement 833/2014 un nouvel article 5duodecies (5k)15. Cette disposition :
- Interdit d’attribuer des marchés publics et des concessions relevant des directives 2014/24/UE, 2014/25/UE, 2014/23/UE et 2009/81/CE — c’est-à-dire les marchés dépassant les seuils européens1.
- Destinataire de l’interdiction : tous les pouvoirs adjudicateurs et entités adjudicatrices de l’UE (les acheteurs au sens des directives « marchés »).
- Qui est exclu : (a) les ressortissants russes et les entités établies en Russie ; (b) les personnes morales dont plus de 50 % des parts appartiennent à des entités russes ; (c) les personnes morales contrôlées par des entités relevant des points (a) ou (b) ; (d) les opérateurs agissant pour le compte ou sous la direction d’entités relevant des points (a) à (c) ; (e) les marchés dans lesquels des sous-traitants, fournisseurs ou prestataires d’origine russe représentent plus de 10 % de la valeur du marché1.
- Entrée en vigueur : 9 avril 20225.
- Application aux contrats en cours : les contrats conclus avant le 9 avril 2022 devaient prendre fin au plus tard le 10 octobre 2022 (délai de grâce pour les contrats existants)1.
Le règlement de l’UE est directement applicable — il n’a pas besoin d’être transposé en droit national6. L’acheteur qui conclut un contrat avec une entité exclue viole le droit de l’UE indépendamment de ce que prévoit le droit national de la commande publique.
Seuils européens — quand l’art. 5duodecies s’applique
L’art. 5duodecies renvoie aux directives « marchés » de l’UE. Les seuils sont actualisés tous les deux ans par des règlements délégués de la Commission. Pour la période 2024–2025 (dernière actualisation — règlement délégué (UE) 2023/2495 de la Commission)7, les seuils nets s’élèvent à :
| Secteur | Travaux | Fournitures et services |
|---|---|---|
| Secteur classique — autorités gouvernementales centrales | 5 538 000 EUR | 143 000 EUR |
| Secteur classique — autres pouvoirs adjudicateurs | 5 538 000 EUR | 221 000 EUR |
| Secteurs spéciaux (services publics) | 5 538 000 EUR | 443 000 EUR |
| Défense et sécurité | 5 538 000 EUR | 443 000 EUR |
| Concessions | 5 538 000 EUR | — |
Valeurs nettes, hors TVA, pour la valeur estimée totale du marché. En dessous du seuil, l’art. 5duodecies ne s’applique pas — mais le régime national de la commande publique reste applicable (art. L2141-1 et s. du Code de la commande publique, ci-dessous).
Régime 2 : droit national — Code de la commande publique
Le droit français prévoit, à côté de l’application directe du droit de l’UE, ses propres motifs d’exclusion. Les articles L2141-1 et suivants du Code de la commande publique, combinés aux règlements de sanctions de l’UE, conduisent à l’exclusion des opérateurs économiques visés par une mesure restrictive2.
Concrètement :
- Une personne ou une entité figurant à l’annexe I du règl. 269/20148, à l’annexe I du règl. 765/2006 (Biélorussie)9 ou inscrite au registre national des gels d’avoirs tenu par la DG Trésor10 ne peut pas se voir attribuer un marché.
- Les fonds et ressources économiques d’une personne désignée étant gelés, tout paiement à son profit est en soi interdit par le règl. 269/20148 — ce qui rend l’attribution impossible quelle que soit la valeur du marché.
Ce qu’il faut encore savoir :
- En France, il n’existe pas de liste de sanctions nationale autonome : les listes appliquées sont les listes consolidées de l’UE et de l’ONU ; la DG Trésor tient cependant le registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel10.
- L’exclusion vise aussi les bénéficiaires effectifs (UBO) du candidat et les entités qui le contrôlent (par le jeu de la règle de propriété et de contrôle)211.
- L’exclusion est obligatoire dès lors qu’une mesure de gel s’applique — l’acheteur n’a pas de marge d’appréciation : un paiement au profit d’une personne désignée serait lui-même illicite.
Qui est concerné : acheteurs et candidats
Les deux régimes imposent des obligations à deux acteurs différents. On les confond facilement.
Obligations de l’acheteur
Si vous conduisez une procédure de marché public (administration, collectivité, établissement public, organisme de droit public — le périmètre est fixé par le Code de la commande publique12), vous devez :
- Vérifier chaque candidat au regard des listes :
- Vérifier les bénéficiaires effectifs du candidat (via le registre des bénéficiaires effectifs) ainsi que la structure de propriété au regard de la règle des 50 %13.
- Vérifier les sous-traitants — si le marché relève de l’art. 5duodecies de l’UE (au-dessus des seuils), également la valeur de la contribution des sous-traitants russes (plafond de 10 %).
- Documenter la vérification — inscription au rapport de présentation de la procédure12.
- Insérer une clause de sanctions dans le contrat — particulièrement importante pour les marchés exécutés sur une longue durée (évolution du statut du candidat ou de l’un de ses partenaires en cours d’exécution).
Absence de vérification = violation des règlements de sanctions de l’UE + violation du droit de la commande publique. Cela peut entraîner l’annulation de la procédure par le juge administratif ou un contrôle des autorités compétentes (DG Trésor, DGDDI)14.
Obligations du candidat
Si vous déposez une offre dans un marché public :
- Établissez une déclaration sur l’honneur d’absence de motif d’exclusion (document unique de marché européen — DUME — ou déclaration équivalente)12.
- Communiquez les documents de vérification à la demande de l’acheteur — y compris les informations sur la structure de propriété, les bénéficiaires effectifs et le pays d’établissement.
- Si vous recourez à des sous-traitants représentant plus de 10 % de la valeur du marché (pour les marchés relevant de l’UE) — documentez leur structure de propriété.
- Actualisez l’information en cours d’exécution — si l’un de vos sous-traitants ou fournisseurs vient à figurer sur une liste de sanctions après la conclusion du contrat, vous avez l’obligation d’en informer l’acheteur et de modifier votre montage.
Une déclaration mensongère n’est pas seulement un motif d’exclusion : elle peut engager votre responsabilité pénale (faux et usage de faux, escroquerie au sens du Code pénal)15.
En pratique — si vous menez une vérification de la contrepartie au regard des listes de sanctions comme un élément de routine de votre processus commercial, vous remplissez automatiquement la plupart des exigences documentaires.
Procédure d’exclusion — ce que l’acheteur vérifie concrètement
En pratique, l’acheteur doit conduire trois niveaux de vérification du candidat.
Niveau 1 : dénomination et numéro d’identification au regard des listes
L’étape la plus simple. On reprend les données de l’offre :
- Dénomination complète du candidat (raison sociale)
- Numéro SIREN/SIRET ou numéro au registre du commerce du pays d’établissement
- Adresse du siège
Et on vérifie dans :
- L’annexe I du règl. 269/2014 (personnes physiques et morales soumises au gel des avoirs)8
- L’annexe I du règl. 765/2006 (Biélorussie)9
- Le registre national des gels d’avoirs de la DG Trésor10
Résultat : correspondance ou absence de correspondance. Une correspondance = exclusion obligatoire.
Niveau 2 : structure de propriété — règle des 50 %
La dénomination du candidat peut être « propre », mais sa société mère ne l’est pas forcément. On vérifie :
- Le bénéficiaire effectif (UBO) via le registre des bénéficiaires effectifs — figure-t-il sur l’une des listes13
- L’entité qui exerce le contrôle — la société mère du candidat est-elle visée
- La structure capitalistique — si une personne ou une entité figurant sur une liste détient plus de 50 % des parts du candidat, celui-ci est lui aussi exclu (la règle de propriété de 50 %11)
La règle de propriété et de contrôle est un élément souvent sous-estimé — décrit en détail dans notre article sur la règle de propriété de 50 % dans les sanctions.
Niveau 3 : sous-traitants et origine des biens (art. 5duodecies de l’UE)
Uniquement pour les marchés relevant de l’art. 5duodecies de l’UE (au-dessus des seuils). On vérifie :
- La liste des sous-traitants indiqués dans l’offre
- La valeur de leur contribution (si elle est d’origine russe — plafond de 10 % de la valeur du marché)
- L’origine des biens, services ou logiciels compris dans le marché
Ce niveau exige la coopération du candidat — celui-ci établit une déclaration et communique les documents.
Clause de sanctions dans le contrat — modèle et pièges
Tout contrat conclu à l’issue d’une procédure de marché public devrait comporter une clause de sanctions. Ce n’est pas une exigence légale explicite, mais une pratique recommandée — sans elle, l’acheteur perd la possibilité de résilier le contrat lorsque le candidat (ou l’un de ses partenaires) vient à figurer sur une liste en cours d’exécution.
Périmètre minimal d’une clause de sanctions dans un marché public :
- Déclaration du candidat d’absence de motif d’exclusion au jour de la conclusion du contrat — au titre de l’art. 5duodecies de l’UE et du droit national de la commande publique.
- Obligation d’informer l’acheteur des changements dans la structure de propriété, les sous-traitants, les fournisseurs — dans un délai de 7 jours à compter du changement.
- Droit de résiliation du contrat en cas d’inscription du candidat ou de son UBO sur une liste — avec obligation de paiement de la seule part de la prestation exécutée.
- Clause de sous-traitance — interdiction de sous-traiter au-delà d’un seuil déterminé (par ex. 10 % de la valeur du contrat) sans accord préalable de l’acheteur et vérification au regard des listes de sanctions.
- Clause d’information — le candidat accepte une vérification périodique de ses données par l’acheteur.
Piège 1 : une clause trop vague (« le candidat déclare ne pas faire l’objet de sanctions ») — le juge ne la reconnaîtra pas comme fondement de résiliation si la situation a évolué en cours d’exécution et que la clause ne couvrait pas l’actualisation.
Piège 2 : absence de procédure de vérification périodique — si le contrat dure 24 mois et que le candidat vient à figurer sur une liste au 18ᵉ mois, l’acheteur continue de payer la prestation. La clause doit obliger le candidat à une information continue.
Piège 3 : une stipulation prévoyant une pénalité contractuelle en cas de déclaration mensongère — ne remplace pas l’obligation d’exclusion. Ce sont deux régimes distincts.
Des modèles pratiques de clauses de sanctions — avec l’ensemble du paquet de documents de mise en œuvre — sont présentés dans l’article politique de sanctions et modèles de documents.
Ce que vous risquez si vous ne faites rien
Du côté de l’acheteur
- Annulation de la procédure ou du contrat par le juge administratif sur recours d’un autre candidat14.
- Contrôle des autorités compétentes (DG Trésor, DGDDI) — rapport, échanges, éventuelles recommandations14.
- Responsabilité des agents ayant préparé la procédure (manquement aux règles de la gestion publique)16.
- Violation du droit de l’UE — un acheteur mobilisant des fonds publics (nationaux + UE) risque le remboursement du cofinancement si la procédure était cofinancée (fonds structurels, plan de relance).
Du côté du candidat
- Exclusion de la procédure — et perte de la garantie éventuellement constituée.
- Interdiction de soumissionner pour une durée déterminée, le candidat étant frappé d’un motif d’exclusion tant que la mesure restrictive s’applique12.
- Responsabilité pénale pour déclaration mensongère (faux, escroquerie au sens du Code pénal)15.
- Sanctions pénales pour violation des mesures restrictives — art. L574-3 du Code monétaire et financier : 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende, multipliée par cinq pour les personnes morales (art. 131-38 du Code pénal), soit 3 750 000 €3.
- Responsabilité pénale — la directive (UE) 2024/1226, dont la transposition en France est en cours (projet de loi n° 2544, délai dépassé le 20 mai 2025), érige en infraction pénale la violation des sanctions de l’UE, avec une peine maximale d’au moins 5 ans d’emprisonnement pour les violations les plus graves ; en droit français en vigueur, ces violations sont déjà réprimées par l’art. L574-3 du CMF4.
Une carte détaillée des peines est présentée dans l’article sur les sanctions pénales en cas de violation des sanctions.
Scénario pratique
Une société française fournit un logiciel à une préfecture, pour un marché d’une valeur de 280 000 EUR. En cours d’exécution, il apparaît que l’un des sous-traitants (un composant de bibliothèque logicielle) est une société chypriote contrôlée à 60 % par une personne physique figurant sur la liste de sanctions de l’UE. Conséquences :
- La préfecture : violation de l’art. 5duodecies — procédure d’examen au niveau de la Commission, risque de perte du cofinancement de l’UE pour la partie concernée du projet.
- La société française : exclusion de la procédure, perte de la garantie, interdiction de soumissionner, contrôle de la DG Trésor et de la DGDDI, risque de sanctions pénales.
- Le dirigeant : éventuellement des poursuites pénales (faux, escroquerie).
La plupart de ces conséquences peuvent être évitées par une vérification de routine des sous-traitants avant la conclusion du contrat — pas après la première facture.
Secteurs les plus exposés
Dans le contexte des marchés publics, les entreprises des secteurs dont la chaîne d’approvisionnement est parfois opaque doivent être particulièrement vigilantes :
- Transport et logistique (sanctions et transport) — acheminement de biens soumis à des restrictions sectorielles, correspondants d’entités russes.
- Crédit-bail / leasing (sanctions et leasing) — financement d’immobilisations pour des candidats susceptibles de se révéler liés à des entités sanctionnées.
- Cabinets d’expertise comptable (sanctions et experts-comptables) — tenue de la comptabilité de candidats répondant à des marchés, lorsqu’ils sont eux-mêmes assujettis à la LCB-FT.
- E-commerce et informatique — fournisseurs de logiciels, d’hébergement, d’infrastructure — souvent avec des sous-traitants dans des pays tiers.
- Cabinets d’avocats (sanctions et cabinets d’avocats) — conseil juridique pour des candidats soumis à des obligations déclaratives.
Comment Sanqto vous aide
Sanqto est un logiciel de sanction screening que vous installez dans votre propre réseau — les données des candidats et des sous-traitants ne quittent pas votre infrastructure. Le modèle de résultat à trois états (MATCH / POSSIBLE / CLEAR) et un temps de réponse sub-30ms permettent d’intégrer la vérification directement dans le workflow de l’acheteur ou du candidat :
- Vous vérifiez chaque candidat et son UBO au regard des listes UE, DG Trésor, OFAC et ONU en une seule requête.
- En cas de modification des listes (mises à jour quotidiennes) — revérification automatique des contrats en cours.
- La documentation de la procédure (rapport + preuve de vérification) est générée automatiquement.
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Pour une lecture plus fondamentale : pourquoi les entreprises hors du secteur financier ont, elles aussi, une obligation de sanction screening.
Base juridique
- Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil (mesures restrictives à l’encontre de la Russie), art. 5duodecies — introduit par le règl. 2022/576 du 8 avril 202215.
- Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil (personnes soumises au gel des avoirs — UE)8.
- Règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil (Biélorussie)9.
- Code de la commande publique — articles L2141-1 et suivants (motifs d’exclusion), combinés aux règlements de sanctions de l’UE2.
- Code monétaire et financier — art. L574-3 (sanctions pénales : 5 ans d’emprisonnement, 750 000 € d’amende), combiné à l’art. 131-38 du Code pénal3.
- Directives « marchés » de l’UE : 2014/24/UE (secteur classique), 2014/25/UE (secteurs spéciaux), 2014/23/UE (concessions), 2009/81/CE (défense)7.
- Règlement délégué (UE) 2023/2495 de la Commission actualisant les seuils des marchés publics pour 2024–20257.
- Directive (UE) 2024/1226 relative à la criminalisation des violations des sanctions — transposition en France en cours via le projet de loi n° 2544 (délai dépassé le 20 mai 2025)4.
- Registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel tenu par la DG Trésor10.
- Registre des bénéficiaires effectifs13.
Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 26 mai 2026.
Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — version consolidée avec l’art. 5duodecies. EUR-Lex CELEX : 02014R0833. eur-lex.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Code de la commande publique, articles L2141-1 et suivants combinés aux règlements de sanctions de l’UE — exclusion des marchés publics pour les opérateurs sanctionnés. legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Art. L574-3 du CMF (5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende) combiné à l’art. 131-38 du Code pénal (amende ×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €) — Code monétaire et financier — art. L574-3, art. 131-38 Code pénal, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎
Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union. En France, transposition non encore intervenue (délai dépassé le 20 mai 2025, mise en demeure de la Commission le 24 juillet 2025) — en cours via le projet de loi n° 2544. EUR-Lex CELEX : 32024L1226. eur-lex.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎
Règlement (UE) 2022/576 du Conseil du 8 avril 2022 modifiant le règlement (UE) n° 833/2014 — cinquième paquet de sanctions de l’UE contre la Russie. Date d’entrée en vigueur : 9 avril 2022. EUR-Lex CELEX : 32022R0576. eur-lex.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎
Un règlement de l’UE est directement applicable dans chaque État membre et n’a pas besoin d’être transposé. Source : EUR-Lex — « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » eur-lex.europa.eu ↩︎
Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics. Actualisation des seuils : règlement délégué (UE) 2023/2495 de la Commission du 15 novembre 2023. eur-lex.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎
Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. EUR-Lex CELEX : 32014R0269. eur-lex.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Règlement (CE) n° 765/2006 du Conseil du 18 mai 2006 concernant des mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie. EUR-Lex CELEX : 32006R0765. eur-lex.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Il n’existe pas en France de liste de sanctions nationale autonome — les listes appliquées sont les listes consolidées de l’UE et de l’ONU ; la DG Trésor tient le registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel. gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Règle de propriété (ownership/control rule) — les sanctions de l’UE visent les entités dont un destinataire détient au moins 50 % des parts ou qu’il contrôle. Source : FAQ DG FISMA — « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎
Code de la commande publique — partie législative (motifs d’exclusion, rapport de présentation, déclarations des candidats, durée des interdictions de soumissionner). legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
Registre des bénéficiaires effectifs — Code monétaire et financier, articles L561-46 et suivants. La déclaration des bénéficiaires effectifs est exigée des sociétés assujetties à la LCB-FT. legifrance.gouv.fr ↩︎ ↩︎ ↩︎
CMF (art. L574-3) et Code pénal — autorités d’exécution en France : DG Trésor (gel des avoirs), DGDDI (Douane, embargos commerciaux), Tracfin. Le contentieux de l’attribution des marchés relève du juge administratif. DG Trésor ↩︎ ↩︎ ↩︎
Code pénal — escroquerie (art. 313-1) et faux et usage de faux (art. 441-1) ; sanctions applicables aux déclarations mensongères dans une procédure de marché public. legifrance.gouv.fr ↩︎ ↩︎
Responsabilité des agents publics intervenant dans la préparation et la passation des marchés — régime de la gestion publique et responsabilité financière (Code des juridictions financières, livre Ier titre I4). legifrance.gouv.fr ↩︎