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Sanctions pénales et amendes pour violation des sanctions UE en France

Quelles sanctions encourent les entreprises en cas de violation des sanctions de l'UE ? 5 ans d'emprisonnement, 750 000 € d'amende (×5 pour les personnes morales), nullité contractuelle. Bases légales et autorités.

Publié : Mis à jour : · Sanqto-Team · 22 min de lecture
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Tribunal jugeant une violation des sanctions de l'UE — sanctions pour violation des mesures restrictives pour les entreprises hors secteur financier
Une violation des sanctions de l'UE peut se terminer par une procédure pénale contre les dirigeants et par une amende considérable contre l'entreprise.

Une violation des sanctions de l’UE contre la Russie ou la Biélorussie peut se solder par une peine d’emprisonnement pour le dirigeant et par une amende considérable contre la personne morale — et cela ne concerne pas que les banques. Agences de voyage, cabinets d’agents immobiliers, courtiers d’assurance ou boutiques e-commerce relèvent des mêmes règles, mais le savent rarement. Cet article répond précisément à la question : qu’est-ce que votre entreprise et vous-même risquez personnellement, en l’absence de conformité sanctions ?


Si vous avez peu de temps — l’essentiel

  • Une violation des sanctions de l’UE fonde trois types de responsabilité simultanément : pénale (peine d’emprisonnement pour les personnes physiques), pénale des personnes morales (amende contre l’entreprise) et civile (nullité contractuelle, exclusion des marchés publics).
  • La directive (UE) 2024/1226 exige une peine maximale d’au moins 5 ans d’emprisonnement pour les violations graves (notamment la mise à disposition de fonds, le non-respect d’une décision de gel, les transactions ≥ 100 000 €) et d’au moins 3 ans pour les violations des interdictions d’entrée. 12
  • Pour les personnes morales : amende d’au moins 5 % du chiffre d’affaires annuel mondial total ou 40 M€ — le montant le plus élevé étant retenu — pour les infractions principales. 3
  • Votre entreprise peut être contrôlée par la DG Trésor (gel des avoirs et mesures restrictives financières), la Douane (DGDDI, contrôle frontalier et embargos), Tracfin (déclarations de soupçon) — et non pas seulement par l’ACPR. 45
  • « Je ne savais pas » ne décharge pas automatiquement — l’absence de toute procédure sanctions est une circonstance aggravante, et non pas atténuante.
  • Le délai de transposition de la directive a expiré le 20 mai 2025. 6 La France a transposé en avance, par la loi DDADUE n° 2024-364 du 22 avril 2024, qui a modifié l’article L574-3 du Code monétaire et financier. 7
  • Ce qu’il faut faire maintenant : vérifier si votre entreprise est soumise à l’obligation de screening, et commencer à documenter les contrôles de partenaires.

Trois types de responsabilité en cas de violation des sanctions

Le droit des sanctions ne limite pas la responsabilité à un seul régime. Une entreprise et ses dirigeants peuvent voir leur responsabilité engagée à trois niveaux simultanément — pénale (personnes physiques), pénale des personnes morales et civile. Cette distinction a une portée pratique : la responsabilité pénale concerne les personnes physiques, la responsabilité de la personne morale concerne l’entreprise dans son ensemble, la responsabilité civile concerne la validité des contrats conclus et la participation aux marchés publics.

La base matérielle, ce sont les règlements (UE) n° 269/2014 8 et n° 833/2014 9, qui s’appliquent directement dans chaque État de l’UE — en France complétés par le Code monétaire et financier (CMF) et la loi DDADUE n° 2024-364 du 22 avril 2024 (ensemble : droit français des sanctions). 7

Responsabilité pénale — peine d’emprisonnement pour les personnes physiques

Une violation des sanctions n’est pas seulement un risque financier pour la société. Dirigeant, membre du directoire, mandataire — toute personne physique ayant matériellement provoqué une transaction interdite peut se retrouver personnellement devant le juge correctionnel.

L’article L574-3 du Code monétaire et financier punit les violations des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE de 5 ans d’emprisonnement et de 750 000 € d’amende. 10 La même peine s’applique aux actes de participation qui ont pour objet ou pour effet le contournement de ces interdictions — ce qui prive d’effet l’argument « je n’ai agi que via un intermédiaire ». 10

La directive (UE) 2024/1226 harmonise les sanctions pénales dans toute l’UE selon le mécanisme « minimum for the maximum » — elle impose aux États membres de prévoir dans leur droit interne une peine maximale au moins égale au niveau fixé. 11 Pour les violations graves — mise à disposition de fonds à un acteur sanctionné, non-respect du gel, ou violations de l’art. 3 § 1 a), b) et h)(i)–(ii) — pour une valeur de transaction d’au moins 100 000 €, la peine maximale doit être d’au moins cinq ans d’emprisonnement. 1 Pour les violations des interdictions d’entrée des personnes physiques sanctionnées, la directive exige une peine maximale d’au moins trois ans. 2 Pour les violations relatives aux biens, services ou transactions visés à l’art. 3 § 1 d)–g) et i) d’une valeur d’au moins 100 000 € — pour les biens militaires de la liste commune des équipements militaires de l’UE sans seuil — la peine maximale doit également être d’au moins cinq ans. 12

Important : la directive 2024/1226 criminalise aussi l’incitation et la complicité à la violation des sanctions — votre service achats qui « ferme les yeux » est également exposé. 13

Responsabilité de la personne morale et sanctions financières — amendes contre l’entreprise

Indépendamment de la responsabilité pénale des personnes physiques, l’entreprise en tant qu’acteur est financièrement responsable. Le droit français prévoit ici deux mécanismes distincts.

Premièrement : l’article L574-3 du CMF prévoit une amende de 750 000 € pour la personne physique en cas de violation des sanctions. Deuxièmement : en application de l’article 131-38 du Code pénal, l’amende encourue par les personnes morales est multipliée par cinq par rapport à celle prévue pour les personnes physiques — soit 3 750 000 € (750 000 × 5) pour une violation des sanctions. 1415 S’y ajoute la confiscation au titre des articles 131-21 et 132-1 du Code pénal — les biens ayant servi à commettre l’infraction ou qui en sont le produit peuvent être confisqués, sans plafond.

La directive (UE) 2024/1226 impose aux États de l’UE de veiller à ce que les amendes contre les personnes morales pour les violations graves soient d’au moins 5 % du chiffre d’affaires annuel mondial total ou de 40 000 000 € — le montant le plus élevé étant retenu. 3 Pour les violations des obligations de déclaration, le seuil minimal est de 1 % du chiffre d’affaires ou 8 000 000 €. 3

Pour une petite entreprise : 5 % du chiffre d’affaires annuel pour 10 M€ de CA représente 500 000 € — la sanction est proportionnelle à la taille de l’entreprise et n’est pas un problème réservé aux grands groupes.

Conséquences civiles — nullité contractuelle et effets sur les contrats

Le troisième niveau de responsabilité est moins évident, mais peut être tout aussi douloureux. Les contrats avec des acteurs sanctionnés peuvent être nuls — comme contrats portant sur une cause ou un objet illicite au sens de l’article 1162 du Code civil, combiné à l’art. 2 du règl. (UE) 269/2014. 8

Une entreprise qui a déjà exécuté une transaction avec un acteur sanctionné peut être tenue de restituer les sommes reçues. Ce risque est particulièrement pertinent pour les contrats B2B de longue durée, dans lesquels l’inscription du partenaire sur la liste est intervenue en cours d’exécution.

L’exclusion des marchés publics est une conséquence distincte au titre des articles L2141-1 et suivants du Code de la commande publique combinés aux règlements de l’UE — un acteur listé est exclu des procédures de passation pour la durée de l’inscription. Si votre entreprise traite des marchés du secteur public, une inscription signifie la sortie immédiate du marché.

Les régulateurs sectoriels peuvent ensuite, dans le cadre de leurs compétences générales de contrôle, envisager le retrait d’agrément si la violation des sanctions a été constatée dans la procédure.

Les clauses sanctions dans les contrats B2B avec des partenaires étrangers — notamment des États-Unis, du Royaume-Uni ou d’Allemagne — deviennent de plus en plus standard. L’absence de déclaration sur l’absence de lien avec des acteurs sanctionnés peut fournir à l’autre partie un motif de résiliation.

Les banques résilient souvent les relations de banque correspondante en cas de violation des sanctions — ce qui peut paralyser les flux transfrontaliers.


Qui contrôle — les autorités compétentes en France

La plupart des chefs d’entreprise pensent que les sanctions sont l’affaire de l’ACPR et des banques. Une erreur qui peut coûter cher. Les entreprises hors secteur financier sont soumises à au moins trois autorités différentes.

AutoritéDomaine de compétenceBase légaleQui est concerné
DG Trésor (Direction générale du Trésor)Gel des avoirs, registre national des gels, mesures restrictives financières ; autorisationsCMF combiné à la loi DDADUE 14Toute entreprise concernée par une mesure de gel ; tout acteur en lien avec un sanctionné
DGDDI (Douane)Contrôle frontalier, embargos commerciaux, contrôle des exportationsCode des douanes, CMF 4Importateurs/exportateurs
Tracfin (cellule de renseignement financier)Réception des déclarations de soupçon des assujettis LCB-FTArt. L561-15 CMF 5Agents immobiliers, intermédiaires en assurance, sociétés de leasing, experts-comptables — en tant qu’assujettis
ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution)Contrôle prudentiel des banques et assurancesCode monétaire et financierBanques, assureurs, courtiers d’assurance
Parquet national financier (PNF)Poursuites pénales pour violations graves des sanctionsCode de procédure pénaleTous les acteurs

Si vous dirigez un cabinet de courtage, une agence de voyage ou une société de leasing — vous êtes éventuellement assujetti au titre de l’article L561-2 du CMF. 5 Cela signifie que Tracfin peut vous contrôler aussi au regard de l’application des mesures de sanction. La DG Trésor et la Douane interviennent si votre entreprise exporte vers la Russie ou n’a pas exécuté une décision de gel. La DG Trésor peut prononcer des mesures de gel par arrêté ministériel.

La DG Trésor centralise par ailleurs la coordination de l’application des mesures restrictives de l’UE et tient le registre national des gels — elle est l’autorité de référence en cas de doute et soutient les autres autorités dans la confiscation des avoirs. Plus de détails sur les listes pertinentes pour les entreprises françaises dans l’article Paquets de sanctions de l’UE contre la Russie — ce que votre entreprise doit savoir.

Le guide détaillé sur les listes de sanctions de l’UE, de l’ONU et de l’OFAC est également disponible sur notre site — il explique comment lire les entrées et à quelle fréquence les listes sont mises à jour.


Ce que change la directive (UE) 2024/1226 et la loi DDADUE

Jusqu’en 2024, les peines pour violation des sanctions de l’UE différaient drastiquement entre les États membres. Dans un pays, c’était une contravention, dans un autre — une infraction pénale grave. Les entreprises pouvaient tenter d’« optimiser » par les juridictions au droit plus clément. La directive (UE) 2024/1226 du 24 avril 2024 11 met fin à cette disparité.

C’est le premier acte de l’UE qui harmonise les standards minimaux des sanctions pénales pour violation des sanctions dans l’ensemble des 27 États de l’UE. La directive définit à son article 3 § 1 16 un catalogue fermé de comportements infractionnels — couvrant aussi bien la mise à disposition de fonds à un acteur sanctionné que la circulation de biens interdits, la fourniture de services financiers et non financiers ou la facilitation de l’entrée d’une personne sanctionnée sur le territoire de l’UE.

Le délai de transposition pour tous les États de l’UE a expiré le 20 mai 2025. 6 La France a transposé en avance, dès le 22 avril 2024, par la loi DDADUE n° 2024-364, qui a modifié l’article L574-3 du Code monétaire et financier en introduisant et renforçant les sanctions pénales : 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende, multipliée par cinq pour les personnes morales (3 750 000 €). La France figure ainsi parmi les premiers États membres à avoir respecté le délai.

Le retard de transposition dans certains pays ne signifie pas une impunité. Les règlements de l’UE 269/2014 et 833/2014 s’appliquent directement — sans transposition nationale. 89 Le droit français — y compris les sanctions de l’article L574-3 du CMF — s’applique d’ores et déjà. 10 La directive ne fait que relever le seuil minimal, et la loi DDADUE étend le catalogue d’infractions et renforce les sanctions pour les actes de contournement.

Une analyse plus approfondie des nouvelles dispositions figure dans l’article Directive (UE) 2024/1226 : transposition française et impact sur les entreprises.


« Mais je ne savais pas » — l’ignorance excuse-t-elle ?

L’argument le plus fréquent. Et le plus faible.

Les règlements de l’UE ont effet direct — ils s’imposent à tout entrepreneur sur le marché de l’UE sans publication nationale. 89 Vous n’avez pas besoin de « connaître » la norme — il suffit qu’une transaction avec un acteur sanctionné ait eu lieu.

L’ignorance de l’inscription d’un partenaire sur la liste peut influencer la détermination de la peine — dans les deux sens. La directive 2024/1226 énumère à l’art. 8 les circonstances aggravantes et à l’art. 9 les circonstances atténuantes. 13 Parmi les atténuantes, notamment l’information volontaire des autorités. Parmi les aggravantes — l’action dans une structure organisée, l’utilisation de faux documents ou l’obtention d’un avantage patrimonial important.

Conclusion essentielle : l’absence de toute procédure sanctions est interprétée par les autorités comme la preuve d’une négligence grave — et non comme une circonstance atténuante. Une entreprise qui n’a pas mis en place de screening, n’a pas désigné de responsable et ne tient pas de registre des contrôles est en position nettement plus défavorable que celle qui a mis en place des procédures documentées, même imparfaites.

Questions fréquentes

L’entreprise est-elle responsable si elle ignorait que le partenaire était listé ? Oui. L’ignorance n’exclut pas la responsabilité — elle peut influencer la peine, mais n’est pas un blanc-seing automatique. L’obligation de diligence pèse sur l’entreprise.

Qui est responsable — la société ou le dirigeant ? Les deux simultanément. L’entreprise répond pénalement (en tant que personne morale, amende multipliée par cinq) et civilement (nullité contractuelle). Le dirigeant ou toute autre personne physique ayant provoqué la violation est pénalement responsable — personnellement.

Une politique sanctions atténue-t-elle la peine ? Oui. Un screening documenté et une politique sanctions écrite sont un argument en faveur de l’entreprise. Les autorités examinent si l’acteur a agi de bonne foi et a pris des mesures raisonnables de vérification des partenaires. 13


Sanctions internationales vs « sanctions » en droit fiscal — à ne pas confondre

Dans l’usage courant français, le mot « sanction » s’emploie parfois aussi en droit fiscal ou en droit de la concurrence — comme synonyme d’amende ou de pénalité. À ne pas confondre avec les sanctions internationales.

Critère« Sanctions » au sens général (ex. droit fiscal)Sanctions internationales (UE/ONU)
Qu’est-ce que c’estAmende ou majoration en cas d’infraction fiscaleInterdiction de transactions avec une personne ou un État visé par un régime de sanctions
Qui les infligeAdministration fiscaleUE (Conseil), ONU, États-Unis (OFAC)
Base légaleLPF, CGI, Code du commerceRègl. (UE) 269/2014 8, 833/2014 9, CMF/DDADUE 7
Autorité de contrôleAdministration fiscale, contrôle fiscalDG Trésor, DGDDI, Tracfin, ACPR, PNF
ConséquencesAmende au titre du droit fiscal — autre mécanisme, sans lien avec les listes de sanctions5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende (art. L574-3 CMF) ; ×5 pour personne morale (3 750 000 €) ; au moins 5 % du CA mondial ou 40 M€ selon la directive 2024/1226 ; nullité contractuelle

Cet article traite exclusivement des sanctions internationales de l’UE et de l’ONU contre des personnes et des entités liées à la Russie, à la Biélorussie, à l’Iran, à la Syrie et à d’autres régimes sanctionnés. Les conséquences d’une violation de ces sanctions sont nettement plus graves qu’une amende fiscale.


Comment limiter le risque — ce qu’il faut faire concrètement

La conformité sanctions n’exige pas des armées d’avocats. Elle exige un processus. Voici six étapes que vous pouvez mettre en œuvre, indépendamment de la taille de l’entreprise.

  1. Vérifiez si votre entreprise est soumise à l’obligation de sanction screening. Toute entreprise doit respecter directement les règlements de l’UE — sans exception. L’étendue des obligations supplémentaires (par ex. déclarations à Tracfin) dépend de votre statut d’assujetti LCB-FT au titre de l’article L561-2 du CMF. Détails dans l’article Mon entreprise doit-elle faire du sanction screening ?.

  2. Identifiez les partenaires à haut risque. Commencez par les acteurs ayant des liens avec la Russie, la Biélorussie, l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord. Passez en revue les contrats actifs et l’historique des transactions des deux dernières années. Les contrats déjà conclus doivent aussi être vérifiés — l’inscription d’un partenaire sur la liste peut intervenir en cours d’exécution.

  3. Effectuez le contrôle face aux listes de sanctions. Vérifiez l’EU Consolidated Sanctions List (disponible sur sanctionsmap.eu) ainsi que le registre national des gels tenu par la DG Trésor — et, en cas de points de contact américains, la liste OFAC SDN. Un guide sur les listes de sanctions et leur vérification figure dans l’article Listes de sanctions de l’UE — comment les vérifier.

    Des conseils pratiques sur la vérification des partenaires sont décrits dans l’article Vérification sanctions du partenaire — étape par étape.

  4. Mettez en place une procédure écrite et désignez un responsable. Une politique sanctions écrite, une procédure pour les collaborateurs en contact avec les partenaires et un registre des résultats sont le minimum. Sans documentation, le screening n’existe pas aux yeux de l’autorité de contrôle — une procédure orale n’est pas une procédure.

  5. Documentez chaque contrôle et son résultat. Date du contrôle, liste utilisée, résultat (MATCH / POSSIBLE / CLEAR), opérateur — ces informations forment le bouclier en cas de procédure. Une trace de contrôle avant la transaction est une preuve de diligence.

  6. Suivez les évolutions des listes et de la législation. De nouveaux paquets de sanctions de l’UE contre la Russie paraissent régulièrement — de nombreux paquets ont déjà été adoptés à ce jour. Abonnez-vous aux alertes de la DG Trésor et d’EUR-Lex. Suivez l’évolution du droit français — l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions peut nécessiter une mise à jour de vos procédures.


Comment Sanqto peut aider

La mise en place de la conformité sanctions ne doit pas commencer par mandater un cabinet externe. Sanqto propose un logiciel de sanction screening installé dans le réseau du client — les données des partenaires ne quittent pas l’infrastructure de votre entreprise (modèle on-premise). Le système fournit un résultat en trois états — MATCH, POSSIBLE ou CLEAR — et journalise automatiquement chaque contrôle avec date, liste utilisée et résultat. Un temps de réponse inférieur à 30 ms permet le contrôle pendant l’onboarding client, sans ralentir l’activité.

Dans le pack des documents de mise en œuvre, vous trouvez une politique sanctions prête à l’emploi, une procédure et des modèles de registre des résultats — adaptés aux exigences françaises et de l’UE, sans avoir à les rédiger de zéro. La formation et la certification du Compliance Officer apportent à la personne désignée le savoir nécessaire pour traiter le quotidien et comprendre la réglementation.

Secteurs avec ressources dédiées :


Bases juridiques

  • Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — CELEX 32014R0269 — dans sa version successivement modifiée
  • Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — CELEX 32014R0833 — dans sa version successivement modifiée
  • Code monétaire et financier (CMF) — en particulier les articles L574-1 à L574-3 — legifrance.gouv.fr
  • Loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne (DDADUE) — JORF n° 0095 du 23 avril 2024
  • Code pénal — articles 121-2 (responsabilité pénale des personnes morales), 131-21 (confiscation), 131-38 (multiplication par cinq de l’amende pour les personnes morales) — legifrance.gouv.fr
  • Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union — CELEX 32024L1226
  • Code monétaire et financier — Livre V titre VI (LCB-FT), articles L561-1 et suivants — legifrance.gouv.fr
  • Code de la commande publique — articles L2141-1 et suivants (exclusions des marchés publics)

Questions fréquentes (FAQ)

Quelles sanctions encourt-on pour violation des sanctions de l’UE ? La violation fonde trois types de responsabilité simultanément. Une personne physique (dirigeant, membre du directoire) risque 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende au titre de l’article L574-3 du CMF. Après transposition de la directive 2024/1226 par la loi DDADUE, ces peines sont confirmées et étendues. L’entreprise (personne morale) encourt une amende multipliée par cinq, soit 3 750 000 € (art. 131-38 du Code pénal), ou — au titre de la directive — au moins 5 % du chiffre d’affaires mondial ou 40 M€. S’y ajoutent la nullité contractuelle et l’exclusion des marchés publics.

Les violations des sanctions de l’UE ne concernent-elles que les grandes entreprises ? Non. Les règlements de l’UE imposent à toute entreprise active sur le marché de l’UE — indépendamment du chiffre d’affaires, du nombre de salariés ou du secteur. La peine peut être proportionnée au chiffre d’affaires, mais l’obligation de conformité est identique.

Qui peut contrôler mon entreprise en France au titre des sanctions ? Selon la nature de la violation. La DG Trésor exerce les missions liées au gel des avoirs et tient le registre national des gels. La Douane (DGDDI) contrôle les frontières et les embargos commerciaux. Tracfin contrôle les assujettis LCB-FT (agents immobiliers, intermédiaires en assurance, experts-comptables). L’ACPR contrôle les acteurs financiers. Le Parquet national financier (PNF) ou les parquets locaux mènent les poursuites en cas d’infraction grave.

La France a-t-elle déjà transposé la directive 2024/1226 ? Oui. La France a transposé la directive (UE) 2024/1226 par la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 (DDADUE), qui a modifié l’article L574-3 du Code monétaire et financier. La loi est entrée en vigueur dès sa publication au JORF n° 0095 du 23 avril 2024. La France figure ainsi parmi les premiers États membres à avoir transposé.

Que faire s’il s’avère que votre partenaire figure sur une liste de sanctions ? Cessez immédiatement toutes les transactions avec cet acteur. Consultez un avocat spécialisé en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. Si vous êtes assujetti à la LCB-FT — vous êtes tenu de faire une déclaration de soupçon à Tracfin (art. L561-15 du CMF). Documentez toutes les mesures prises après la découverte — elles constituent un élément important de la défense dans une éventuelle procédure.

« Je ne savais pas que le partenaire était listé » suffit-il comme explication ? Pas automatiquement. L’ignorance peut influencer la détermination de la peine, mais n’exclut pas la responsabilité. La directive 2024/1226 énumère à l’art. 9 des circonstances atténuantes — dont l’information volontaire des autorités. L’absence de procédure de screening est interprétée comme une négligence grave, et non comme une circonstance atténuante.

Faut-il faire du screening avant chaque transaction ? La fréquence dépend du profil de risque et des exigences sectorielles. Le minimum est le contrôle à l’établissement de nouvelles relations d’affaires et après chaque mise à jour de la liste. Pour les partenaires à risque accru (liens avec des pays sanctionnés), un contrôle cyclique régulier est recommandé — la liste de sanctions peut évoluer pendant l’exécution du contrat.



Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 2026-05-23.



  1. Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b) : les violations de l’art. 3 § 1 a), b) et h)(i)-(ii) pour une valeur ≥ 100 000 € sont passibles « d’une peine maximale d’au moins cinq ans d’emprisonnement » — CELEX 32024L1226, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  2. Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 c) : les violations de l’art. 3 § 1 c) sont passibles « d’une peine maximale d’au moins trois ans d’emprisonnement » — CELEX 32024L1226, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  3. Directive (UE) 2024/1226, art. 7 § 2 : amende pour personnes morales — « 5 % du chiffre d’affaires annuel mondial total […] ou 40 000 000 € pour les infractions principales ; 1 % du chiffre d’affaires annuel mondial total […] ou 8 000 000 € pour les violations des obligations de déclaration » — CELEX 32024L1226, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  4. CMF combiné à la loi DDADUE n° 2024-364 du 22 avril 2024 — autorités d’exécution en France : DG Trésor, DGDDI (Douane), Tracfin, ACPR — tresor.economie.gouv.fr, douane.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  5. Code monétaire et financier, Livre V titre VI (LCB-FT) — art. L561-2 (catalogue des assujettis), art. L561-15 (déclaration de soupçon à Tracfin) — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  6. Directive (UE) 2024/1226, art. 20 § 1 : « Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 20 mai 2025. » — CELEX 32024L1226, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  7. Code monétaire et financier (CMF) combiné à la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 (DDADUE) — JORF n° 0095 du 23 avril 2024 — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  8. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 — art. 2 §§ 1-2 — CELEX 32014R0269, eur-lex.europa.eu, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  9. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 — art. 2 § 1 — CELEX 32014R0833, eur-lex.europa.eu, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  10. Art. L574-3 du CMF — 5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende pour violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE ; les actes de participation tendant au contournement sont punis des mêmes peines. — Code monétaire et financier — art. L574-3, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  11. Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 — CELEX 32024L1226, eur-lex.europa.eu, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  12. Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 d)-e) : les violations de l’art. 3 § 1 d)-g) et i) pour des biens/services ≥ 100 000 € (biens militaires sans seuil) sont passibles d’une peine maximale d’au moins 5 ans — CELEX 32024L1226, état au 23.05.2026 ↩︎

  13. Directive (UE) 2024/1226, art. 4 § 1 (incitation et complicité), art. 8 (circonstances aggravantes — action en structure organisée, faux documents), art. 9 (circonstances atténuantes — information volontaire des autorités) — CELEX 32024L1226, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎

  14. Art. 131-38 du Code pénal : « Le taux maximum de l’amende applicable aux personnes morales est égal au quintuple de celui prévu pour les personnes physiques par la loi qui réprime l’infraction. » — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎ ↩︎

  15. Art. 121-2 du Code pénal — responsabilité pénale des personnes morales pour les infractions commises pour leur compte par leurs organes ou représentants — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎

  16. Directive (UE) 2024/1226, art. 3 § 1 — catalogue des comportements infractionnels : mise à disposition de fonds, non-respect du gel, facilitation d’entrée, transactions avec des États tiers, circulation de biens, services financiers et non financiers — CELEX 32024L1226, état au 23.05.2026 ↩︎