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Vérification d'un partenaire commercial face aux sanctions — guide complet étape par étape

Comment vérifier un partenaire commercial face aux listes de sanctions de l'UE, de l'ONU et de l'OFAC ? Processus pratique étape par étape — identifiants, règle des 50 %, bénéficiaire effectif, registre des correspondances.

Publié : · Équipe Sanqto · 20 min de lecture
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Un collaborateur vérifie un partenaire commercial face aux listes de sanctions de l'UE — écran avec formulaire de vérification et résultat CLEAR

État du droit au : 2026-05-20.

Avant de signer un contrat avec un nouveau fournisseur, d’accepter une commande d’un client étranger ou de régler une facture, vous avez l’obligation de vérifier que ce tiers ne figure pas sur une liste de sanctions de l’UE, de l’ONU ou de l’OFAC. Ce n’est pas une procédure réservée aux banques. Le règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 20141 et le règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 20142 sont directement applicables dans tous les États membres3 — votre entreprise doit les respecter quels que soient son secteur et sa taille.

Vous trouverez ci-dessous un processus concret : quelles listes consulter, comment comparer les données d’identification, comment appliquer la règle de propriété de plus de 50 %, que faire en cas de correspondance et comment documenter l’ensemble de la vérification.


TL;DR — l’essentiel en bref

  • L’obligation de vérification concerne toute entreprise enregistrée ou exerçant son activité dans l’UE, quel que soit son secteur — art. 2 règl. 269/20141.
  • Vous contrôlez au minimum trois listes : la liste consolidée de l’UE, la liste consolidée de l’ONU et la liste OFAC SDN4 (si vous réalisez des transactions en USD ou avec des entités liées aux États-Unis). En France, il n’existe pas de liste nationale autonome : le registre national des gels de la DG Trésor reflète les mesures de l’UE5.
  • Vous vérifiez avant de conclure un contrat, puis de manière régulière pendant toute la durée de la relation.
  • Règle de propriété : une entité contrôlée à plus de 50 % par une personne figurant sur une liste est elle aussi visée par les sanctions — même si l’entité en question n’y figure pas6.
  • En cas de correspondance, vous n’agissez pas seul : vous gelez les avoirs et signalez sans délai l’affaire à l’autorité compétente.
  • Vous documentez l’ensemble de la vérification et la conservez pendant au moins 5 ans7.

Pourquoi la vérification d’un partenaire est une obligation, pas une option

Les règlements de l’UE ont un caractère directement contraignant — ils entrent en vigueur sans qu’une transposition distincte par le législateur national soit nécessaire3. Cela signifie que l’interdiction de traiter avec les personnes et entités inscrites sur les listes de sanctions s’impose à votre entreprise en vertu du droit de l’UE, et non par choix. L’art. 2 du règl. 269/2014 impose de geler tous les fonds et ressources économiques appartenant aux entités désignées et interdit de mettre à leur disposition, directement ou indirectement, tout fonds ou ressource1.

Le droit national renforce cette obligation. En France, les règlements de sanctions de l’UE sont directement applicables ; leur répression repose sur le Code monétaire et financier (CMF, art. L574-3) et le Code pénal8. La violation des interdictions issues des règlements de sanctions de l’UE est passible de 5 ans d’emprisonnement et de 750 000 € d’amende au titre de l’art. L574-3 du CMF, montant multiplié par cinq pour les personnes morales, soit 3 750 000 € (art. 131-38 du Code pénal)9. La responsabilité pénale des violations intentionnelles des sanctions de l’UE est par ailleurs criminalisée par la directive (UE) 2024/1226 du 24 avril 202410, dont le délai de transposition par les États membres a expiré le 20 mai 202511 — pour les infractions les plus graves, la directive prévoit une peine maximale d’au moins 5 ans d’emprisonnement12.

Si vous souhaitez savoir si l’obligation de screening concerne précisément votre entreprise, lisez l’article Mon entreprise doit-elle faire du sanction screening ? Vous trouverez le panorama complet des sanctions pénales et des autorités de contrôle dans le texte Quelles sanctions pénales en cas de violation des sanctions ?


Quand faut-il vérifier un partenaire commercial

Avant la conclusion de chaque contrat

La vérification est obligatoire avant de signer un contrat, une commande, un bon de commande ou un accord de coopération. Cela vaut aussi bien pour les nouveaux partenaires que pour ceux avec lesquels vous travaillez depuis des années — les statuts sur les listes de sanctions changent à chaque nouveau paquet de sanctions. L’UE a déjà adopté 20 paquets de mesures contre la Russie13, et de nouvelles inscriptions apparaissent régulièrement.

De manière régulière pendant la relation

Une vérification unique au moment de la signature ne suffit pas. Une entité « propre » il y a six mois a pu être inscrite sur une liste entre-temps. La fréquence recommandée est une vérification à chaque transaction significative (par exemple une nouvelle facture, une nouvelle commande) ou au moins une fois par trimestre pour les partenaires permanents à forte valeur.

Dans des situations particulières

Procédez à une vérification complémentaire lorsque : le partenaire change de propriété ou de structure de direction ; un nouveau bénéficiaire effectif apparaît ; la transaction porte sur des biens à double usage ou transite par un pays tiers présentant un risque accru de contournement des sanctions.


Quelles listes de sanctions consulter

Votre entreprise doit contrôler au minimum les sources suivantes :

La liste consolidée de l’UE

Tenue par la Commission européenne (DG FISMA), accessible à l’adresse webgate.ec.europa.eu/fsd14. Elle compte plus de 2 500 inscriptions individuelles (état après le 18e paquet de sanctions contre la Russie ; le nombre actuel après le 20e paquet est plus élevé)15. La liste recense les personnes physiques et les entités visées au titre de nombreux régimes de sanctions — contre la Russie, la Biélorussie, la Syrie, la Corée du Nord et d’autres. C’est votre première et plus importante source. Vous trouverez un panorama complet des régimes de sanctions de l’UE sur la carte interactive EU Sanctions Map (sanctionsmap.eu)14.

Le registre national français (DG Trésor)

En France, il n’existe pas de liste de sanctions nationale autonome : les mesures applicables proviennent directement des règlements de l’UE. La DG Trésor tient toutefois un registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel d’avoirs5, qui reflète l’annexe I des règlements de l’UE ainsi que les mesures nationales prononcées par arrêté ministériel. Consultez-le sur gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr16. Pour une entreprise française, ce registre est le point d’entrée pratique vers les mesures de gel applicables sur le territoire.

La liste de l’ONU

Les comités des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU tiennent leurs propres listes pour chaque régime (notamment Al-Qaïda, Corée du Nord, Iran). La liste de l’UE est distincte de la liste de l’ONU — l’UE met en œuvre les décisions de l’ONU par ses propres règlements et les étend de manière autonome17. Une entité figurant sur la liste de l’ONU est généralement inscrite aussi sur la liste de l’UE, mais vérifier directement la liste de l’ONU élimine le risque de décalage entre une décision du Conseil de sécurité et sa mise en œuvre par l’UE.

La liste OFAC SDN

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), du U.S. Department of the Treasury4, tient la liste Specially Designated Nationals and Blocked Persons (SDN)18. Elle vous concerne si : vous réalisez des transactions en dollars américains, vous avez des partenaires ayant des liens avec les États-Unis, vous exportez des produits comportant des composants d’origine américaine ou vous travaillez avec des entités disposant de filiales aux États-Unis.

La liste UK OFSI (facultatif)

Si vous êtes actif sur le marché britannique ou avez des partenaires au Royaume-Uni, consultez la liste UK OFSI (Office of Financial Sanctions Implementation, HM Treasury). Depuis le Brexit, la liste britannique est distincte de celle de l’UE et peut différer. La vérification de cette liste ne découle pas d’une obligation du droit de l’UE, mais constitue un standard pour les entreprises exposées au marché britannique.


Le processus de vérification étape par étape

Étape 1 — Rassemblez les identifiants du partenaire

Avant de commencer à interroger les listes, réunissez l’ensemble des données d’identification :

  • Pour une personne morale : raison sociale complète, numéro SIREN/SIRET, numéro de TVA intracommunautaire, pays d’enregistrement, adresse du siège, forme juridique.
  • Pour une personne physique (associé, représentant, bénéficiaire effectif) : nom et prénom, date de naissance, nationalité, numéro et type de pièce d’identité.
  • Pour les entités étrangères : équivalents du numéro d’identification (numéro de TVA, EIN, Company Registration Number) et adresses d’enregistrement.

L’exhaustivité des identifiants est la clé pour éviter les fausses alertes et les faux négatifs. Plus vous disposez de données, plus le résultat est fiable.

Étape 2 — Vérifiez les alias et les translittérations

Les personnes et entités figurant sur les listes de sanctions sont inscrites sous de multiples variantes de nom. Rouslan et Ruslan, Loukachenko et Lukashenka, Gazprom et Газпром — chacune de ces variantes peut être inscrite séparément ou ensemble. Lors d’une vérification manuelle, contrôlez :

  • Toutes les orthographes connues du nom et du prénom (en particulier les translittérations depuis le cyrillique).
  • Les sigles et les anciennes dénominations d’entreprises (par exemple après des fusions ou des transformations).
  • Les noms dans les langues d’origine (russe, arabe, chinois) — les listes contiennent souvent les graphies dans l’alphabet d’origine à côté des translittérations.

Pour une vérification manuelle, utilisez la fonction de recherche approximative (fuzzy) des outils EU Sanctions Map ou du portail webgate.ec.europa.eu. Les outils automatisés (de type screening software) gèrent nativement les translittérations et les alias.

Étape 3 — Appliquez la règle de propriété de plus de 50 %

C’est l’élément le plus important et le plus souvent négligé de la vérification. Si une entité figurant sur une liste de sanctions détient plus de 50 % des parts (droits de propriété) d’une autre entité, cette seconde entité est elle aussi visée par les sanctions, même si elle ne figure pas sur la liste6.

Exemple : la société X n’est pas inscrite sur la liste de l’UE, mais son actionnaire à 60 % est une personne figurant à l’annexe I du règl. 269/2014. Conclure un contrat avec la société X constitue une violation des sanctions.

La vérification de la règle de propriété nécessite d’examiner la structure capitalistique du partenaire. Sources : registre du commerce et des sociétés (RCS) pour les sociétés françaises, registres commerciaux du pays d’enregistrement, registre des bénéficiaires effectifs (RBE) tenu par l’INPI.

Étape 4 — Identifiez le bénéficiaire effectif

Déterminez qui est le bénéficiaire effectif (Ultimate Beneficial Owner — UBO) du partenaire. En France, toute société est tenue de déclarer ses bénéficiaires effectifs au registre des bénéficiaires effectifs (RBE), tenu par l’INPI. Pour les entités étrangères, utilisez les équivalents du RBE dans le pays d’enregistrement ou des bases de données de connaissance client (KYC) / due diligence.

KYC (Know Your Customer) — « connaissance du client » : l’ensemble des procédures par lesquelles une entreprise identifie et vérifie l’identité de ses clients et de leurs bénéficiaires effectifs.

Vérifiez si le bénéficiaire effectif ou toute personne de la chaîne de propriété (jusqu’au niveau de contrôle) figure sur les listes de sanctions. La règle des plus de 50 % s’applique à chaque niveau de la structure — un contrôle indirect via un réseau de filiales peut lui aussi entraîner l’application des sanctions.

Étape 5 — Évaluez le résultat : MATCH, POSSIBLE ou CLEAR

Après avoir interrogé les listes, évaluez chaque correspondance :

RésultatSignificationQue faites-vous
MATCHLes données coïncident pleinement avec une inscription sur la liste (nom, prénom/dénomination, date de naissance ou numéro d’identification)Vous suspendez la transaction, gelez les avoirs et signalez sans délai à l’autorité compétente
POSSIBLEConcordance partielle — par exemple un nom similaire mais une date de naissance différenteVous approfondissez la vérification, recueillez des documents supplémentaires, consultez un avocat
CLEARAucune correspondance, ou correspondances écartées grâce à des identifiants complémentairesVous documentez le résultat et poursuivez la transaction

Étape 6 — Réunissez les pièces justificatives

À chaque vérification, réunissez et conservez :

  • La date et l’heure de la vérification ainsi que la version de la liste (les listes sont mises à jour régulièrement — la date de vérification a une valeur probante).
  • Les captures d’écran ou l’export des résultats de recherche de chaque liste consultée.
  • Les données saisies pour la recherche (quels identifiants vous avez utilisés).
  • La justification d’un résultat POSSIBLE ou CLEAR, en cas de correspondance initiale.

Étape 7 — Inscrivez le résultat au registre des correspondances

Chaque vérification, quel que soit son résultat, est consignée dans le registre des correspondances. Le détail de ce document est décrit dans la section « Comment documenter la vérification » ci-dessous.


Que faire en cas de correspondance (MATCH, POSSIBLE, CLEAR)

Résultat CLEAR

La vérification n’a révélé aucune correspondance, ou toutes les concordances initiales ont été écartées grâce à des identifiants complémentaires. Vous inscrivez le résultat au registre avec la date, la version de la liste et la justification. Vous pouvez exécuter la transaction.

Résultat POSSIBLE

Une concordance initiale exige une analyse plus poussée. N’interrompez pas la transaction automatiquement, mais ne la poursuivez pas tant qu’elle n’est pas clarifiée. Recueillez auprès du partenaire des pièces d’identité complémentaires, des informations sur la structure de propriété ou d’autres données permettant de confirmer ou d’écarter sans ambiguïté la correspondance. Consultez un avocat ou un conseil en conformité. Documentez l’ensemble du processus.

Résultat MATCH

Vous avez une correspondance certaine — les données du partenaire coïncident pleinement avec une inscription sur la liste de sanctions. Les obligations sont fixées par la réglementation :

  1. Vous suspendez immédiatement la transaction et gelez tous les fonds et ressources économiques appartenant à cette entité ou placés sous son contrôle1.
  2. Vous signalez sans délai le fait à la DG Trésor19 ou à l’autorité nationale compétente.
  3. Vous ne prévenez pas le partenaire de la correspondance (interdiction du « tipping off » connue de la réglementation LCB-FT).
  4. Vous sécurisez et conservez l’ensemble de la documentation jusqu’à la décision de l’autorité.

N’agissez pas seul — ne libérez pas les fonds et ne prenez aucune mesure à l’égard des avoirs gelés sans l’accord exprès de l’autorité compétente.


Comment documenter la vérification — le registre des correspondances

Le registre des correspondances est le document qui vous permet de prouver aux autorités de contrôle que la vérification a bien été effectuée — quand, comment et avec quel résultat. C’est un élément clé de la procédure de conformité.

Contenu minimal du registre

Chaque entrée du registre doit comporter :

  • La date et l’heure de la vérification — à la minute près (les versions des listes changent au cours de la journée).
  • Les données d’identification du partenaire — raison sociale complète, numéro d’identification (SIREN/SIRET), noms et prénoms des personnes physiques.
  • Les identifiants utilisés pour la recherche — ce que vous avez saisi dans le champ de recherche de chaque liste.
  • Les listes consultées — UE, registre DG Trésor, ONU, OFAC, autres — avec l’URL exacte ou le nom de l’outil et la version/date de la liste.
  • Le résultat de la vérification — MATCH, POSSIBLE ou CLEAR.
  • La justification — en cas de POSSIBLE : description de la correspondance initiale et motif de l’écartement ou des étapes suivantes.
  • La personne ayant réalisé la vérification — nom, prénom, fonction.

Durée de conservation

Le cadre LCB-FT du Code monétaire et financier impose de conserver les documents relatifs aux clients et aux opérations pendant cinq ans à compter de la fin de la relation d’affaires7. Il est recommandé d’appliquer le même standard à la documentation des sanctions — 5 ans constituent un minimum sûr en cas de contrôle.

Format du registre

Le registre peut prendre la forme d’un tableur, d’un système de tickets ou d’un module dédié de compliance software. L’essentiel : il doit être disponible sur demande de l’autorité de contrôle et permettre de reconstituer rapidement l’historique des vérifications pour chaque partenaire.


Vérification manuelle ou automatisée

Vérification manuelle

Elle consiste à contrôler soi-même les partenaires dans les bases de données officielles : le portail webgate.ec.europa.eu/fsd14, le registre des gels de la DG Trésor16, la liste OFAC SDN18 et les portails de l’ONU. Elle est sans coût de licence, mais elle est chronophage et exposée aux erreurs humaines — en particulier pour les translittérations, les alias et la vérification de la structure de propriété. Avec quelques partenaires par mois, elle peut suffire. Avec plusieurs dizaines ou centaines, elle devient risquée.

Vérification automatisée

Les systèmes de type sanction screening software automatisent l’interrogation simultanée de plusieurs listes, gèrent les alias et les translittérations, appliquent des algorithmes de correspondance approximative (fuzzy) et génèrent automatiquement la documentation et le registre des correspondances. Ils éliminent le risque d’oublier une liste ou de manquer une inscription à cause d’une faute de frappe.

Au moment de choisir un système, soyez attentif à : quelles listes sont couvertes, à quelle fréquence elles sont mises à jour, si le système permet un déploiement dans l’infrastructure de votre propre entreprise (on-premise) plutôt que d’envoyer les données de vos partenaires vers des serveurs externes, et à quoi ressemble la piste d’audit de chaque vérification.

Comment Sanqto peut vous aider

Sanqto est un logiciel de sanction screening destiné aux entreprises hors secteur financier — telles que les agences de voyage, les courtiers en assurance, les promoteurs et agents immobiliers. Le système fonctionne en mode on-premise, ce qui signifie que les données de vos partenaires ne quittent pas l’infrastructure de votre entreprise. Le résultat de la vérification est restitué selon trois états : MATCH, POSSIBLE ou CLEAR, et la piste d’audit complète de chaque vérification est prête à être présentée sur demande de l’autorité de contrôle. En savoir plus sur le screening pour votre secteur : agences de voyage et tourisme, immobilier, assurance.


FAQ — questions fréquentes

Dois-je vérifier mes partenaires français, ou seulement les partenaires étrangers ?

Vous devez vérifier tout le monde — aussi bien les entreprises et personnes physiques françaises que les étrangères. Le registre national des gels de la DG Trésor5 reflète les mesures applicables sur le territoire. La liste de l’UE vise les entités de tous les États. Le critère d’application des sanctions est l’inscription sur une liste, et non le pays d’enregistrement.

La règle de propriété de plus de 50 % s’applique-t-elle aussi aux filiales françaises d’entités étrangères ?

Oui. Si une société française est détenue à plus de 50 % par une entité inscrite sur une liste de sanctions, cette société française est visée par les sanctions6. Le RCS et le registre des bénéficiaires effectifs (RBE) permettent de vérifier la structure de propriété des entités françaises.

Que faire si un partenaire porte les mêmes nom et prénom qu’une personne figurant sur une liste, mais qu’il s’agit manifestement d’une autre personne ?

Vous traitez le résultat comme POSSIBLE, vous recueillez des documents établissant la distinction des identités (par exemple une autre date de naissance, un autre pays de résidence, un autre numéro d’identité), vous justifiez dans le registre pourquoi la correspondance a été écartée. Ces « fausses alertes » (faux positifs) font normalement partie du processus — l’important est qu’elles soient correctement documentées.

La liste de l’ONU est-elle automatiquement incluse dans la liste de l’UE ?

Elle ne lui est pas automatiquement identique. L’UE met en œuvre les décisions de l’ONU par ses propres règlements et tient une liste distincte, plus large17. En pratique, les personnes figurant sur la liste de l’ONU se retrouvent généralement aussi sur la liste de l’UE, mais un décalage temporel peut exister. Vérifier directement la liste de l’ONU donne la certitude du statut actuel.

À quelle fréquence les listes de sanctions sont-elles mises à jour ?

La liste consolidée de l’UE est mise à jour à chaque nouveau paquet de sanctions — l’UE a déjà adopté 20 paquets contre la Russie13, et d’autres sont ajoutés au gré des décisions politiques. La liste OFAC SDN peut être mise à jour plusieurs fois par mois. Le registre national des gels de la DG Trésor16 est mis à jour au fur et à mesure de l’évolution des mesures de l’UE et des arrêtés ministériels5. C’est pourquoi une vérification unique au moment de la signature ne suffit pas — une revérification régulière est indispensable.

Dois-je conserver la documentation de la vérification si le résultat était CLEAR ?

Oui, absolument. La documentation de la vérification est la preuve que la procédure a été correctement effectuée — quel que soit le résultat. L’absence de documentation lors d’un contrôle équivaut, du point de vue de l’autorité, à une absence de vérification.


Bases juridiques

Vous trouverez un panorama complet des listes de sanctions et de leurs régimes dans l’article Listes de sanctions UE, ONU, OFAC — guide.

  • Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine — CELEX 32014R0269
  • Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine — CELEX 32014R0833
  • Code monétaire et financier (CMF, art. L574-3) et Code pénal (art. 131-38) — cadre national de répression des sanctions de l’UE en France — legifrance.gouv.fr
  • Projet de loi n° 2544 (déposé le 3 mars 2026) — transposition en cours de la directive (UE) 2024/1226 en France — assemblee-nationale.fr
  • Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union — CELEX 32024L1226
  • Code monétaire et financier — dispositions LCB-FT (Livre V, titre VI) — legifrance.gouv.fr
  • Registre national des gels d’avoirs (DG Trésor) — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr
  • Liste consolidée de l’UE (Financial Sanctions Files) — webgate.ec.europa.eu/fsd
  • Liste OFAC SDN — ofac.treasury.gov
  • EU Sanctions Map — sanctionsmap.eu

Footnotes


Information, pas de conseil juridique. Cet article est fourni uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. L’analyse juridique d’une situation individuelle doit être effectuée avec un avocat compétent en droit des sanctions internationales et en droit du commerce extérieur. État du droit : 2026-05-20.


  1. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014, art. 2 §§ 1-2 — CELEX 32014R0269 ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  2. Règlement (UE) n° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014, art. 2 § 1 — CELEX 32014R0833 ↩︎

  3. EUR-Lex, définition du règlement de l’UE : « A regulation is binding in its entirety and directly applicable in all Member States. » — eur-lex.europa.eu ↩︎ ↩︎

  4. OFAC — Office of Foreign Assets Control, U.S. Department of the Treasury — Ukraine-/Russia-related Sanctions ↩︎ ↩︎

  5. Il n’existe pas en France de liste nationale autonome de sanctions financières — les mesures applicables proviennent des règlements de l’UE et le registre national des personnes et entités faisant l’objet d’une mesure de gel, publié par la DG Trésor, reflète ces mesures. — tresor.economie.gouv.fr ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  6. FAQ DG FISMA, règle de propriété : « An entity is considered as ‘owned’ by a sanctioned person if the latter owns more than 50% of its proprietary rights. » — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎

  7. Code monétaire et financier, Livre V titre VI (LCB-FT) — obligation de conservation des documents relatifs aux clients et aux opérations pendant cinq ans à compter de la fin de la relation d’affaires (cadre LCB-FT transposant l’art. 40 de la directive (UE) 2015/849) — legifrance.gouv.fr ↩︎ ↩︎

  8. Code monétaire et financier (CMF, art. L574-3) et Code pénal — cadre national de répression des sanctions de l’UE en France (les règlements de l’UE sont directement applicables) — legifrance.gouv.fr, état au 23.05.2026 ↩︎

  9. Art. L574-3 du CMF (5 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende) combiné à l’art. 131-38 du Code pénal (amende ×5 pour les personnes morales, soit 3 750 000 €) — Code monétaire et financier — art. L574-3, art. 131-38 Code pénal, état au 23.05.2026 ↩︎

  10. Directive (UE) 2024/1226 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 relative à la définition des infractions pénales et des sanctions en cas de violation des mesures restrictives de l’Union, art. 3 § 1 — CELEX 32024L1226 ↩︎

  11. Directive (UE) 2024/1226, art. 20 § 1 : « Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 20 mai 2025. » — CELEX 32024L1226 ↩︎

  12. Directive (UE) 2024/1226, art. 5 § 3 b) : peine maximale d’au moins cinq ans d’emprisonnement pour les violations portant sur des fonds ou ressources économiques d’une valeur d’au moins 100 000 € — CELEX 32024L1226 ↩︎

  13. DG FISMA, « Sanctions adopted following Russia’s military aggression against Ukraine », page mise à jour le 23 avril 2026 — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎

  14. DG FISMA, liste consolidée des sanctions financières de l’UE et EU Sanctions Map — finance.ec.europa.eu ↩︎ ↩︎ ↩︎

  15. DG FISMA, annonce du 18e paquet de sanctions contre la Russie (18 juillet 2025) : « the number of individual listings exceeds 2500 » — finance.ec.europa.eu ↩︎

  16. DG Trésor, Registre national des gels d’avoirs — gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr ↩︎ ↩︎ ↩︎

  17. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 — la liste de l’UE est distincte de la liste de l’ONU ; l’UE met en œuvre les décisions de l’ONU par ses propres règlements et les étend de manière autonome — CELEX 32014R0269 ↩︎ ↩︎

  18. OFAC, Specially Designated Nationals And Blocked Persons List (SDN) — ofac.treasury.gov ↩︎ ↩︎

  19. CMF (art. L574-3) et Code pénal — autorités d’exécution en France : DG Trésor (Direction générale du Trésor), Douane (DGDDI), Tracfin. — DG Trésor ↩︎